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Dead Drop, quand la musique fait le mur

Pour comprendre le concept, le plus simple reste encore de regarder cette photo. Oui, une simple clé USB encastrée dans un mur. L’idée de cet artiste allemand, Aram Bartholl, paraît toute conne, mais elle est en train de générer un véritable phénomène pour les aventureux urbains en quête de contenus exclusifs dissimulés dans les façades d’une ville.

L’échange de musiques, de films, de bouquins déserte ainsi momentanément le terrain du net. Présentée le 20 octobre dernier seulement à l’Eyebeam de New York, voilà que la Dead Drop déboule en France, et notamment à Lyon, où le label Bee Records et l’asso Galacticut ont fêté de cette manière la sortie du maxi de Miso Soup, « That’s the way the cookies crumbles ».

Discussion avec Benjamin Ancel, chargé de communication de Bee Records :

> La Dead Drop, une mode ou l’émergence d’un nouvel art urbain ?

J’ai envie de dire un peu les deux tant qu’on n’aura pas de recul sur la propagation ou non du phénomène. Ce qui est sûr, c’est que c’est une forme de street art et que l’artiste a envie que ça se développe partout dans le monde, il a écrit un manifeste dans cette optique. Le mouvement est né en octobre 2010 à New York, et il y a déjà plus de 140 Dead Drops dans le monde, ça a l’air de marcher !

> En France, une façon de dire « Ta gueule, Hadopi ? »

Hadopi, ou la non-réponse d’un gouvernement face aux soucis des producteurs indépendants tels que Bee Records et bien d’autres. Le mal est fait, le téléchargement pirate s’est développé de manière irréversible, à nous de vivre avec et de s’adapter, de redoubler d’ingéniosité pour susciter l’intérêt. Alors oui, on décide de démocratiser le peer-to-peer offline, parce qu’au moins, on sait ce qu’on distribue, comment et où. Et finalement, ça intéresse les gens, et ils découvrent un artiste qu’ils n’auraient sûrement jamais découvert autrement, ni même en téléchargement illégal…

> L’endroit le plus improbable où tu aimerais trouver une Dead Drop ?

Le plus improbable ? L’église de Rennes-le-Château, une clé dans laquelle on aurait tous les secrets à propos des pommes bleues… Autrement, je pense à des endroits pratiques plutôt, dans les gares, ou les trains, les salles d’attente ou tout autre endroit où on peut être amené à tuer le temps, ce serait un bon moyen. On pourrait y trouver des vidéos, des recettes de cuisine, du son…

> Au delà du buzz actuel, comment entendez-vous pérenniser cette nouvelle diffusion de fichiers à Lyon ?

Maintenant que ces clés sont installées, on va régulièrement les mettre à jour avec des nouveautés de sons, des inédits, des remixes… de l’exclu quoi ! L’autre intérêt sera de voir ce que les autres auront laissé dessus, j’ai déjà récupéré une version pdf d’un magazine lyonnais par exemple, je l’aurai pas lu autrement… On y trouvera peut-être des nouveautés en sons d’artistes qui cherchent un label. Et puis j’ai l’impression qu’on va voir fleurir des clés USB sur nos murs dans les semaines à venir, on risque aussi d’en installer d’autres, sans forcément en faire la promo.

> La campagne aussi aurait droit à ses Dead Drops, non ? Dans un arbre ?

Bien sûr, libre à chacun de développer ça, d’installer des clés USB partout. Après, pour l’arbre, techniquement, pas sûr que mettre du ciment soit forcément très bon ou pratique, mais pourquoi pas ? Globalement, j’ai quand même l’impression que ce soit une tendance plutôt urbaine…

> L’artiste allemand Aram Bartholl, initiateur du concept, fourmille d’autres idées imparables. Hormis les Dead Drops, laquelle te plaît le plus ?

On a découvert l’artiste et les Dead drops en même temps, ça nous a permis de voir d’autres de ses créations, et on peut vraiment le féliciter pour sa créativité et les moyens qu’il met en œuvre pour réaliser les idées.

Mon top 3 :

les icônes Google Map

les noms au-dessus des personnes, façon World of Warcraft

comment faire une voiture Google Earth

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Ps : plusieurs blaireaux lyonnais vandalisent les clés USB, mettant à mal le développement du concept. On vous le répète : ne prenons pas les cons pour des gens.

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2 commentaires

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L’équipe sourdoreille 25.01.2011

> Comment peut-on connecter un iphone ou un ordi à une clé USB de ce type, pas très pratique, non ?

La clé dépasse suffisamment du mur pour pouvoir la connecter à un ordinateur, justement. C’est le principe. Avoir un câble ralonge USB peut être encore plus pratique et confortable, c’est vrai.

> Comment fait-on pour alimenter le contenu de la clé cimentée ? Qui peut le faire ?

Tout le monde peut alimenter le contenu. Elle n’est pas verrouillée, et une fois connectée, on peut l’utiliser comme une clé normale.

> Les clés usb sont-elles recensées quelque part ?

Oui, pour Lyon par exemple : http://www.galacticut.com/deaddrops_misosoup.html

Mais là en l’occurrence, les clés étant vandalisées, elles sont momentanément pas dispo, il me semble.

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bigfly 25.01.2011

Intéressant mais cet article manque de précisions.

Comment peut-on connecter un iphone ou un ordi à une clé USB de ce type, pas très pratique, non ?

Comment fait-on pour alimenter le contenu de la clé cimentée ? Qui peut le faire ?

Les clés usb sont-elles recensées quelque part ?

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