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Violences sexistes et sexuelles en 2021 dans la musique : au-delà des mots ?

Face à l’avalanche, depuis quelques années, de révélations de harcèlement, violences et agressions sexistes et sexuelles, les réactions sont diverses et variées. Incrédulité devant le nombre effarant d’accusations, remise en question de la parole des victimes, communiqué officiel frileux ou action militante, le spectre est large. Le milieu de la musique ne pouvait échapper à cette prise de conscience. A la fois symbole fort et première vraie marche vers un nécessaire changement, le mouvement Music Too est lancé en juillet 2020. Alors que le collectif a annoncé sa dissolution le 18 octobre 2021, on a eu envie de se pencher sur les retombées des nombreux témoignages recueillis. Qu’est-ce qui est fait, qu’est-ce qu’on peut faire, qu’est-ce qui a du poids ? Bilan non exhaustif d’une année 2021 riche en enseignements.

Les exemples, littéralement, pleuvent. Au moment de débuter ce coup d’œil dans le rétro, on avait quelques noms en tête, quelques affaires récentes qui avaient fait plus ou moins grand bruit. Mais il a fallu se rendre une nouvelle fois à l’évidence, et le constat fut sans appel : pas plus que les autres, l’industrie musicale n’est safe pour les femmes. Toutes les cases sont cochées : milieu majoritairement masculin, système patriarcal bien ancré, schémas de domination vieux comme le monde, sexualisation et invisibilisation des femmes, le tout sous couvert du toujours très commode « humour potache ».

Face aux accusations, voire aux condamnations, il y a ceux qui disent et ceux qui font.

En première ligne, les artistes

Dans un communiqué publié sur son compte Facebook le 6 juin 2021, Martin Gugger annonce son départ du groupe pop français Salut c’est Cool, suite aux accusations de viol portées contre James Darle, autre membre du groupe. Alors que James Darle a été évincé de Salut c’est Cool, on peut trouver cette décision un peu radicale. Martin a accepté de nous en parler. « Je considère que le groupe n’a pas su prendre les devants pour aider la victime et n’a pas placé ses priorités au bon endroit. Le message pour la soutenir et se dissocier de James est arrivé après trop d’errances, trop de changements d’avis, et trop d’hésitations. J’avais l’impression de ne plus les comprendre. Je m’imaginais remonter sur scène avec eux et me sentir sale, pas en phase avec mes valeurs et mes convictions. Je leur ai dit que s’ils n’étaient pas capables de prendre franchement position pour la victime je devrais me désolidariser d’eux. »

A la clé pour lui, beaucoup de tristesse. « Je n’ai pas pris la décision de quitter Salut c’est Cool sans réfléchir ni à la légère : je l’ai prise parce que je n’avais plus le choix. C’est aujourd’hui encore douloureux pour moi de me dire que je ne pourrai plus faire de si beaux concerts avec des gens que j’ai pu appeler par le passé mes amis. J’avais des angoisses et des cauchemars terribles avant de vraiment prendre la décision de quitter le groupe. » Encore incertain quant à son avenir, Martin l’est aussi quant à celui de la lutte elle-même. « C’est évident que le monde de la musique cherche à être plus égalitaire, plus bienveillant, mais nous n’y sommes pas encore. Il y a plein de pommes pourries dans l’arbre de la musique qui continuent de s’accrocher aux branches et qui d’un certain angle paraissent mûres à point et délicieuses. Restons vigilant-e-s car les personnes les plus féministes/queer friendly dans les gestes ne le sont pas forcément dans les actes. »

