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Half Moon Run, hirondelles de nuit

Mumford & Sons, Radiohead, Patrick Watson, Daughter, Alex Clare… autant de passerelles musicales qu’on fait instinctivement en écoutant le pop-rock sensible d’Half Moon Run, beau comme un vol d’oiseau. C’est l’un de nos coups de cœur de la cinquième édition du Festival Beauregard, qui aura lieu à Hérouville St Clair les 5, 6 et 7 juillet prochains.

Trio basé à Montréal, Half Moon Run n’a pour l’instant qu’un seul album à son actif, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est prometteur : recueil de douze morceaux de pop rock extrêmement bien ficelé, « Dark Eyes » garde une belle couleur indie malgré une indéniable maturité. D’où la sortie mondiale prévue via Interscope pour l’été, après une sortie plutôt discrète chez Indica l’année dernière dans leur pays. On pense à Mumford & Sons un ton moins folk, à Daughter en plus millimétré ; à Patrick Watson pour l’émotion, à Alex Clare pour l’addiction. Percussions délicates et voix hirondelles qui dansent en ballet au-dessus de nos têtes, la formule paraît simple, encore fallait-il avoir le talent pour la mettre en œuvre avec autant de grâce.

La sensible Full Circle (ci-dessous) est l’introduction rêvée pour cet album aérien, où le chant de Devon se brise parfois soudain dans les hauteurs. Après la liquide et monotone No More Losing The War arrive l’instant magique : Need It, avec des chœurs et cordes couleur blues, un synthé ouaté, une guitare amoureuse. L’album se clôt sur deux pistes magnifiques : Fire Escape, lamentation épurée à la guitare où se glisse un harmonica à la mélancolie absolue, et 21 Gun Salute, notre petite préférée, qui lorgne du côté de l’électro lancinante à la Lapalux et du rock frénétique de Radiohead (deuxième extrait ci-dessous).

L’enregistrement de ce premier effort n’a pas été qu’une partie de plaisir. Dans une récente interview accordée à The Line Of Best Fit, ils parlent d’une expérience éreintante, parce qu’intense et étirée en longueur à la fois : obsédés par leur quête de la perfection, ils modifiaient sans cesse les morceaux qu’ils venaient enregistrer après leur journée de travail. Cette perfection, ils l’ont atteinte ; mais ce qu’on aime tout particulièrement, ce sont ces moments presque imperceptibles où on sent se craqueler le vernis sans bavure qui recouvre leurs compositions, et où on en perçoit la fragilité, cachée au creux de ces grandes mélodies pop.

Finalement, « Dark Eyes » est un album mouvant, qui change de couleur au soleil : une fois il nous embarque et nous colle au cœur comme un chewing-gum, une autre fois sa beauté nous paraît froide et terrible, et il nous laisse sur le quai, glacés jusqu’à l’os. Mais peut-être aussi qu’on est devenus un peu lunatiques.

En tout cas, le succès est au rendez-vous et le groupe a prévu d’enchaîner les concerts jusqu’à février 2014, avant de se pencher sur un deuxième album. A en croire les reports dithyrambiques de leurs concerts qui traînent partout sur le web (et leurs belles vidéos acoustiques), ils sont aussi bons en live qu’en studio… On a hâte de les voir à l’œuvre à Beauregard : verdict vendredi 5 juillet, 17h30 sur la scène A.

 

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