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Les 20 ans d’Astropolis : récit d’un week-end de dingues

Ça faisait environ 365 jours qu’on comptait les nuits passées sans Astropolis. Le plus vieux festival de musique électronique français fêtait ses 20 ans, ce week-end. L’occasion pour lui de rendre hommage à la culture électronique. De Berlin, Brest, Manchester ou Detroit, on ne savait plus rien distinguer. Car lorsqu’on débarque dans les châteaux finistériens, on se fout de savoir sur quel pied danser. On vous raconte.

Quelle longueur que ce trajet Paris-Brest en voiture. Surtout quand vous crevez de chaud pendant 6h avant de vous les cailler en ouvrant la porte de Brest. Le premier pied posé sur le sol finistérien en a émoustillé certains des plus virils d’entre nous. Ce bon vieux sol mouillé par le crachin qui n’en a jamais eu assez de tomber depuis des millions d’années.

Avant de vous lancer dans votre lecture, sachez qu’un groupe Facebook non-officiel nommé Astropolis Festival Music s’est créé. Vous pourrez peut-être y retrouver ce fameux track qui vous a retourné le cerveau avec vos potes, à 4.30 du mat.

Nuit 1 – Bunker Palace – Astroclub

Notre cheminement dépendant pas mal des tournages de notre soirée, on n’a hélas pas pu beaucoup profiter de la Carène, la SMAC locale où l’on avait pu admirer Daniel Avery pour la première fois, à l’édition précédente. Dans le line-up de ce « Bunker Palace » : Doist! – Clark – Pearson Sound – Jamie XX, on n’aura le temps de voir uniquement le poulain de Warp, Clark. Premier live et première claque dans notre nuque. L’Anglais – à ne pas confondre avec Dave Clarke – a présenté son nouveau live « Phosphore », adaptation scénique et audiovisuelle de ses dernières super-productions. Des basses lourdes (de sens), du noise, une musique vibrante qui ne souffre pas de son côté intello (ce dont on avait peur avant le live). On comprend bien pourquoi il partage régulièrement l’affiche avec des Nathan Fake, Moderat ou Jon Hopkins…

Direction La Suite pour l’Astroclub, dans une ambiance chaud-la-disco avec un Motor City Drum Ensemble qui nous a proposé le set le moins attendu de cette édition. Une grosse demi-heure de disco – qui en a fait bouder plus d’un – s’est ensuite transformée en un récital de son talent, à la limite des styles et des humeurs. Un show à casquette qu’on a immortalisé pour vos beaux yeux mais surtout parce que ça faisait un bail qu’on voulait filmer le DJ allemand.

A la fin de son set, il laisse place à daddy dj : Monsieur Derrick May, l’un des pères de la scène de Détroit, du crew des Belleville Three (Derrick May – Juan Atkins – Kevin Saunderson), pionnier et influence. Astropolis n’aurait pu souffler ses 20 bougies sans faire appel à lui, deux mois seulement après la venue de Juan Atkins au Château de Keriolet (Concarneau). Plutôt habitué à faire face à des dizaines de milliers de personnes dans des énormes soirées, Astro lui a donné pour mission de créer le maximum de condensation de sueur (glamour, hein ?) entre les murs de la boîte brestoise. Les dizaines de boules disco ont tournéau au rythme de la ville de General Motors pendant un set complètement dingue. Capture d’instant.

Le patriarche parti, il a laissé sa place au bûcheron allemand Rødhåd. Quelques semaines après sa venue au Weather Festival au Bourget, le rouquin a remis le couvert avec un set techno infernal, binaire et mental. Parfait pour clôturer la Suite, comme l’avait fait (avec une violence inouïe) son compère Blawan, un an plus tôt. Il fait jour. Il faut dormir maintenant.

Nuit 2 – Manoir de Keroual

Tout amateur de la Cité des Etoiles attend religieusement (quasi fanatiquement, en fait) la nuit au Manoir de Keroual. L’événement principal du festival se voit localisé dans un lieu sublime qui, pendant une nuit, rend hommage aux vieilles pierres et aux musiques électroniques. Cinq scènes. Chacune son ambiance. La scène Tremplin qui donne la voix aux jeunes. L’Astrofloor laisse place à l’éclectisme, de la house à l’IDM en passant par la pop et la trap. La Cour est laissée à l’avant-garde techno. La scène Mekanik (programmateur : Manu Le Malin) pour les hardcoreux. Et la grande et belle nouveauté de cette année : le Chill Out. Il fallait y penser, Astro l’a fait, cet espace où l’on peut fermer les yeux en écoutant de la musique psychédélique et délicate, couché sur le sol en souriant.

