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Hellfest : « notre programmation n’est plus le moteur »

Au moment où les plus grands groupes de rock mettent un terme à leur carrière les uns après les autres, la fête de l’enfer fidélise son public autour de l’expérience qu’elle propose, avant la programmation musicale. Surprenant, mais efficace. Nous nous sommes baladés sur le site du Hellfest avec Alexxx Rebecq, son directeur de la communication.

Aerosmith, Twisted Sister, Black Sabbath, Deep Purple ces dernières années. Slayer, Manowar et Kiss en 2019. Ainsi va la vie, les légendes vivantes du rock finissent aussi par prendre leur retraite. Et leur dernière route passe par le Hellfest. La fin de tous ces grands groupes pose potentiellement un problème aux festivals : qui pour les remplacer en tête d’affiche ? « Quand des groupes arrêtent, d’autres prennent la place, défend Alexxx Rebecq. Même s’ils n’ont pas forcément la même envergure aujourd’hui ». Et de citer Parkway Drive ou Slipknot comme de potentielles têtes d’affiche du festival.

« Si tu veux jouer au Hellfest, il suffit de dire que c’est ta dernière tournée. », ironise un habitué du festival. En effet, avec toutes ces légendes qui viennent faire leurs adieux à la scène dans le pays du Muscadet, le Hellfest ne prend-t-il pas le risque de devenir un festival de tournées d’adieu ? « Non, rétorque Alexxx. D’abord beaucoup de festivaliers qui seront présents cette année n’ont jamais vu Slayer sur scène. Quand un groupe comme ça annonce qu’il arrête, nous on a envie que le dernier concert en France, ce soit chez nous ! » Et puis il reste quelques mastodontes n’ont pas encore pris part à la fête clissonnaise. Metallica ou System of a Down, par exemple.  Sur les 160 groupes programmés chaque année, plus de la moitié vient au Hellfest pour la première fois. « On essaie de représenter toutes les chapelles, poursuit Alexxx Rebecq. Chacun y trouve généralement son compte ».

Hellfest

Cet été, Hellfest organise deux soirées spéciales sur les mainstages : l’une consacrée au Thrash, l’autre aux groupes français. L’occasion de mettre en valeur, voire de surexposer, des groupes comme Ultra Vomit ou Mass Hysteria.  Au-delà de la musique, Hellfest est avant tout une expérience à vivre. « La programmation n’est plus le moteur », ose Alexxx Rebecq. Et difficile d’affirmer le contraire avec 55 000 pass trois jours vendus en une heure et demi pour seulement cinq groupes annoncés. Les acheteurs savent qu’ils retrouveront une ambiance et un univers unique, travaillé jusque dans les détails et jusqu’à l’excès : sculptures, décors grandioses, feux… La mise en scène coupe le souffle.

Pour entretenir la flamme, le festival y met les moyens : cette année encore des investissements colossaux sont réalisés. Et Alexxx de nous emmener faire le tour du site en chantier.  Le Metal corner voit l’apparition de deux nouvelles tentes gigantesques pour faire la fête (et continuer à picoler) après les concerts. L’espace restauration est entièrement réaménagé pour mieux coller à l’ambiance du reste du festival, avec une fontaine au centre et deux flying V géantes sur le sol. Même la forêt, espace le plus sauvage du site, se voit réaménagée et dotée d’éclairage et de nouveau mobilier. Une nouvelle sculpture gigantesque va aussi être installée. Coût des travaux : « Autour du million d’euros. » Les projets pour l’aménagement du site à l’avenir ne manquent pas. Comme celui de repenser l’espace merchandising pour désengorger les files d’attente, dont tout festivalier sait qu’elles sont insupportablement longues.

La promenade terminée, on se dit que la disparition des groupes légendaires du rock n’est en fait pas un problème pour Hellfest. La situation actuelle lui assure de vendre tous les pass sans difficulté. En fait, Hellfest aurait même pu proposer n’importe quelle tête d’affiche, cela n’aurait rien changé. D’autant que le line up de cette édition réunit tout de même quelques-uns des plus grands noms de la scène hard-rock (ZZ Top, Slash), heavy metal (Manowar), black metal (Emperor, Cradle of Filth), du death (Carcass, Dark Tranquillity), du metal français (Gojira, Mass Hysteria), du thrash (Slayer, Lamb of God) et bien d’autres encore qu’on ne saurait tous citer ici. Impossible cependant de ne pas conclure sans évoquer Tool, une venue longtemps fantasmée et enfin confirmée pour une date unique en France. Une clôture de festival en guise de symbole pour illustrer combien le Hellfest tient fidèlement sa promesse d’un savant dosage qui consiste à en mettre plein les oreilles et plein les yeux.

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