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Dominique A sur une latitude contradictoire

« Avant de savoir ce que je vais raconter dans mes chansons, je veux savoir ce que j’ai envie d’entendre », nous confiait Dominique A lors de la sortie de son précédent album. A l’heure du nouveau, on aurait tendance à supputer que le garçon ait envie d’écouter des guitares électriques et des machines qui titillent son âme de rockeur. Toute proportion gardée, car « Toute Latitude » dégage certes une lame de fond de noirceur mais n’en reste pas moins un album de Dominique A. Autrement dit, un disque nourri d’une profonde fragilité lumineuse.

Mi-janvier, Dominique A prévenait ses fans de la sortie de deux albums en 2018, et son label nous mettait l’eau à la bouche en dévoilant le premier extrait de Toute Latitude. Le 9 mars, vous pourrez enfin écouter les douze titres en intégralité. Ayant eu cette chance, on a d’abord eu l’impression que cet album était dans la continuité d’Éléor, à en croire les premiers titres. Arrivés au quatrième, cette apparence trompeuse a vite tourné vers un univers rock et électronique. Pour vous faire une idée et calmer « votre manque », quatre titres sont déjà en écoute et à voir. Des images oniriques qui rappellent des aquarelles en mouvement, fruit d’une collaboration avec le réalisateur de films d’animation Sébastien Laudenbach.

Dans le communiqué qui accompagne la sortie de cette nouvelle galette, Dominique A analyse avec justesse le résultat de son travail : « Suivant un mouvement de balancier habituel, chaque nouvel album est comme une réponse au précédent : à la douceur et la suavité revendiquées d’Eléor, répond ainsi l’énergie et le côté up-tempo de Toute Latitude, qui s’aventure sur des terrains plus électro et électriques, avec une production plus dense, davantage tournée vers les détails et les effets. »

On aurait presque envie d’avouer que cette densité electro nous « dérange » au milieu du disque. Presque, car Dominique A a le mérite d’essayer et de ne pas se répéter. Essayons d’essayer, comme le chante son copain Miossec. En effet, Toute Latitude a été enregistré en groupe et pensé pour être joué dans des salles de concert, à compter de fin mars, et non dans des théâtres, afin de respecter l’assise du public. Le rock, la part d’électrique et les nappes électroniques devraient à coup sûr réussir leur effet en live. Au calme chez soi, l’effet n’est pas garanti. Même si l’on doit reconnaître que la fragilité vocale et le choix de mots délicats, parfois revendicatifs sous couverts de métaphores, chatouillent toujours notre sensibilité. Le processus créatif d’un compositeur qui aime prendre des risques mérite toujours une attention particulière.

Pour retrouver un Dominique A moins tourmenté et rageur, il va falloir attendre son douzième album programmé pour octobre. Enregistré en solo cette fois-ci, La Fragilité est annoncé avec des mélodies plus acoustiques et intimistes. Une latitude supplémentaire qui viendra alimenter une carrière exigeante.

Crédit photo : Vincent Delerm

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