Situation plus ambigüe au sein du label Deaf Rock Records. Suite à un témoignage recueilli par Music Too, Julien Hohl, directeur du label, a été accusé de « comportements déplacés voire violents, à caractère sexuel, qui se seraient produits entre 2015 et 2019 : propos sexistes, drague répétée, baisers décrits comme forcés, relations sexuelles où le consentement ferait défaut » (source : Mediapart). Julien Hohl a quitté ses fonctions deux jours après la parution de l’article. En revanche il détient toujours un tiers des actions de la holding Constellation, qui détient elle-même Pegase, qui contrôle elle-même plusieurs labels dont Deaf Rock. Une « sanction » pas trop sévère, finalement. Nous avons contacté l’actuelle direction de Deaf Rock Records afin d’avoir leur réaction sur le sujet, sans succès. Après le départ de Julien Hohl, un certain nombre d’artistes ont fait part de leur intention de rompre leur contrat. Parmi eux, les Français Last Train (qui évoquent dans leur communiqué une « quête de justice éthique »), Structures, Dirty Deep ou encore les américains Crocodiles. Nous avons échangé, beaucoup, longtemps, avec des « anciens » de Deaf Rock. Chez tous, le même dégoût, la même envie de parler, et chez tous également, la même réponse : on ne peut pas. Les conditions juridiques de leur départ, encore pas complètement arrêtées, imposent la prudence.

Mais le geste le plus puissant est sans nul doute celui de Lola Le Lann. Le 6 octobre 2020, la chanteuse et comédienne publie un message sur son compte Instagram où elle annonce renoncer purement et simplement, avec le soutien de son équipe, à la sortie de son premier album. Raison invoquée : parmi ses auteurs, l’un est accusé d’agressions sexuelles. Elle affirme avoir pris cette décision car, dit-elle : « comment défendre les paroles de quelqu’un qui va à ce point à l’encontre de nos valeurs ». Et elle utilise une image glaçante : « avec les textes d’une telle personne ce serait un peu comme se glisser un serpent dans la gorge en essayant de chanter juste ».

Lola Le Lann ne le nomme jamais, mais l’auteur en question est Yohann Malory, parolier, entre autres, pour Louane, Johnny Hallyday, Jenifer, Chimène Badi, Matt Pokora ou encore Miossec. Une enquête a été ouverte contre lui le 1er novembre 2020, suite à 4 plaintes et il a été mis en examen pour viol et agression sexuelle le 11 mars 2021 et placé sous contrôle judiciaire. Quelle peine doit s’emparer d’un·e artiste au moment de renoncer à publier un album, qui plus est le premier, sans aucun doute chargé en émotions et fruit de mois voire d’années de travail et d’espoirs. Mais Lola Le Lann prononce un mot essentiel : « valeurs ». On a souvent reproché aux artistes de ne pas avoir un comportement irréprochable, de ne pas être les modèles qu’on attend, en particulier vis-à-vis de leurs fans les plus jeunes. Alors quand ils s’engagent, affirment leurs principes et s’y tiennent en assumant les conséquences, soulignons-le. Soutenons-les.

Mettre ses actes en harmonie avec ses convictions profondes est compliqué pour chacun.e d’entre nous alors celles et ceux qui y parviennent : c’est un grand OUI. Nous avons eu envie, évidemment, de parler avec Lola de sa décision et des circonstances qui l’avaient poussée à la prendre. Hélas, elle est dans une situation juridique compliquée et n’a donc pas souhaité s’exprimer pour le moment.

Labels et tourneurs, un esprit d’équipe à géométrie variable

Puisqu’on va parler d’entreprises, commençons par un rappel : aux termes de l’article L4121-1 du Code du Travail, l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs·ses. Voilà. Continuons. Le label Because Music, qui gère entre autres les carrières de Charlotte Gainsbourg, London Grammar et Christine and the Queens, a connu une année 2021 mouvementée.

Alors que des discussions internes entre un certain nombre de salariées avaient déjà débuté, des accusations de violences sexuelles contre le rappeur Retro X les ont amenées à demander au Président de Because Music et Because Editions, Emmanuel de Buretel de cesser de représenter cet artiste, demande entendue et acceptée rapidement. Mais l’affaire ne s’arrête pas là, le robinet est ouvert et les langues se délient. Les salariées font un constat accablant : un très grand nombre d’entre elles fait état de comportements inappropriés, de « dérapages » au sein de l’entreprise. Au total c’est une quarantaine de témoignages qui est cette fois transmise à Emmanuel de Buretel sous la forme d’une enquête interne menée par l’avocate Maître Carole Pascarel, relatant notamment « une ambiance sexualisée dans les sociétés Because Music et Because Editions, marquée par des paroles inacceptables et relevant de l’humiliation et du sexisme jusqu’au racisme et à l’homophobie ». Tout ça conduira au licenciement du Directeur Général, à un avertissement et la réécriture du règlement intérieur « incluant des clauses contre les violences sexistes et sexuelles ».

