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Paris revit la nuit (et le jour)

« Paris, quand la nuit meurt en silence ». Il y a deux ans, les professionnels de la nuit de la capitale se regroupaient derrière ce slogan pour exprimer leur ras-le-bol. En 2013, où en est-on ? Les lieux traditionnels semblent encore dans le collimateur des autorités, malgré la valse des préfets liée au changement de gouvernement. Mais en marge, des esprits frondeurs s’activent et redorent doucement le blason de la capitale. Sélection non-exhaustive des soirées (ou journées) qui font danser Lutèce.

Les soirées Play (photo). Le bébé d’Electric Rescue, amoureux transi de l’esprit rave qu’il tente de diffuser depuis le lancement de ces soirées trimestrielles. Une alternance de chouettes lieux (Pan Piper, le théâtre de la Villette…), une déco plus que soignée, et une surtout une ligne de conduite tarifaire irréprochable, qui permet aux portefeuilles les plus minces de passer une nuit entière avec 30 balles en poches. Entrée raisonnable, consommations entre 2 et 4 euros, esprit DIY… Son succès grandissant est dû à la persévérance de son géniteur, qui éveille les esprits depuis presque 20 ans.

Otto10. Otto Dix, peintre expressionniste allemand du XXe siècle, a visiblement inspiré ce jeune collectif itinérant de treize personnes, sorti de l’oeuf il y a à peine deux mois. Leur premier événement aura lieu le 21 avril, « à 14h du mat' », dans un loft de Montreuil. On y a donc jamais foutu les pieds, mais la bande a l’air motivée. Postulat de base : « Surprendre et marquer les esprits en concevant des moments de fête originaux, à taille humaine, autour d’une programmation musicale de qualité. Rassembler, le dimanche, dans une ambiance agréable, tous ceux qui voudront s’amuser, rire, s’embrasser et danser jusqu’à plus soif« . Le tout pour une poignée d’euros, avec un jardin de 300 m². Pas mal pour une première.

Concrete. Un des symboles du retour de la fête à Paris depuis presque deux ans. Aujourd’hui, si l’on est un tant soit peu fan de musique électro difficile d’être passé à côté de ces événements bimensuels « All Day Long Parties », héritiers de la soirée itinérante Twisted. Le pari d’amener un peu d’air berlinois dans la ville lumière – éteinte – est un succès. L’équipe de la Concrete promet sans faute le meilleur line up techno, house, minimal et deep possible du week-end (Ben Klock, Marcel Dettmann, Jus Ed, Kenny Larkin, Dj Qu…) et un dimanche entier sur une péniche immense (Quai de la Rapée) ou au repaire de La SIRA (Asnières) pour une entrée de 20 euros. Mis en lumière par le media Resident Advisor, cette référence pourrait bien amener un tourisme électronique à Paris. L’équipe organise son premier festival, le Weather, courant mai, qui est déjà l’un des plus prisés du moment.

Casse ton singe. Organisées par l’équipe de La Mangouste, que l’on voit souvent au Glazart pour une tapée d’événements, ces soirées proposent une autre idée de la fête. Au lieu de ne rester qu’à un endroit, le public est en mouvement régulier, de 19h à midi le lendemain, et se ballade de bars en boîtes jusqu’en lieux d’after, comme une visite des entrailles de Paris. Les ambiances s’adaptent à l’heure, de la noise pop, ça finit souvent en gros breakcore, dubstep ou techno. Le prix pour dix-sept heures de soirée ? 8 euros en prévente et 10 sur place. Honnête et vivifiant comme concept.

Débrouï-art. Une communauté d’artistes aussi variée et capable d’aussi belles initiatives, ça fait du bien. Voilà des années que Débrouï-art organise concerts, dj et vj sets, expositions et projections dans des lieux d’histoire. Des galeries souterraines dont les voûtes furent creusées par plusieurs générations de mineurs (La Mine) ; une bâtisse où des ouvriers en grève s’enfermèrent en guise de protestation et perdirent toute notion de la réalité (L’Asile) ; au Culture Palace d’Ivry sur Seine pour une journée Jumanji… Pour les lieux, les décors, l’investissement de l’équipe, la variété de musique électronique diffusée, cela vaut fortement le coup de tenter ces soirées. La dernière (à L’Asile) fut arrêtée en plein milieu à cause d’un problème d’électricité, mais le collectif promet déjà un prochain événement qui fera assurément oublier ce pépin.

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