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Andrés, le gardien du groove de Motor City

A en juger par une exposition médiatique presque inexistante pendant ses 20 ans de carrière, Andrés s’en sort plutôt bien. Il est un de ces mystères pour bien d’entre nous, un de ces hommes de l’ombre qui dès lors qu’il a été mis en lumière, révèle l’immensité de son talent : celui d’un véritable génie du groove, aux multiples facettes malicieuses. Du hip-hop à la house, il n’y a qu’un pas. Portrait de l’artiste et panorama de ses différents projets.

DJ DEZ

Andres - Dante Meters - London PhotographicDJ Dez aka Andrés – Dante Meters – London Photographic

Originaire de Détroit, partiellement élevé en Californie, l’adolescent aiguise ses dents en découvrant le DJing dans une scène locale en pleine ébullition, avant de revenir quelques années plus tard à la Motor City avec sa famille. Travaillant au légendaire Buy-Rite Records Store (connu aujourd’hui sous l’enseigne Music Center), lieu même où un certain Kenny Dixon Jr (Moodymann) recevait son petit chèque de fin de mois, notre DJ est déjà un chineur et archiviste de vinyle certifié. C’est une rencontre au milieu des années 90 qui marque le tournant décisif pour sa carrière et qui encore aujourd’hui l’influence au plus haut point. Une rencontre avec celui qu’il considère comme un frère, un gourou : un certain James Dewitt Yancey, autrement dit J Dilla.


DJ Dez – All Day All Nite

Dans les 90s, Dilla se lie d’amitié pour Andrés et le recrute pour devenir le DJ de son groupe de l’époque, Slum Village [Classique de chez les classiques, le groupe de hip-hop de Détroit fait ça]. Dès lors, tout s’enchaîne très vite pour celui qui se fait encore seulement nommer DJ Dez. Sa carrière dans le hip-hop est lancée et se poursuit entre projet solo et collaborations : Slum Village, Lloyd Banks, Truth Hurts, Erykah Badu, Jurassic 5. Parallèlement à ce travail de donner un bon coup de groove au paysage du rap US, notre homme commence à explorer l’héritage house de sa ville natale dès la fin des années 90 sous le pseudonyme d’Andrés.

ANDRÉS

andres (1)Andrés

« Well, I’m not really the “house” guy. I’m not on the house scene like that. I’m a fan of some of
that music, and I’m a fan of them ol’ funk, disco and boogie records.
I feel like that’s me showing my love for those kind of records, as well as the Brazilian stuff and electronic stuff or the techno stuff.
My music is kind of a blend of all that. »
 [Interview pour Cult Montreal]

Si J Dilla fut l’homme aux côtés de DJ Dez dans le hip-hop, Moodymann fut celui présent lors des productions house d’Andrés. S’associant à son ancien collègue de travail pour sortir ses premiers projets, cette alliance mènera à une collaboration très prolifique sur les labels KDJ [label KennyDixonJunior de Moodymann] et Mahogani Music [sous-label de KDJ].

MoodMoodymann

A ses débuts, on confond même Andrés à Moodymann, supposant le second être derrière un nouveau pseudonyme. Mais, avec trois longs albums acclamés, une dizaine de EPs à son actif, sans compter le nombre de remixes effectués et de scènes un peu partout dans le monde, nul doute n’est permis concernant son existence. Sa musique est capable de mélanger le jazz, le hip-hop, d’accommoder les percussions latines, d’ajouter une pincée de funk, de soul, de disco. L’ensemble ne tombe pourtant jamais dans la prépondérance, sa house est toujours construite en finesse, conscient que ce subtil mélange des genres ne doit pas pour autant être diluer de saveurs. Ses productions sentent l’été et il y fait bon vivre. Andrés possède sa propre patte : simpliste pour certains, facilement reconnaissable mais difficilement imitable.


Andrés – And This Club Song (1997)

L’ensemble de son oeuvre a permis à Andrés d’être placé sur la carte comme figure polyvalente de la scène house. Faisant de lui, par conséquent, un homme très recherché par certains aficionados mal attentionnés, n’hésitant pas à acheter et revendre ses premières productions à prix exorbitant sur les sites d’enchères en tout genre [Source : interview d’Andrés pour FACT Magazine de mars 2012 – à partir de 4’35]. Pour contrer cet effet néfaste et permettre également de redécouvrir certains de ses classiques, qu’on aurait pu qualifier de perdus, Andrés s’est décidé à créer en 2012, (toujours sous l’impulsion de son ami Moodymann), son propre label nommé La Vida sur lequel il a signé son désormais classique « New For U » [sacré meilleur morceau de l’année selon Resident Advisor, en 2012].

THE ROTATING ASSEMBLY


The Rotating Assembly – Mess I Made

Percussionniste de talent, il est invité à se joindre en 2004 à The Rotating Assembly, collectif monté par Theo Parrish regroupant d’une vingtaine d’artistes tels que Marcellus Pittman, Rick Wilhite, Warren Harris, etc… Claviers, voix, percus, trompette, guitare, basse et machines peuplent ce projet qui sera les premiers éclats de Parrish en chef d’orchestre. Aucun concert donné mais un disque (Natural Inspirations) et deux EPs de soul, jazz et house qui sonnent organiques et live.

A DRUMMER FROM DETROIT


A Drummer From Detroit – Part Two

C’est sous le nom A Drummer From Detroit que l’essence même d’Andrés pourrait se définir : A Drummer, en l’honneur de son premier amour que sont les percussions. From Detroit, pour son origine, sa ville de toujours. La boucle est bouclée. Si Dez / Andrés est né sous l’influence musicale de sa ville natale, il tire aussi sa riche identité de son père : Humberto « Nengue » Hernandez (qu’Andrés convie sur son morceau « About Time »), musicien talentueux de la scène jazz de Détroit, chanteur et percussionniste ayant joué avec Mango Santamaria, Santana, ou encore Cachao Lopez. Possédant là le tuteur parfait, Andrés ne s’en prive pas en apprenant dès son plus jeune âge les percussions. Timbales, conga, bongo et autres instruments de percussions n’ont jamais eu de secret pour lui. Mais, qui en doutait encore ? Résultat, un EP sorti en 2011 dont on espère une suite un jour.

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2 commentaires

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marcel jeanpretre 23.04.2019

yes, my friend, super article, j’adore andres, a-t-il réalisé ces ep andres 1, 2,3,4 sous forme de cd? si oui, peut-on les trouver à la fnac? dommage qu’andres ne soit pas plus connu sous nos latitudes, son set’ fuck and soul lab london’, c’est une vraie tuerie. franchement, a cote d’andres, guetta et la soi-disante ‘french touch’, c’est vraiment des enfants de choeur. merci andres de nous faire jouir avec ta musique

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Ivan Halen 08.02.2018

Super article !!

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