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Docu : les boutiques punk du Londres des 70’s

1965, le Velvet Underground explore le sale, le purulent, le croulant, ce qui dérange et qui est laid. Quitte à parler du mal, le sortir de l’ombre où il était tapi, l’exposer au grand jour et l’aimer, autant le faire dans le bruit et le chaos. Ça crisse, ça grince, c’est mal enregistré. On est à des années lumières de la danse de salon entre adolescents. Hop, un hymne aux drogues, l’Ode au sexe déviant, à tout ce dont l’Amérique puritaine essaye de se préserver en se cachant les yeux et se bouchant les oreilles. Sur scène, on prône le n’importe quoi, on se fout de tout dans la vie alors pourquoi agir autrement ? C’est ce nihilisme qui a nourrit une jeunesse rebelle, en soif de désinhibition. Ce qui est amorcé, va bientôt éclater, un peu plus fort encore. Il y a bien des prémisses de ce côté de la manche (coucou les New York Dolls) mais c’est à Londres entre les Clash et les Sex Pistols que ça se cristallise.

L’aventure punk surgit. Le punk qui désigne le sans-valeur, l’incohérence. Mais ce brouillon, ce temps d’insurrection viscérale, de rage bouillante est difficilement saisissable tant il désigne à présent un tout bien trop cohérent. Le punk c’est devenu une manière de s’habiller, une façon d’aboyer, des accords de guitares saccadés et le crachat éparpillé. Pourtant ça a été bien plus que ça.

Quoi de mieux qu’un documentaire, empli d’images d’archives pour approcher de plus près ce qu’était la période du « no future » ? Jappe Rogue et Harris Elliott se sont attelés à une tâche avec Punk: A Feeling of No Future. Celle de capturer un bout de l’anarchique et du bordélique. Don Letts, possédait une boutique, Acme Attraction, nichée sur King’s Road à Chelsea, à quelques pas de celle, plus emblématique, de Malcolm McLaren et Vivienne Westwood. Judy Blame (photo en une) et Roger Burton, styliste et costumier, se joignent à lui, forts de leurs témoignages d’une période vive et furtive.

Ensemble ils expliquent leur perception du genre, rappellent ses fondements. « Le punk d’un côté c’était dire ‘Hé, et nous alors?‘. » C’était la bande son d’une jeunesse particulièrement avide de soulagement d’un grondement interne. On apprend de ce court-métrage le rapprochement entre le reggae et le punk, on y cherche l’héritage présent, on y comprend l’intention du mouvement. C’est court, tout comme l’instant que ça couvre, c’est non-exhaustif, c’est subjectif mais c’est intéressant et brillant. Le fond sonore est angoissant, comme en suspens, les images sont belles, les témoignages poignants. Du coup, on s’est simplement dit que ça valait la peine de ressortir ça de sa tombe. Bon, c’est vrai, on se réveille un peu tard puisque c’est sorti il y a près d’un an sur Nowness, mais on vous l’assure : ça vaut le coup d’en reparler.

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