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Mac DeMarco, les chansons d’amour

A peine un an après le succès retentissant de Salad Days et l’énorme tournée qui suivit, Mac DeMarco rempile cet été avec un mini album. Huit ballades mélancoliques, dont seul le songwriter débridé a le secret, s’enchaînent paisiblement comme des petites vagues qui s’écrasent sur la plage. Retour critique sur les dernières expériences du petit rigolo.

Enregistré dans sa chambre, au bord de l’eau à Far Rockaway dans le Queens, Mac a écrit les huit chansons de ce mini LP en une semaine pour les enregistrer la semaine suivante. Une spontanéité dans la façon de travailler qu’on retrouve à travers le son de Another One, le petit dernier disque dans la veine de Salad Days, mais plus mélancolique et expérimental que son prédécesseur. Si quelques titres se démarquent par leur simplicité et leur justesse remarquable, « Another One » et « A Heart Like Hers » en sont des exemples, d’autres peinent cependant à exister.

Le disque déroule donc une série de contines plaisantes, certes, mais peu marquantes. Plus qu’une collection de singles, comme l’étaient 2 ou Salad Days, Another One  donne finalement la sensation de lire une nouvelle. Mac le désabusé nous conte ses sentiments amoureux et leurs remous, leurs aventures.

Comme devant un film où certains passages nous ennuient pour ensuite nous émerveiller. On trouve peu de guitares foldingues cette fois, excepté dans la chanson-de-plage (et un peu à part) « I’ve Been Waiting For Her ». Quelques riffs énervés ici et là donc, mais comme adoucis par les nappes de synthés qui flottent et nous bercent, lentement. S’il est un mec à guitares, Mac laisse de plus en plus de place aux claviers dans sa musique, même s’il affirme ne pas savoir vraiment en jouer. Les synthétiseurs mènent la barque, la voix du crooner se languit doucement. Il est tard et tout est calme, on peut désormais se détendre et se rouler sur la moquette en se laissant porter à travers les songes d’un garçon dont le cœur s’assombrit. On a l’étrange sentiment de partager avec lui un moment intime alors qu’il semble vouloir nous livrer ses états d’âme, sans faire de chichis, le plus naturellement possible.

Mac DeMarco poursuit son chemin semble-t-il, sans se préoccuper de ce qu’on peut bien penser de lui et de sa musique. Si sa sincérité est touchante, on reste un peu sur notre faim pour cette fois. De plus, malgré des médias trop occupés à le caractériser comme le mec le plus cool du monde (et lui qui en abuse), il n’a toujours pas réussi à nous énerver totalement. Talent oblige.

PS : si vous êtes par hasard dans les parages de New York, vous êtes invité à boire un café chez le bonhomme en question.

Crédit photo : Brad Elterman
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