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Ce bon vieux Leon Vynehall

Peu d’artistes ont, par le passé, reçu autant d’éloges sur Sourdoreille que Leon Vynehall. Imaginez donc notre excitation quand on a su qu’il revenait avec un nouveau projet alliant roman, court métrage et album. On a donc décroché notre téléphone et tapé la discute à l’ami Leon.

En deux EP, Leon Vynehall nous avait bien aisément conquis et s’était imposé comme l’un des cadors de la house européenne. En réécoutant son tube « House of dupree » ou son projet Rojus, on pensait que cet album nous offrirait de nouvelles petites friandises house. Que nenni. Pas de house à l’horizon, mais un album beaucoup plus orchestral porté par un ensemble de dix cordes, un piano, ou encore un saxophone. Première conclusion : non, Leon Vynehall ne sait pas faire que de la house, et c’est le moins qu’on puisse dire. « J’ai fait beaucoup de musique de club, et les gens peuvent déjà écouter ça sur mes projets précédents. Cette fois-ci, il y avait une dimension narrative derrière le projet qui ne collait pas avec l’aspect dancefloor de la house. »  

Notre gus n’en est pas à son premier coup d’essai, cet aspect narratif, justement, a toujours été présent dans les projets de Leon Vynehall. Il avait par exemple raconté l’histoire d’une nuit en club dans Rojus. Pourtant cette fois-ci il a poussé le concept encore un peu plus loin, s’inspirant de l’histoire de ses grands-parents immigrant aux États-Unis à la poursuite du rêve américain, pour écrire lui-même le roman servant de matière première à l’album. « J’ai mis 4 ans à finir ce projet parce que j’avais besoin de la littérature pour pouvoir composer la musique. Chaque note, chaque son dans cet album est directement ou figurativement lié à des mots, des phrases ou des chapitres du livre. »

leon (2)

Au-delà de l’histoire romancée de ses grands-parents, on lit dans ce projet des réflexions sur le regret, l’amour, la famille, qui enrichissent la composition musicale. On pourrait presque comparer cet album à une bande originale qui viendrait tout simplement appuyer et illustrer le propos. Et Leon nous l’accorde : « Cet album c’est une BO, mais c’est la BO de ma propre histoire. La prochaine fois, j’aimerais composer pour quelque chose qui ne vient pas de moi. » On rassure quand même les quelques flemmards qui se trouvent peut-être parmi vous, il n’est pas indispensable de parcourir le roman pour apprécier le disque. Ouf.

Mais ce que l’on aime par dessus tout chez Leon Vynehall c’est sa capacité à produire une musique exigeante en ne tombant presque jamais (il ne faut jamais dire jamais ?) dans une facilité dans laquelle beaucoup de producteurs se laissent aller volontiers. Cet album en est encore une fois la parfaite illustration, peut-être plus encore que ses projets précédents.

« C’est certain que ça a été le plus gros challenge de ma carrière. C’était beaucoup plus dense. J’ai fait attention à ce que tout s’accorde parfaitement, que le tout soit cohérent. C’est certain que ce n’était pas facile, mais c’était très agréable. » Ce disque est d’ailleurs le premier qu’il considère réellement comme un album, comme s’il avait voulu attendre le bon moment: « J’ai l’impression que ce projet a beaucoup plus de sens, et qu’il peut être appelé album, c’est juste un sentiment que j’ai.« 

Leon prépare également un live, accompagné de musiciens, pour ajouter une nouvelle dimension au projet. « Le live sera une amplification de l’album. Si un morceau est calme dans l’album, il sera très calme en live, et à l’inverse s’il est très bruyant ça le sera encore plus. Je veux être capable de toucher les gens physiquement et émotionnellement. » Et quand on lui demande s’il n’a pas peur que son public soit désorienté par le virage que représente ce projet dans sa discographie – car il y en a déjà, et on ne peut pas leur en vouloir – il répond tout simplement : « Je n’ai jamais peur, je suis plus curieux de voir ce que les gens en pensent. J’ai beaucoup travaillé pour arriver à quelque chose qui me plaisait vraiment. C’est juste un nouveau chapitre de mon évolution musicale.«  

Difficile en effet de ne pas penser tout de même à ce classique du mec qui fait de la musique dancefloor et qui, arrivé à l’âge adulte, se met aux orchestrations, au bouquin, bref, à une Ambition, à une Oeuvre, ou comme on dit dans le jargon « faire une Apparat ». Des fois un peu chiant.

Finalement, si on devait vous donner un dernier argument imparable pour vous convaincre de vous lancer dans la découverte de ce projet, on vous dirait que la grand-mère de Leon a validé le projet : « Elle m’a envoyé un texto la semaine dernière pour me dire qu’elle avait beaucoup aimé le livre et le disque, donc c’est bon, j’ai bien fait mon travail ! » Si ça suffit pas, on sait pas ce qu’il vous faut.

Nothing is Still sort le 15 juin sur Ninja Tune et Leon Vynehall sera en live au Café de la Danse le 20 juin.

Crédits photos : Phil Sharp

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