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Jack de Marseille : « Nos clubs doivent investir dans la technologie du futur »

Pendant un mois, on profite du redoux pour faire un focus sur la plus belle ville du monde après Le Havre et Saint-Nazaire, l’éternelle Marseille. Comme notre monde ne se satisfait plus de vivre dans le présent (quel ennui, vous me direz), on a décidé – avec l’équipe du Bon Air festival – de pousser un peu les potards dans le futur avec la scène musicale électronique phocéenne. Médias, institutionnels, artistes, programmateurs et activistes, ils ont bien voulu jouer le jeu de notre questionnaire prospectif sur la thématique : la musique à Marseille en 2050.

Dans le monde de l’ameublement, il y a le kit étagères Ikea et le buffet de la grande-tante de Mireille. Dans la musique électronique, il y a les cris d’un festivalier millionnaire à l’Ultra Music Festival et le dj set du daron de la teuf Jack de Marseille. Non, on n’a pas peur des intros manichéennes. Jack de Marseille n’est ni un meuble, ni un roc, ni une péninsule mais un monstre de technique et un pan de l’histoire de la techno mondiale. Celui qui a pratiqué le ski acrobatique à bon niveau et enseigné le tennis a toujours aimé le danger. Le désir de l’adrénaline, quand ça vous baffe ça ne pardonne pas. D’un an l’aîné de Laurent Garnier et de trois ans le cadet de Carl Cox, il fait partie de ceux que les bouquins ont nommé pionniers.

Quand Jack tombe dans la musique not four to the floor yet, au début des années 80, le casque vissé sur les oreilles, branché sur les radios indépendantes marseillaises, de l’electro-funk et du hip-hop dans les oreilles, il sent déjà au fond de lui que ça va lui coller à la peau : « Je montais des megamix sur K7 en faisant des pauses/rec comme d’autres personnes pouvaient le faire en radio avec les Revox » dira-t-il pour Trax Magazine dans ce langage geeko-fleuri si particulier de la fin du siècle dernier. Ce que l’on dit moins souvent, c’est que l’époque (si vintage à nos yeux de fin des années 2010) faisait la vie dure aux disc jockeys qui voulaient se lancer dans le game. Dans les années 90, quand un dj foire une transition, ne sait pas profiter d’un défaut des platines ou n’est pas au goût des orgas ou du public, il est éjecté dans l’heure et on n’entend plus jamais parler de lui. La technique est au centre du métier, l’image encore un peu lointaine. C’est aussi le vinyle comme seule machine à danser, sa chaleur et son fameux grain.

« Il y aura des nouvelles enceintes qui pourront nous faire entendre des sons que l’on ne pouvait entendre auparavant » Jack de Marseille

Puis tout s’accélère en 1992, Jack qui gardera à vie sa ville dans son pseudonyme, co-organise les soirées Atomix à la Friche de la Belle de Mai à Marseille, la première rave party dans les murs de la cité phocéenne. Bon Air sont ses enfants, le Cabaret Aléatoire et la Friche ses cousins. Il participe aussi à la toute première rave organisée par les Trans Musicales la même année, révolutionnant définitivement la scénographie et l’organisation d’événements musicaux en France et plaçant le festival breton comme un futur gros du secteur. Dans ses sets, on trouve les légendes d’aujourd’hui, les Daft Punk, Underworld, Plastikman, Green Velvet, Sasha, Underground Resistance. Il a même sorti un disque en 1997, Submerge, sur Ozone le label grenoblois d’Oxia et Kiko, famille du non moins daron The Hacker, une tapée d’EP sur son label perso Wicked Records et deux albums en 2002 (Free My Music…) et 2009 (Inner Visions). Jack de Marseille c’est aussi les chars de la Love Parade et sa descendante la Techno Parade, ses sets devant 1,5 millions de personnes à Berlin.

Ouais on fait des bios comme Wikipédia, complètement. Qui s’en offusque vienne nous chercher de l’autre côté de l’échangeur à Bagnolet.

Ce qu’il faut surtout noter, c’est qu’on parle d’un type qui a quand même trouvé le futur dans de la musique quand la moitié d’entre vous n’avait même pas encore eu la prétention de naître. Qui, dites-le nous, qui serait mieux placé que lui pour répondre à notre série de questions sur le futur de la musique à Marseille, en 2050 ? Absolument personne. La suite, ci-dessous.

Jack 2 Marseille

LE FUTUR SELON
JACK DE MARSEILLE

Comment écoutera-t-on la musique dans 30 ans à Marseille ?

Jack de Marseille : Le portable prend une place prépondérante depuis quelques années, je pense que cela restera le support préféré pour écouter de la musique. La réalité virtuelle est en pleine expansion, la qualité dans de l’image dans 31 ans sera exceptionnelle

Où ira-t-on danser ?

Les festivals auront auront toujours une grande place. Il y a plus de liberté dans les lieux parfois éphémères, cela plaît énormément aux gens. Les clubs doivent investir dans la technologie du futur. Au Japon il existe déjà des clubs où apparaissent des hologrammes, vous rentrez dans un univers différent chaque week-end. La réalité virtuelle sera très présente, beaucoup de personnes investissent dans cette technologie.

Quels genres de musique seront populaires ?

La musique qui va évoluer le plus sera celle faite avec les nouveaux plug-in, machines, synthés, c’est la seule source sonore qui n’a pas de limite. Après il y a des recherches sur des fréquences que l’on ne perçoit pas encore. Il y aura des nouvelles enceintes qui pourront nous faire entendre des sons que l’on ne pouvait entendre auparavant..

Les concerts seront-ils toujours un espace de rassemblement social ?

Vu que la société est de plus en plus individuelle, les salles de concerts ou festivals resteront des lieux de sociabilité.

Qui tirera son épingle du jeu ?

Comme de tout temps les opportunistes et heureusement ceux qui ont vraiment du talent.

La musique sera-t-elle un nouveau moyen de manipulation des masses ? Si oui comment ?

La Culture en France commence à le devenir, cela va de plus en plus se développer. Les politiques et les villes se sont aperçues que cela pouvait rapporter pas mal de visibilité et d’argent. Cela crée beaucoup d’emplois, il y a un nouvel urbanisme à travers les festivals et son tourisme festivaliers, et on a du retard sur d’autres pays.

Photo en une : Edouard Hartigan

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