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Justice pour Steve, tous dans la rue

Il y a des moments dans nos vies où la tristesse ne suffit pas. Face à l’horreur, face à l’injustice, il est alors nécessaire d’exprimer sa colère. Son refus. Dire non. Dire stop. Les membres de Sourdoreille seront dans les rues de Nantes, de Paris, de Lyon ou de Toulouse, pour dire non, pour dire stop, tant qu’ils le pourront. Et nous espérons vous y trouver à nos côtés.

Steve Maia Caniço est mort la nuit du 21 au 22 juin 2019 sur les quais de Nantes, pendant la fête de la musique, alors qu’il dansait. Il dansait ! Il est mort noyé. Il est prouvé que la police a chargé, lâché des chiens et gazé l’endroit où Steve faisait la fête. Et il est aussi prouvé que 13 autres personnes sont tombées dans la Loire ce soir-là.

Mais le pouvoir dans son ensemble fait bloc pour réfuter tout « lien entre l’intervention policière et le décès de Steve ». Pire, ils sous-entendent que les responsabilités sont à chercher du côté des organisateurs de la soirée, du côté « du monde de la nuit ».

Alors, aujourd’hui, la tristesse de cette mort injuste et atroce laisse place à la colère dans la gestion de ce drame par le gouvernement et les autorités. Abject, c’est le mot qui semble le plus adapté.

Steve n’est pas mort parce qu’il dansait. Steve n’est pas mort à cause d’un sound system. Steve n’est pas mort parce qu’il y a la Loire à Nantes. C’est aussi stupide que d’accuser le soleil d’être le responsable du réchauffement climatique. Non, Steve est mort car il a été poussé dans la Loire, suite à des charges policières et des envois massifs de gaz lacrymogène, en pleine nuit.

Face à ce drame, qui n’est pas un accident mais le résultat d’une politique répressive sans précédent, nous devons tous prendre nos responsabilités et demander fermement et sans relâche justice. Nous espérons que de nombreux acteurs culturels s’associeront aux rassemblements de soutien, publieront des tribunes et alerteront les médias sur cette question. Il n’est pas normal de mourir en allant danser ou écouter de la musique. Il n’est pas normal de mourir à cause d’une charge policière.

En 1986, un jeune homme (Malik Oussekine) mourait en sortant d’un club de jazz de Paris, sous les coups des « voltigeurs de Pasqua », victime collatérale de la répression face aux manifs des étudiants contre la réforme Devaquet. Les jours suivants, des centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue, faisant tomber le ministre Devaquet et interdire les voltigeurs.

Alors, pour Steve, soyons le plus nombreux possible, partout en France, pour refuser, avec colère et dignité, cette nouvelle escalade mortifère.

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