Ces réactions et cette écoute de la part d’un label dirigé par des hommes sont évidemment bienvenues. La parole des femmes a été entendue et considérée par deux fois, ce qui est encourageant et peut, souhaitons-le, montrer la voie, s’agissant d’un gros label, comptant dans son catalogue des artistes reconnus et rentables, et qui a pris des mesures fortes et non ambiguës pour lutter contre les violences faites aux femmes. On ne saura toutefois jamais ce qu’il serait advenu si les salariées de Because n’étaient pas allées elles-mêmes au charbon, prenant sur leur temps libre pour parvenir à ce qui devrait être simplement la normalité.

Le milieu metal a aussi été agité par plusieurs affaires ces dernières années, dont la plus médiatisée, et sujet central d’une enquête de Mediapart publiée le 22 mai 2021, concerne le tourneur Rage Tour et a conduit au renvoi d’un employé accusé d’agressions sexuelles. Elle met en lumière une réaction de plus en plus fréquente : la condamnation des violences commises MAIS le refus de l’amalgame entre leur auteur et l’entreprise où il travaille. Pendant que, par exemple, le groupe Krav Boca se retirait de l’affiche de l’Xtreme Fest parce que des groupes gérés par Rage Tour y étaient programmés, pendant que MSS FRNCE refusait des dates de concert, considérant que partager l’affiche avec certains groupes/labels/tourneurs revenait à « valider certains comportements qu’on ne peut ignorer » et parlait même, dans un entretien à Tsugi le 22 juin 2021, de « complicité passive », les membres de Tagada Jones (dont l’un des membres est cofondateur de Rage Tour), eux, se drapaient dans leur dignité, se défendant d’être des agresseurs et refusant de porter le « fardeau pour les autres ». On se souvient aussi du communiqué du Hellfest en 2019 se plaignant de l’image qu’une accusation de viol pendant le festival pourrait renvoyer de l’évènement et du milieu en général (et remplaçant au passage le mot « viol » par « agression sexuelle »).

Certes. Le comportement d’une personne n’est pas celui de son groupe, son label, son tourneur, et évidemment pas de son genre musical tout entier. Est-ce qu’on peut pour autant esquiver toute remise en question ? Sans se demander comment l’auteur des violences a pu les commettre, si on n’a pas de près ou de loin contribué à ce que l’environnement ne soit pas safe ? En rabâchant le « c’est lui, c’est pas nous », qui ressemble quand même très fort à ce bon vieux « not all men » ? Un peu facile.

Jean-Michel Journet, agent et cofondateur de Music Too, nous a confié son sentiment : « Tout ce qui touche à l’intime et la culture du viol à la française dont parle Valérie Rey-Robert, on ferme les yeux. C’est un sujet à part dans le sens où il s’agit de violences masculines à 98 %, or à plus de 60 % ce sont des hommes dans cette industrie, donc il faut se regarder en face et se dire qu’est-ce que j’ai fait de mal, dans ma carrière, dans mes postures. On a tous à un moment été témoin, complice ou rabatteur, sans forcément le vouloir, et prendre ou pas la parole nous oblige à revisiter tout ce qu’on a fait, tout ce qu’on a dit, tout ce pourquoi on ne s’est pas battu, voire ce qu’on a fait, nous, à titre professionnel ou personnel, où le consentement n’existait pas. Ça demande beaucoup de déconstruction, d’humilité, et malheureusement l’humilité c’est pas le fort des hommes je pense. Les gens qui disent « oui mais pas moi » se voilent complètement la face. Que ce soit en paroles ou en actions chacun participe un petit peu ou énormément à la culture du viol et à l’insécurité des femmes dans notre société et dans notre industrie musicale. »

Valerie Rey-Robert

Touche pas à mon chanteur

S’il est rarement cité comme un potentiel acteur du changement, le public, pourtant, a sans doute un rôle à jouer. En arrêtant d’acheter, de streamer, d’applaudir. Oui mais voilà. Dans certains cas, c’est pas si simple. On ne parle plus de gros sous, on ne parle plus de code du travail, on parle d’amour, et forcément, tout se complique.

