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Rencontre au sommet entre le légendaire compositeur Ryūichi Sakamoto et le producteur expérimental Oneohtrix Point Never

Gardez ça dans un coin de votre tête pour votre prochaine réception dînatoire, Ryūichi Sakamoto est à la musique électronique japonaise ce que notre Jean-Michel Jarre national s’efforce à faire depuis 40 ans. La finesse en plus, côté nippon. Le doigté du pianiste tokyoïte est si tendrement bizarre que l’archipel en redemande tous les ans : « Une dose de Ryūichi par-ci, une dose de Ryūichi par-là », disent-ils. Avec une trentaine d’albums plus sublimes les uns que les autres à son actif, Ryūichi n’a qu’à monter dans son studio pour enregistrer le contenu de son imaginaire délirant et satisfaire sa large audience. Le voilà ici retravaillé par le bidouilleur de l’extrême, Oneohtrix Point Never.

Ces dernières années, le maître japonais de la bande-son et des arrangements n’a pas vraiment pu trouver le repos : il a notamment lutté sans merci contre un cancer de la gorge (qu’il a vaincu). Si on ajoute ça à sa BO composée avec Alva Noto et Bryce Dessner (The National) pour le film The Revenant de Alejandro González Iñárritu (mais si, c’est celui où Di Caprio déglingue un ours quasiment à mains nues et dort dans un cheval mort pour ne pas prendre froid), on se dit qu’il porte plutôt bien ses 65 balais.

Venons-en aux faits maintenant que vous pouvez prendre la mesure du bonhomme. Le 29 mars dernier, Ryūichi a sorti async (écouter), un disque de 14 titres partagés entre clavier et field recordings, un peu de voix (celle de Paul Bowles) et des enregistrements à l’Université des arts de Kyoto et dans un musée à New-York. Un disque qui serait librement inspiré par la vie et l’oeuvre du réalisateur soviétique Andrei Tarkovski.

Ouverture futuriste oblige, il a laissé son morceau « Andata » entre les mains du prodige (encore un) américain Daniel Lopatin aka Oneohtrix Point Never, aussi bon pour bouger les lignes de la musique expérimentale que des musiques électroniques. IDM, death metal, hardcore ou ambient 7.0, ce type a en plus réussi l’exploit que sa musique soit écoutée. Si, si, promis. Et pourquoi ça ? Parce que ses délires fantasmatiques sont souvent au service de la mélodie, pas uniquement de ses névroses.

Le « rework » en question se trouve sur un disque de remixes de l’album qui comprend également les non moindres Arca, Cornelius, Jóhann Jóhannsson, Motion Graphics, Electric Youth, etc.

Stop au griffonnage de page web, vive l’écoute immersive.

Photo en une : Chad Kamenshine

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1 commentaire

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Siguv 27.07.2017

Cool cool cool j’ai appris qlq chose :)

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