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A Nantes encore et toujours, le Soy Festival

Rock indé, post-punk, noise, psyché, glam-rock, musiques électroniques expérimentales… C‘est un peu barbare tout ça mais révélateur de la richesse de la programmation du festival SOY. Organisée par l’association Yamoy, cette véritable institution nantaise était de retour ce week-end pour une 13ème édition pleine de surprises attirant autant les mélomanes comme les plus curieux de tes amis. Petit retour nostalgique sur les soirées de vendredi et dimanche avec cette question : y a-t-il eu moy’ ou pas ?

Soy Vendredi

Depuis 2003, SOY investit des lieux nantais emblématiques (Lieu Unique, Stereolux, blockhaus DY10, château des Ducs de Bretagne) pour 5 jours de musiques aventureuses. Le festival a à cœur la promotion d’artistes atypiques entre découvertes prometteuses (François Virot, Rats on Rafts, J.Fernandez) et références pointues (Suuns, Protomartyr, Girls Names, Ariel Pink). Oui, c’est un peu le genre de festival où on va les yeux fermés.

Vendredi, petite randonnée dans les rues humides de Nantes pour arriver à la maison de quartier de Doulon, où SOY logeait ce soir. A coup sûr, c’est la salle typique d’une bonne vieille kermesse. Sur scène, Jack Name a déjà entamé son live à quatre mains. La pop psychée de l’Américain prend un tout autre aspect, plus mentale, plus ambiante. Les phases d’envoûtement succèdent à des moments plus creux où l’attention s’échappe.

Puis viennent les zinzins Rats On Rafts qui créent la surprise et parviennent à imposer leur post-punk à un public jusque-là très statique. Elle est là, la claque qu’on attendait. Le live se veut sans détours, très efficace avec une véritable présence scénique. Les Hollandais n’ont rien à envier aux Américains énervés de la côté ouest. Tout excité et impatient à l’idée de voir l’ambassadeur décoloré de la pop lo-fi, le public guette l’arrivée d’Ariel Pink. Nonchalant, il débarque sur scène avec ses cowboys. Chose pénible, des problèmes de son viennent perturber le concert. Les larsens à répétition arrachent nos oreilles et défigurent la star qui finit par s’énerver. Gros malaise dans la salle. On est quand même convaincus que sans ces soucis, le set n’aurait pas plus de saveur. Les tubes de son dernier excellent disque Pom Pom paraissent bien fades en live. On entendra à peine la voix du bonhomme. Seul le batteur en bikini vert dans son peignoir zébré nous arrachera des sourires. Encore merci mec. On quitte la salle avec l’impression de se balader au milieu d’un trombinoscope de gens qui tirent la gueule. Normal, nous aussi. Pas moy’.

Soy Dimanche

Suite à un vortex temporel, le samedi n’a pas été suivi par notre équipe. Dimanche, on se pointe donc au SOY en espérant prendre notre dose journalière entre nos deux oreilles. Cette fois, il faut monter les escaliers en bétons du Lieu Unique. Surprise, c’est un tout petit comité qui chahute devant la scène. Fait peu commun en festival, SOY propose le soir même une fusion de groupes hyper originale. Pour l’occasion, Burnt Ones et Creeping Pink, de l’écurie Castel Face Records (Thee Oh Sees, Ty Segall), forment le super band de la soirée. Dans une arène de 4m2 à peine, c’est une bagarre de riffs et de claviers aux moments de grâce qui commence. Ils nous envoient en pleine face leur garage aux effluves psychédéliques. On est dimanche soir, on est mou, mais ça fait du bien.

Dans un vrai trip dominical, le duo Father Murphy débute son set tel une messe noire. Plus qu’un concert, presqu’une performance mystique et l’approche en elle-même mérite de l’attention. On ne sait pas trop si c’est la concentration qui faiblit avec la fatigue ou si c’est réellement chiant mais les voix désordonnées conjuguées au vacarme assourdissant de la guitare ont vite fait d’agacer. Peu à peu, des spectateurs s’éloignent. Vers la fin du set, la guitare est mise de côté au profit de percussions électroniques, ça devient moins monolithique. Un soulagement.

Heureusement on peut compter sur le jeu chaleureux et pétillant de François Virot et son groupe qui jouaient pour la première fois ensemble son nouvel album (à paraître en décembre). Les sourires et les danses enjouées des garçons ont eu raison de nous. De l’innocence, des chansons folk un peu noisy, le tout super guilleret, c’était vraiment ce qu’il nous fallait pour ce soir. Une vague de sourires et d’applaudissements envahit les quelques spectateurs. On a presque l’impression d’être tous copains à ce moment là. Merci à François et ses gars. « Le meilleur pour la fin », c’était vrai ce soir-là. Ce soir, y’a eu moy.

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