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Yael Naim et David Donatien, un septennat plus tard

Tintin a trop souvent volé la vedette à Milou, Tony Parker continue de faire de l’ombre à Boris Diaw, Cortex reste plus légendaire que Minus… Bref, l’histoire évoque toujours le « héros » mais oublie souvent le lieutenant discret, sans qui il n’est plus grand-chose. C’est exactement pareil avec Yael Naim. Le commun des mortels oublie trop souvent que son album phare était cosigné avec David Donatien. Rebelote pour Older, qui sortira le 16 mars, afin de redonner un coup de jeune à leur univers.

Une décennie et toujours la même envie. Lorsque David Donatien rencontre Yael Naim en 2004, le musicien touche-à-tout sent que composer des chansons avec Yael Naim l’emmènera aux confins d’une aventure peu ordinaire. Vincent Frérebeau, boss du label de musique Tôt ou Tard, a lui aussi senti le bon coup et laisse le duo travailler trois années durant. Trois années qui montrent que la maturation a du bon. New Soul s’incruste comme le tube de l’été 2007 ; trois semaines après sa sortie automnale, le projet Yael Naim et David Donatien devient Disque d’Or en France, avant de sortir de dix-huit autres pays. Dans la continuité de la relation fusionnelle entre les deux collègues, l’avènement de leur structure de production, Mouselephant, éclot en 2013.

Cet énorme succès venu après des mois de travail explique sûrement les sept années que le duo a pris pour sortir Older. Entre-temps, Yael Naim a rencontré l’amour au détour de deux albums solo et d’une tournée mondiale. Un bébé a suivi, un deuil également. La maternité de ces onze titres dégage pourtant uniquement une rondeur exquise, soufflant un vent d’insouciance. Make a Child traduit la sérénité de la brune délicate, qui puise dans l’optimisme. L’auditeur imaginera facilement Yael susurrer « Ima », une comptine hébraïque enchanteresse, à son enfant.

Sur le pléthorique CV de David Donatien, une ligne revendique le sérieux du garçon. En 2005, Bernard Lavilliers le choisit comme percussionniste pour entamer sa tournée mondiale, puis le signe trois ans plus tard sur l’album “Samedi Soir à Beyrouth”. Un titre magique qui atteste l’ouverture d’esprit du multi-instrumentiste. Dans la même veine, « Coward«  résonne tel un chœur religieux universel, à faire douter ou méditer un athée.

A l’écoute de Yael Naim, il s’immisce une petite touche vocale qui fait tilt. Cette sensation nous avait déjà parcourus lors de sa venue à l’Olympia l’été dernier, aux 40 ans de carrière de Dick Annegarn. « She Said » ou « Walk Walk » appartiennent à ses ritournelles et ce ton fluet tant courus par les publicistes. Yael Naim disposerait-elle de ce mantra qui plaît aux chasseurs de temps de cerveau disponible ? Elle semble surtout véhiculer un apaisement optimiste qui contrebalance avec d’autres titres, plus larmoyants (« Dream in my Head », ou « Trapped »), comme le blues sait en produire. Non, promis, on n’osera pas conclure que Older est l’album de la maturité, on est trop vieux pour ce jeu de mots…

 Crédit photo : Culturebox
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