On vous l’avoue, notre scène préférée, c’est la Cour, même si on aime aussi beaucoup l’Astrofloor. C’est naturellement qu’on se met en jambes devant les Sonics (l’orga du festival) avant de prendre un pied dingue sur le live du Français Oniris. Le protégé d’Astro a livré aux Bretons une heure de rave implacable. Instant qu’on vous propose de revivre ci-dessous.

Un moment (trop) court qui a précédé un set des plus acides, dub et cosmique du festival, celui de la séduisante DJette et productrice hollandaise : Xosar. Celle qu’on a souvent décrite avant tout comme étant « la copine de Legowelt » est une artiste extrêmement talentueuse, autant sur scène qu’à la production. Après la course effrénée du live d’Oniris, le voyage de Xosar était d’une grande créativité.

Pause méritée après le boulot. Direction la scène Mekanik, où les énormes machines de guerre du hardcore se relaient toute la nuit durant, sous l’œil satisfait de Manu Le Malin. Placé sous le thème d’un « Tribute to Liza ‘N’ Eliaz » (DJette belge défunte et énorme influence pour la scène hardcore mondiale), le chapiteau a accueilli les lives des Français Laurent Hô – sous son rare nom Ingler – et du duo Micropoint, un set de Manu Le Malin, d’Eliza Do Brazil ou encore du pionnier new-yorkais de nombreux courant harcore : Lenny Dee.

On ne va pas jouer les érudits : le hardcore n’a jamais occupé une place centrale dans nos vies. Mais allez savoir pourquoi, la scène Mekanik est devenu notre passage incontournable pour toute soirée à Keroual qui se respecte. On est donc arrivés en boulet de canon à la fin de Torgull à attendre Micropoint. D’accord, il faut être un brin inconscient pour livrer ensuite nos corps et nos esprits à ces grands barjots. Une expérience totale, violente, physique et sensorielle. Ici, le compromis est un vilain péché : soit on lâche les chevaux, soit on se tire sur les autres scènes plus accueillantes. En trois heures, nos jambes, bras et cerveaux subiront le plus beau des châtiments.

On a tellement pris notre pied sur la Mekanik qu’on en a oublié l’Astrofloor. Merde, louper LFO nous semblait inconcevable avant d’arriver à Brest. Zut. On se rattrapera, promis.

Deux choix s’offrent à nous en fin de nuit. Reposer nos muscles endoloris devant la house ensoleillée, céleste et pop des deux fréros italiens Tale of Us. Ou se finir devant la surprise de la soirée : la clôture de l’Astrofloor par un Laurent Garnier B2B The Driver (le nom de scène techno de Manu Le Malin) d’anthologie.

Finalement, on aura réussi à voir un peu des deux. D’un côté, Tale of Us réussit, un an après les Pachanga Boys, à faire la danse du soleil malgré une nuit nuageuse avec un enchaînement de tubes comme Sailor & I – Turn Around’ (Âme remix)Tale of Us – Another EarthMount Kimbie – Made To Stray (DJ Koze remix) ou alors le bijou Dan CrollFrom Nowhere (Âme remix), qu’on vous propose en images ci-dessous. Comme pour les Pachanga Boys, il y a un an : vous avez vu votre tête à 8 du mat ?

De l’autre côté, Laurent Garnier balance un « C’est Manu le patron » puis Manu lui répond « C’est toi le patron » (sur un ton de « Non, c’est toi qui raccroches ») avant qu’on assiste à une scène dont beaucoup en auront les larmes aux yeux pendant longtemps. Les deux boss d’Astro Gildas Rioualen et Matthieu Guerre-Berthelot sont sur scène quand les deux DJs leur rendent un hommage. Une ovation digne de la grandeur du festival, digne de l’esprit qui y règne. Un moment frissonnant sur fond du son de Lolo : The Sound of the Big Babou.

Crédit photo : Thomas Langouet

Nuit 3 – Fort de Penfeld

Après une première virée il y a un an pour la Fortress, Astro s’est trouvé un nouveau château, idéal pour une closing party des 20 ans : de l’espace, un vieux fort enchanteur, et un druide aux manettes : Laurent Garnier (vous connaissez ?). Après le set à six mains de Möd3rn (Electric Rescue + Traumer + Maxime Dangles) dont on a vu que les 20 dernières (super) minutes et celui, ultra-costaud, de Madben, place à 5h de set pour celui qui totalise plusieurs dizaines d’heures de mix aux côtés de l’Astrocrew. On voulait un beau finish, on a eu un mix au poil, mélangeant avec allégresse Oxia, Hardfloor, Vitalic (Birds, LA Rock), Marst, The Glitz, The Doors et ses propres compos, avant d’achever la foule avec son Jacques in the Box (qu’on vous a filmé juste en-dessous) et Jaguar de Rolando.

Les nappes de lazers, les volutes de fumée, les déguisements des festivaliers. On aurait aimé que cette soirée s’achève en 2015. A l’année prochaine, copain Astro.

Crédit photo de couverture : Julio Ificada

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