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Rover : « J’ai dû renaître en solo »

Vous avez aimé la force de Aqualast en 2012 ?  Vous allez adorer la mélancolie qui fleure bon la perfection de Let it Glow, second album de Rover. Dix chansons qui résonnent comme l’un des albums pop-rock marquants de l’année. C’était l’occasion de demander à ce colosse, à la voix capable de grands écarts sidérants, comment la musique l’accompagne depuis son enfance.

A entendre le projet actuel de Rover, l’auditeur a du mal à s’imaginer que ce géant à la voix parfois fragile ait évolué dans une formation punk. Un raccourci laisserait penser que les années ont assagi l’auteur-compositeur-interprète. La vérité s’avère plus pragmatique. « Le déclic de jouer seul est arrivé lors de mon retour brutal de Beyrouth suite à une expulsion pour visa expiré. Le groupe dans lequel je jouais [The New Government, ndlr] a ainsi connu sa fin. C’est lors de ce retour en France que j’ai dû renaître en solo. »

Trois ans de son punk ont laissé place à un univers apaisé. « Mes parents écoutaient de la musique classique (Bach, Vivaldi, Boieldieu) mais aussi les Beatles, Gainsbourg, Dylan » En 2012, Rover signe son premier album homonyme chez Cinq7. Conquis par « Late Night Love », nous filmons ce titre pour une session acoustique. Comme nous, la critique ne restera pas insensible. Sa nomination « Révélation du public » aux Victoires de la Musique 2013 ne sera pas usurpée et le multi-instrumentiste décrochera un Disque d’or.

Le 6 novembre arrive un seconde galette enregistrée de façon analogique en Bretagne. Les imperfections des instruments tiennent à cœur au chanteur qui parle de son époque, mais dont l’influence musicale des Beatles s’imprègne à divers degrés sur chaque morceau. « Strawberry Fields Forever » est un titre de la bande de Liverpool dont il ne se lasse jamais. La nostalgie de ce deuxième volet et le toucher délicat du clavier sont nés principalement la nuit. « Trugar » intègre le clan restreint de chansons que tout un chacun semble connaître depuis un long moment, à savourer sur son canapé quand les voisins dorment. La même impression se répète sur la piste suivante (« HCYD »). L’évidence s’impose : Timothée Reigner a conquis nos émotions. Il devient rare qu’un album soit en mesure de nous détendre, voire nous faire rêver, à yeux ouverts dix titres durant. Au point de se demander si Let it Glow n’est pas l’un des plus beaux disques de l’année 2015. A propos de la dernière galette qui l’a bluffé, il pense au « dernier disque de Metronomy (Love Letters). »

Étonnante révélation, Rover se souvient d’une musique qui lui plaisait enfant : « Messe pour le temps présent de Pierre Henry ». Pas vraiment le premier album auquel on pense de prime abord pour une tête blonde. « Les deux premiers albums solo de John Lennon et Richard Gotainer m’ont également marqué. » A force d’écouter de la musique, l’envie d’en jouer est apparue. Le premier instrument sera « une guitare électrique blanche reçue au Noël de mes 8 ans. Puis des petits synthés Casiotone et une boîte à rythmes analogique. » Timothée ne lésine pas sur ses six cordes. Un objectif l’anime à moyen terme. « Mes deux grands frères jouaient déjà de la musique et le poste de guitariste était libre. Je m’y suis mis avec l’envie que nous formerions un groupe. » Tenter d’intégrer The Strokes – scolarisés en même temps que lui au lycée français de NYC – nous vaut une réponse négative.

 

En fils d’expatrié, les cultures croisées ont marqué l’homme et indirectement le musicien. « Clairement, entre la découverte du rap à New York pendant mon adolescence au début des 90’s, et la musique orientale lors de mes années passées à Beyrouth« , le globe-trotter a ouvert son esprit de création. La présence de grands frères qui écoutent constamment du son forge son appétence. A 11-12 ans, une première composition voit le jour. « Une simple chanson pop à la guitare enregistrée sur un Tascam 4 pistes à cassette. Elle prenait la forme d’une complainte, un homme qui est suivi par un nuage pluvieux toute la journée. Cela symbolisait la malchance, à l’image de certains dessins animés. »

Lorsque le glas prendra le relais de ses compositions, quelle épitaphe musicale lui ferait plaisir ? « Barbie girl » d’Aqua. « Si je ne réagis pas, c’est que je suis vraiment mort. »

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