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Bertrand Betsch, le coeur lourd

Un heureux hasard nous a amené à écouter les nouvelles compositions de Bertrand Betsch. Et le devoir nous impose aujourd’hui de vous inciter à en faire de même. Vous, les amoureux de chansons. Et vous autres, qui ne demandez qu’à mieux découvrir ses meilleurs représentants.

On ne sait jamais vraiment comment un homme devient un chanteur. Ni quel lien se tisse ensuite intimement entre l’un et l’autre. On ne sait jamais non plus à quel moment tous ces petits points, mis bout à bout, tracent enfin la ligne directrice d’une carrière qui prend trop souvent l’apparence trompeuse de pointillés.

Regardez Bertrand Belin, par exemple. Après deux disques de bonne facture, il sort Hypernuit en 2010. Pour certains, une simple confirmation. Pour beaucoup cependant, un choc. Idem quelques années plus tôt avec Le fil de Camille. La machine médiatique expulse subitement le grain de sable qui s’y était glissé sans qu’on y prête davantage d’attention. Cette même machine met alors en place les rouages d’un succès dont la fragilité confine parfois, au mieux, à la loterie, et bien plus souvent, à l’injustice.

A ne plus trop savoir s’il passe justement entre les gouttes ou s’il n’échappe au contraire à aucune averse depuis le début de sa carrière, Bertrand Bestsh est dans cet entre-deux étonnant, jouissant du statut d’un chanteur installé sans être pleinement reconnu. Son public est pourtant tout sauf une illusion. Il est là. Attentif et généreux. Comme lui. Mais discret et tapi dans l’ombre. Comme lui. Lui, ce chanteur qu’une extinction de voix de plusieurs mois interminables a fait taire.

Quand on écoute La vie apprivoisée, qui paraîtra le 30 septembre prochain, deux questions se percutent et résonnent en écho : est-ce nous qui n’avions pas assez pris la mesure du talent de Bertrand Betsch ? Ou est-ce plutôt lui qui vient de se hisser à un niveau qu’il avait peut-être lui-même sous-estimé ? Ni l’un ni l’autre, plus probablement. Toujours est-il que « Les hommes douleurs », premier morceau mis à disposition, a titillé nos oreilles. C’est un euphémisme. Avec un peu plus de courage, on aurait l’honnêteté de reconnaître qu’il nous a surtout pris à la gorge.

Bien sûr, on a ensuite demandé à écouter l’intégralité du disque. Cela faisait une éternité. Un disque à l’image d’une vie faite de reconnaissances, de chutes, de rebonds, de fuites en avant, de ratés et d’élans de grâce. Avec en définitive, ses hauts et ses bas qui illustrent vingt ans d’une carrière dont on doit avouer qu’elle est si conséquente aujourd’hui qu’il en devient difficile de refaire immédiatement l’intégralité du chemin en arrière. Non pas qu’il soit trop tard. Au contraire, il est encore trop tôt pour regarder autrement Bertrand Betsch tel qu’on l’a toujours fait. Il vient seulement de nous attendrir. Mais puisqu’il semble si habilement en prendre la direction, laissons-lui maintenant un peu de temps pour trouver notre cœur et tenter de l’apprivoiser.

Photo : Stéphane Merveille
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