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Superpoze, petit beatmaker deviendra grand

C’est l’une des chouettes découvertes électro de cette rentrée. Sa vingtaine à peine entamée, le Caennais Superpoze nous a mis en orbite, sur un petit nuage. A l’écoute de son premier album et de son dernier EP, on repense aux meilleures heures de Depth Affect. Et on se dit que voir sa trombine entrer dans l’écurie Warp ne ferait injure à personne. Rencontre via l’internet mondial, en attendant son passage aux prochaines Trans Musicales de Rennes.

Qui es-tu, Superpoze ?

Je m’appelle Gabriel, j’ai 20 ans depuis peu. Je viens de Caen. J’ai commencé à faire de la musique sous ce nom là il y a 3 ans. Au début, je ne faisais que de la production sur ordinateur, pas de live. J’ai commencé à faire vraiment des concerts il y a un an et demi. Au lycée, j’écoutais énormément de rap. J’écrivais des textes, et je voulais enregistrer des morceaux. Alors j’ai acheté de quoi enregistrer, et de quoi faire mes prods pour poser dessus. Et puis j’ai laissé les textes de côté, pour me concentrer sur la composition.

C’est arrivé en même temps que ma découverte de Ninja Tune, Warp, etc. Je crois bien que je n’ai jamais ressenti un truc aussi fort qu’à cette période. Alors j’ai fait un Myspace (je te parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre), et j’ai posté mes premiers morceaux.

Avant de faire ce projet, tu es passé par le conservatoire. Bon ou mauvais souvenir ?

Bon et mauvais. Le conservatoire, c’est un truc particulier. J’étais en classe à horaires aménagés, j’allais à l’école le matin et au conservatoire l’après-midi. Je faisais des percussions, je suivais des cours de formation musicale (le solfège, tu sais le truc que les enfants détestent). J’ai aussi fait de l’orchestre. J’ai eu deux supers professeurs de percussion, c’était une classe un peu à part, un peu moins “classique” que les autres. J’y ai appris à jouer en groupe, à ressentir la musique d’une manière vraiment intéressante.

C’est évident que si je fais de la musique comme ça, de cette façon là aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à cette éducation. Mais c’était un lieu où, pour moi, on formait des élites de l’interprétation musicale. Et ça ne m’intéressait pas. Après, j’avais 13 ans… Mes réflexions n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. J’y suis resté 7 ans et j’ai arrêté.

Tu te souviens de la première fois où tu as posé les doigts sur ta MPC ?

Oui, très bien. J’ai fait un morceau affreux avec des cuts de voix dans tous les sens, parce que je trouvais ça vraiment trop cool de pouvoir jouer des voix découpées à fond. C’était mon nouveau jouet. En fait, à Caen il y avait des mecs qui faisaient du live avec cette machine là : Liléa Narrative et Fulgeance. Quand je les ai vus, je me suis juste dit : ok, je veux ça. A Caen, il y a le festival Nördik Impakt. En 2009 (je crois), il y a eu une soirée dans le parking souterrain du Château. C’était une carte blanche au label Ekletik Records. J’ai vu en live Dorian Concept, Zo, Fulgeance, Débruit, etc.. J’étais complètement scotché. Ces mecs faisaient groover la musique électronique, et en plus ils la jouaient pour de vrai. Je suis devenu fou en voyant ça. Tu connais tout mon rapport amoureux à la MPC maintenant.

music-academy-night-caen-superpoze

Pas de conflits de groupes dans la trajectoire et les décisions artistiques : c’est l’avantage d’être seul.

Ton remix de Kim Novak, autre groupe de Caen, t’as aidé à te lancer. Comment t’es venue l’idée ?

On partageait un plateau lors d’un concert à Caen. Je ne les connaissais pas encore. Je me suis dit que ce serait marrant de finir mon set par un remix d’un de leurs morceaux, sans prévenir personne. J’ai fait ce remix en une heure. D’ailleurs, je n’ai jamais eu les pistes séparées de ce morceau. J’ai découpé le mp3. Je ne pensais même pas le mettre en ligne après ce concert.

A 20 ans, tu as déjà sorti un album et un EP. Comment imagines-tu ton développement ?

J’ai même sorti plus de choses ça. Il y en a que j’ai enlevées, d’autres qui existent sous d’autres noms… J’ai encore plein de choses à composer, donc encore plein d’EPs et d’albums à sortir. Je fais les choses par étapes, je pense.

Mon premier album est sorti sur le netlabel Digital Pit en décembre 2010. Il y a eu des versions physiques réalisées par le collectif/label Combien Mille, dont je fais partie. Mon dernier EP est sorti sur bandcamp.

J’en prépare un nouveau, qui sortira a priori avant la fin de l’année 2012, en digital et en physique. Je veux continuer à faire des remixes, c’est un jeu que j’aime beaucoup. Pour l’instant j’ai remixé Kim Novak et Woodkid non officiellement. Mais j’ai fait des remixes officiels pour Puppetmastaz et Beat Assailant. J’en ai d’autres en cours, qui seront publiés bientôt. Je n’imagine pas mon développement. Je vis en faisant de la musique, c’est l’avantage d’être seul. Pas de conflits de groupes dans la trajectoire et les décisions artistiques.

La scène où tu rêves de jouer en France ?

Au Bikini à Toulouse. Il paraît qu’il y a une piscine ! Mais ça, c’est peut-être parce que j’habite en Normandie.

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3 commentaires

3 commentaires

freezeec 14.09.2012

bonjour,bonne interview ;)
par contre le lien vers « Lost Cosmonaut » sur le netlabel Digital pit n’est pas bon, vous avez du oublié de mettre le ‘http:// » devant :)

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Lad 12.09.2012

Ninja Tune – Warp, que de bonnes influences!

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