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TDJ ou l’émouvant revival eurodance

Connue sous le nom de Ryan Playground, la productrice et DJ québécoise crée avec TDJ (pour Terrain De Jeux) un alias musical rempli de synthés, de beats et d’émotions. De l’eurodance donc, genre qui ne cesse de s’imposer dans nos playlists et qui mérite tout le bien que l’on dit de lui.

From 2020 to 1993. On ne saurait trop dire quand et comment cela s’est passé, mais toujours est-il que nous voici depuis quelque temps en plein dans un revival eurodance. À vrai dire, cela fait plus d’un an, facile. On ne saurait dire le pourquoi d’ailleurs, et c’est peut-être le plus intriguant. Pourquoi toute une scène électronique, en France, en Europe et partout dans le monde, s’empare de cet héritage, des codes musicaux et des esthétiques d’une des musiques les plus attachantes (et répulsives) de cette décennie de tous les excès que fut les 90’s ?

C’est une lame de fond qui est sur le point de devenir une « tendance », si l’on ose utiliser un terme aussi passe-partout, que l’on n’avait pas tellement vu venir. Un mouvement rafraichissant, joyeux, énergique, presque naïf qui fait du bien à nos dancefloors – enfin, ce qu’il en reste. Non pas que l’on tournait en rond sur la piste. La musique électronique, à l’instar du rap, est en constante évolution. Une évolution dans les méthodes de production, cela va sans dire, et également dans les formes, les esthétiques, les styles, genres, sous-genres et niches.

Les artistes, leurs musiques, les époques : jamais tout ceci n’a autant voyagé, ne s’est autant imprégné des autres et des mélanges. C’est probablement comme cela que l’on se retrouve à réécouter « Children » de Robert Miles, le sémillant « Better Off Alone » d’Alice DJ ou le non-moins épique « On The Beach » de York. Et si l’on doit tenter de résumer le tout, cela donnerait un cocktail à peu près égal à ça : riffs de synthés criards, envolées mélodiques pompières, break larmoyants, le tout accompagné par de lourds battements à une vitesse souvent au-dessus de la normale autorisée et sans aucune bande d’arrêt d’urgence.

C’est peut-être avec tout ceci en tête que TDJ a composé son dernier EP, TDJ001. D’abord connue sous le nom de Ryan Playground, la productrice et DJ québécoise a créé cet alias pour y composer des tubes à destination des hangars et de nos cœurs fragiles. Ou c’est peut-être bien sa reprise acoustique et aérienne d’Alice DJ, encore elle, qui a créé le déclic. Toujours est-il que cet EP quatre-titres (dont une version longue) est une synthèse parfaite de ce qu’il existait de beau, de touchant et de bancal quand l’eurodance affolait les charts.

« Quest For Glory », titre-tube du disque, est une double montée d’adrenaline, un roulement de tambours acid avant qu’un arpège élégiaque nous libère de toute cette tension. Cinématique et visuelle, aussi : cet enchevêtrement synthétique se prête à merveille aux images, preuve s’il en fallait par l’artiste elle-même avec le spectaculaire clip du-dit morceau. On sent enfin une patte « 2020 », un sceau qui date le tout ; la production est fine, nette, sans bavure mais avec émotions, car c’est là tout l’enjeu.

L’eurodance – et la musique de TDJ – puise sa force dans la démesure, l’immense, l’over the top. C’est bien parce qu’il est un genre musical excessif que cela nous touche autant. Un ascenseur émotionnel à consommer avec modération, sous peine de voir disparaître toutes barrières de sécurité et de se trouver à pleurer sur le dancefloor, quand il rouvrira un jour.

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