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Eh les snobs, la prog des Francofolies est quand même sacrément solide

L’aviez-vous remarqué ? Depuis quelques années, les Francofolies nous feraient presque oublier l’image vieillotte qu’on leur dessinait. Fini les projections de notre sacro-sainte chanson française sanctifiée dans les murs de La Rochelle, sorte de tableau en sépia d’un événement qui n’aurait rien compris aux jeunes gens. Le changement c’est maintenant (ou un peu avant en fait).

Bon OK on voit venir : « Mais vous débarquez complètement, ça ne date pas d’hier que les Francos défrichent ». Eh bien vous avez complètement raison. Voilà pourquoi il ne faut jamais attaquer une interview avec des pseudo-idées basées sur des a priori lus dans un paquet de Corn Flakes.

N’étant pas non plus forcément pour l’auto-flagellation et aimant à nous considérer comme un marqueur comme un autre de la société, on a quand même voulu se demander si ça venait vraiment de nulle part cette idée snob : « Les Francofolies auraient-elles discrétos opéré leur mue et seraient-elles enfin complètement rentrées dans leur XXIème siècle ? »

Alors oh, on se calme sur les insultes et on cesse immédiatement les lancers de patates de l’île de Ré, ça tâche notre ego. Côté Francos, Florence Jeux, contactée au téléphone, a démonté un par un toutes nos attaques saillantes, bien senties, préparées entre deux hater posts sur Facebook, qui avaient prévu de rétablir la vérité sur le Grand Tout, plan de vie n°1 de notre équipe. Et donc nous parler du festival dont elle s’occupe depuis 6 ans qui mêle habilement à-boire-et-à-manger, mais qui devient super solide quand il s’agit d’être repu.

Pour une plus grande mixité entre les mélomanes de ce monde, on sera donc ravis d’apprendre qu’un gars qui a découvert Voyou via une occurence YouTube vers un artiste de La Souterraine sera donc possiblement assis dans le même bar qu’un kid fan de Thérapie Taxi et peut-être même à la même chaise qu’une meuf ne jurant que par le premier disque de MC Solaar (les auditeurs de son dernier disque ayant déjà quitté cette Terre pour cause de « monde de merde »). Et puis, on pourra croiser le rap de Sopico, les Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant, ou une expo dessin d’Albin de la Simone, ça vous titille pas, tout ça ? Nous oui.

Tout ça se déroulera lors de l’édition 2018 des Francofolies de La Rochelle, du 11 au 15 juillet. Plus d’infos.

Florence Jeux

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l’interview

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Florence Jeux, Directrice Générale du festival et à la Direction Artistique également.

J’étais plutôt étonné de voir des noms que – il me semblait – les Francos ne m’avaient pas habitué à voir. Je pense notamment aux Bagarre, Sarah Maison, MNNQNS ou Voyou. Est-ce normal ou j’ai loupé une étape ?

Depuis plus de six ans, on a l’habitude de programmer plein de découvertes. Ça fait partie de l’identité des Francos : plus d’un artiste sur deux est un artiste découverte. Cette année, on n’a pas plus de scène que d’habitude, on a changé deux, trois petits détails mais c’est tout.

J’avais cette impression d’une volonté de plus d’ouverture encore. Et ça se retrouve sur le rap également avec Sopico, Loud, Joey Le Soldat ou Hyacinthe. Là aussi, vous avez mis l’accélérateur ?

Clairement, la part du rap a augmenté parce que c’est omniprésent. C’est devenu un style musical dominant. Maintenant, le rap ça peut être très large. Entre NTM, Loud, Orelsan et Hyacinthe, c’est très différent. Aujourd’hui, on met dans rap des choses très variées. C’est comme la variété.

C’est une adaptation aux nouvelles tendances ou il y a une réelle envie de programmer du rap?

Il faut savoir que Les Francos a toujours été précurseur sur le rap. Ça a été le premier festival à lancer des soirées rap. A l’époque, ça posait des problèmes parce que tout le monde était flippé à l’idée du public que pouvait rassembler les artistes rap. Aujourd’hui, il y a un vrai retour là-dessus. De la même façon qu’il y en a un sur la musique world, avec Bachar Mar-Khalifé ou Fatoumata Diawara. On fait en sorte d’être la vitrine de l’actualité musicale.

Le rap en 2018, ça ne choque plus personne aujourd’hui. Même aux Francos ?

Non, et ça dépend de ce qu’on entend par rap. Je me répète, mais si on prend Damso – NTM le 12, Orelsan le 14, et MC Solaar le 15, on est déjà sur trois esthétiques très différentes.

Naïvement, en voyant ces esthétiques et partis pris qui m’apparaissaient nouveaux avec le rap, la musique plus émergente et pointue, je me disais que le public des Francos n’avait pas l’habitude de ce genre d’artistes…

Le travail était déjà bien entamé. On a aussi le Chantier des Francos qui a 20 ans cette année, un programme d’accompagnement pour une quinzaine d’artistes qui passent par chez nous. Il ne faut pas oublier que les Christine & The Queens ou les Bigflo & Oli ont grandi à nos côtés.

Cette dynamique a été apportée par votre arrivée au festival.

Non, je ne suis évidemment pas la seule responsable de ça, mais quand on arrive à la programmation, on y met forcément un peu de personnalité, c’est sûr.

Qu’est-ce qui a été ajouté au festival, cette année ?

Radicalement, on n’a pas changé grand chose. On reste la vitrine des musiques francophones. Après, on a toujours des projets originaux. Cette année, on fait une grande fête à Véronique Sanson avec plein d’invités, on va explorer la ville pour mixer patrimoine et musique avec les Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant dans les tours de La Rochelle. On a aussi une programmation complètement dédiée au jeune public leur permettant de se balader dans la ville, avec Aldebert notamment. On a une programmation de docus musicaux, chaque matin, aussi, avec la possibilité de rencontrer les équipes, ou encore une expo de dessins avec Albin de la Simone.

J’ai une image très vieillotte du festival, finalement ?

L’image du festival a beaucoup évolué ces dernières années, notamment sur l’esthétique des affiches, sur la scénographie du site. C’est vrai que bon an mal an, tout ça conjugué, les gens prennent conscience que le festival est en mutation alors que ça fait déjà quelques années qu’on a initié le processus. Mais c’est vrai, vous avez raison dans l’idée que, peut-être, dans la tête des gens le festival est resté figé dans un passé où la programmation était très centrée sur la chanson française. Il faut du temps pour en prendre conscience. Il faut venir.

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