Les plus représentatives de l’ambiguïté voire de la douleur de la relation du fan à l’artiste sont sans aucun doute les accusations de pédophilie portées contre Michael Jackson. Jean-Michel Journet admet en avoir été très perturbé. « J’ai vécu des moments compliqués quand j’étais ado, juste le fait de savoir qu’il y aurait un nouvel album, je me disais la vie vaut d’être vécue. Déconstruire une idole c’est très difficile.je suis un grand fan de Michael Jackson depuis que je suis petit et toutes les allégations, ça remue des choses, on se dit est-ce que je peux continuer à l’admirer, est-ce que je supporte que d’autres personnes admirent d’autres agresseurs ? A quel moment on se dit que c’est une réalité, que cet artiste est un agresseur, à quel moment on l’intègre et on se dit ça a pu me construire mais aujourd’hui je suis pas en accord avec ses actions. Je peux comprendre la réaction de certains fans. »

Aurore Le Moing, psychothérapeute, nous a donné son opinion sur la question : « L’admiration s’apparente à un transfert sur un référent. Classiquement, nos référents premiers sont constitués par l’entourage proche. Ce cercle se veut rassurant et sécurisant. Le transfert qu’un être humain peut faire sur une star est du même acabit. On projette sur elle une image positive, protectrice, bienveillante qui nous apporte de la joie »

Gabriel Segré, sociologue et Maître de Conférence à l’Université de Paris-Nanterre, spécialiste des comportements de fan et auteur de Fans de… sociologie des nouveaux cultes contemporains confirme l’analyse de ce phénomène d’adoration pouvant aller jusqu’au déni. « Le fan fait de la vedette un élément central de son quotidien. Cette relation, éminemment subjective, peut parfois interdire la critique, la réserve, la distance, et plus encore le rejet ou la condamnation. Elle appelle au contraire le soutien inconditionnel, la dévotion sans limite, la solidarité aveugle et définitive. Dans la relation à la vedette, le fan puise énergie et consolation. La vedette apparaît souvent comme une « planche de salut », un rempart aux vicissitudes de l’existence, de sorte que ça se prolonge en une relation de gratitude et de reconnaissance. Cette obligation contractée, ce devoir de gratitude, conduisent souvent à tous les sacrifices et à une constante célébration de la vedette ou de sa mémoire. A leur tour, ils interdisent parfois la « trahison », le dédain, la réserve, la critique ou la condamnation. »

Et maintenant ?

Dans une époque qui commence tout juste à ouvrir les yeux et les oreilles sur ce que signifie être une femme en général, et l’être dans un milieu professionnel masculin en particulier, on peut se demander si les retombées d’une affaire Weinstein sont finalement aussi grandes que cela. Si la parole est vraiment libérée, si la honte et la peur sont vraiment en train de changer de camp.

Le 1er août 2003, Marie Trintignant décédait, tuée par son compagnon Bertrand Cantat. Se replonger dans les coupures presse de l’époque est édifiant. Définitivement, oui, on avance. Si aujourd’hui, pour un crime similaire, un média titrait « L’amour à mort », il se prendrait une volée d’indignations bien justifiée. Les membres de Noir Désir, qui se sont toujours murés dans le silence, ne s’en tireraient pas comme ça.

Mais. Les femmes qui parlent aujourd’hui, les Camelia Jordana, les Yseult, sont-elles vraiment traitées différemment de celles qui parlaient à l’époque ? Lio, qui s’était insurgée contre les termes « crime passionnel » (et en avait récolté de menaces de mort), et n’a jamais cessé de parler pour la cause des femmes, contre les violences qu’elles subissent, pour leur liberté de disposer de leur corps, ne traîne-t-elle pas toujours cette réputation de « difficile », quand elle n’est pas carrément « folle », « hystérique » ? Si on ne doute pas un instant de la sincérité de ses convictions, vous ne nous enlèverez pas de l’idée qu’elles l’ont grillée, et que sa carrière aurait pu, aurait du être différente. Pendant ce temps, Bertrand Cantat, lui, s’est vu offrir la une et quatre pages dans les Inrocks pour geindre qu’il n’arrivait pas à dormir. C’était en 2017 ça, au fait. Il y a 4 ans.

