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Rouge Mécanique [n.m.] : Homme-guitare cherche âmes psychédéliques

Romain Azzaro propose l’un des lives électroniques les plus originaux du moment : guitare en main et seul sur scène, sa techno acoustique prend le temps de progresser. Intime et terriblement groovy, elle est cette séductrice ennivrante. Certains projets ont besoin de lumière, n’est-ce pas ? Entrevue.

Avant de te plonger dans la musique électronique, t’étais plutôt rock. Plus stoner ou rockabilly ? Vénère ou psyché ?

J’avais divers groupes de rock, de mes 14 ans à 20 ans. Au début, j’étais guitariste pour un groupe de ska/punk, puis je me suis peu à peu dirigé vers la coldwave et le psychédélisme en tant que guitariste, bassiste et batteur. Je m’entraînais partout, mais j’avais une prédilection pour les casseroles et divers ustensiles de cuisine.

Quelle est la raison principale pour laquelle tu as « changé de bord » pour la musique électronique ?

Quand un groupe marche bien, il se passe une sorte d’alchimie entre tous les éléments. Mais, il se trouve aussi que ça requiert beaucoup de patience. Il y a eu une période chaotique  où je commençais à m’entendre de moins en moins avec le reste du groupe et j’ai eu de plus en plus envie de jouer tout seul. C’est ce besoin d’indépendance qui m’a amenéà composer tout seul sur GarageBand, Pro Tools et Ableton. De là est venu un intérêt profond pour le son et son ingénierie et j’ai laissé mes instruments de coté pendant quelques années.

Quelle est la raison secondaire ?

Quelques révélations avec des drogues psychédéliques.

Tu fais partie des collectifs parisiens Sundae et Coton Tige depuis un moment. C’est à cette période que tu as expérimenté le live avec ta guitare ?

Un an après le commencement dans  l’expérimentation électronique, j’avais un live de prêt, un truc simple et dancefloor avec controller et pédales de guitare. C’est à ce moment que j’ai rencontré Thomas Clapin et intégré le collectif Coton tige. Quelques temps  plus tard, j’ai rencontré Céline et Giorgio de la Sundae et nous sommes allés visiter le Café Barge pour qu’ils y organisent des petits dimanches après-midi entre potes. La Sundae est devenue rapidement très sollicitée. Elle a construit sa réputation en quelques années avec une équipe composée de Céline, Vadim Svoboda, Le Loup. J’y ai joué différentes sortes de lives, en invitant une chanteuse, en jouant avec un synthé, etc.

Tu peux expliquer en quelques mots ce que Rouge Mécanique donne en live ?

Rouge Mécanique est un live électro-acoustique de rock psychédélique composé à la base pour un défilé Mode homme de la styliste Aurelia Paumelle. Il a ensuite été adapté au dancefloor. C’est très cinématographique, inspiré du côté industriel de Berlin. Un peu comme si Ry Cooder prenait un whisky avec Amon Tobin au bar du Berghain. Ma Telecaster est l’instrument principal du live, car elle est branchée a une multitudes de pédales, donc je la module et j’en joue. Après arrive le Moog Voyager, quelques boîtes à rythme et un micro vintage des années 50. Quand je joue en DJ set, je ramène la Telecaster et les pédales et je m’amuse a moduler ses vibrations grâce a un Ebow et un archet à violoncelle.

Ta rencontre avec le super-producteur et boss du label Rekids, Radio Slave (Nina Kraviz, Speedy J, Chris Liebing) a été importante pour toi. Ça s’est passé comment ?

Matt Edwards [Radio Slave, ndlr] est venu lors de mon premier live sous Rouge Mécanique, après le défilé d’Aurélia Paumelle. Je me souviens avoir joué très noisy en expérimentant les saturations de guitares et de synthés. Il y avait à peine trois mètres qui me séparaient du public et je crois qu’ils faisaient dans leur froc. A la fin du live, Matt était un des seuls à applaudir. Ensuite, il m’a proposé de déjeuner avec lui pour parler d’un éventuel album. Ce n’était encore qu’un brouillon, mais il m’a donné envie de le mettre en forme. On est devenus bons potes depuis et on travaille sur Pyramids of Mars, la branche indé de Rekids. C’est une personne adorable et profondément passionnée par la musique quelle qu’elle soit.

Comment définirais-tu Rekids ?

Quand je suis arrivé à Berlin avec Vadim Svoboda, on avait la même passion pour la musique, mais un style totalement différent. Je m’enfermais dans ma chambre avec ma guitare et mes casseroles, pendant que Vadim composait avec boîte à rythmes et piano. Radio Slave nous a découvert en même temps et a réussi à nous proposer deux nouveaux sous-labels qui s’adaptaient à nos styles. Cabin Fever et Double R pour Vadim et Pyramids of Mars pour moi. Cela représente bien l’étendue des goûts musicaux de Matt et donc de son label. Rekids est la maison-mère mais propose bien d’autres horizons musicaux.

Tu vas sortir ton premier album sur ce label. Il est enregistré live ?

L’album est enregistré en live dans mon studio a Berlin. J’y ai travaillé pendant deux ans car je voulais me concentrer sur son histoire et le rendre le plus acoustique possible.

L’univers de ton EP est à la fois sombre et très groovy. C’est comme ça que tu vois la musique de Rouge Mécanique ?

Le « Witches/Stingray EP » est plutôt destiné au dancefloor. La musique de Rouge Mécanique tend à expérimenter les grooves et les ambiances d’une manière visuelle. À l’avenir, j’aimerais en faire de la musique de film ou des modulations sonores pour des performances artistiques.

Le live, c’est l’avenir de la musique électronique ?

Je crois que l’avenir de la musique électronique dépend beaucoup des innovations technologiques. Elles nous ont permis de pouvoir composer seul et également de jouer seul. Après, il est impossible de reproduire l’alchimie qu’un groupe peut procurer lors d’un live, c’est pourquoi je pense qu’il y a la technologie d’un coté et les instruments de l’autre. Rien ne remplacera jamais une bonne casserole !

J’ai peut-être halluciné mais la pochette de ton EP est vraiment en cuir ?

La pochette du vinyle est sortie en 100 exemplaires cuir. Pyramid of Mars est un label qui associe le musicien avec un artiste de son choix. Pour l’EP, j’ai naturellement choisi de m’associer avec Aurélia Paumelle pour qui le morceau Stingray fut l’élément principal de son défilé, et le point de départ de l’album.  C’est elle qui a imaginé la pochette en cuir faite à la main à Berlin.

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