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Music Too ne pouvait pas tout faire. Dans le communiqué annonçant sa dissolution, le collectif indique qu’il voulait donner « un coup de pied dans la fourmilière » et laisse maintenant place à la « responsabilité individuelle et collective ». Autrement dit, à nous de jouer. On l’a dit, on le voit, des gens se bougent, les bonnes volontés existent. Les femmes, de plus en plus, se regroupent et se donnent de la force. Les salariées de Because n’en sont qu’un exemple. D’un groupe WhatsApp, du concert éphémère de chanteuses qui se serrent les coudes, d’une volonté commune de sororité et d’entraide naîtront sans doute de grandes choses.

A nous aussi, médias, de continuer à exposer les uns et soutenir les autres, aller chercher les faits, car hélas ils sont bien là, et les marteler encore et encore. L’industrie musicale a besoin de gestes forts, pour agir vraiment et aller au-delà des phrases prémâchées. Sinon, quel message envoie-t-on ? Aux auteurs de ces violences, à leurs victimes, au public ? A la société ?

L’une des dernières initiatives en date est le dispositif Safer, mis en place à l’initiative de l’association Orane, organisatrice du festival Marsatac. Son développeur Marc Brielles a expliqué à nos confrères de Tsugi de quoi il retournait : « (le dispositif) s’articule autour d’une application d’alertes avec géolocalisation temporaire pour les festivalières et festivaliers, une équipe de bénévoles sensibilisé·e·s par un parcours en ligne, un site internet et un stand sur place avec une professionnelle formée à l’accueil et l’écoute. Si une personne est victime ou témoin de harcèlement sexiste ou de violences sexuelles durant le festival, elle se signale sur l’application. Une équipe de bénévoles intervient le plus rapidement possible afin de désamorcer la situation et d’ouvrir le dialogue. L’objectif est de rendre la fête plus sûre et de sensibiliser l’ensemble du public. »

Un mécanisme prometteur, qui démontre une volonté réelle d’agir sur les terrains mêmes où de nombreux attouchements, agressions et viols sont dénoncés chaque année. Jean-Michel Journet espère que le système ira plus loin : « Safer c’est un mécanisme d’alerte. Il y a un moment où il faut aussi faire exemple avec la sanction, pour que les gens se disent en effet il y a des conséquences à mes actions. Et je pense qu’on n’a pas encore enclenché ce truc sur la conséquence. Je pense qu’après un festival il devrait aussi y avoir un rapport qui dirait on a eu X signalements de comportements et voici les sanctions mises en place, on a sorti la personne en moins de 10 minutes, on a appelé la police, une plainte a été déposée, on a accompagné la victime. Cette communication, le marketing de l’acte, dire qu’on le fait et montrer qu’on le fait. » Il n’oublie pas non plus le rôle des artistes, par définition les plus visibles, qui peuvent, avec parfois très peu, faire beaucoup : « Je pense que ça peut être intéressant que les artistes en début de concert disent ce qu’ils ne tolèrent pas, ou savoir arrêter le concert quand il se passe quelque chose de grave. C’est aussi une responsabilité sociétale des artistes. »

Une expérience plus drastique avait vu le jour en Suède en 2018, avec l’organisation du festival Statement présenté comme « 100 % non masculin ». L’évènement avait été considéré comme discriminatoire par la Haute Autorité locale. Est-ce que la non-mixité peut être une solution ? Du moins à court ou moyen terme ? Peut-on changer la situation sans rentrer dans le tas ? Un système basé sur la domination ne doit-il pas, sur le chemin vers l’égalité et la justice, passer par des étapes radicales, par un renversement, fut-il provisoire, de la chaîne du pouvoir ?

Autant de questions auxquelles l’industrie musicale va devoir répondre, et vite.

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