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Vous cherchez de la tendresse et du spleen ? Dites Hoorsees

Si Hoorsees se traduisait en portugais ça s’écrirait “saudade”, un terme recouvrant un sentiment complexe mêlant mélancolie, nostalgie et espoir. Celui éprouvé face au souvenir d’un temps révolu. Peut-être la fin d’un été avec de l’eau tiède et les baisers salés d’un amour perdu à jamais.

Certains concerts bouleversent. C’est le cas de celui que le groupe parisien Bryan’s Magic Tears donne en janvier 2017. Dans la cave sombre et moite de sueur de la Mécanique Ondulatoire, antre iconique du rock de l’est parisien aujourd’hui fermée, Alexin vit une prise de conscience rare. Il rentre chez lui, l’esprit encombré d’idées et, envahi d’une pulsion créatrice, se met à enregistrer des démos dans sa chambre, le soir même.

Depuis il ne s’arrête plus. Il bosse seul et vite. Jusqu’alors il n’officiait qu’avec la bande punk Dr Chan qui ne lui permettait pas d’exprimer sa nature lunaire et ses états d’âmes. Résultat de cette soirée : des compositions bedroom pop attachées à une esthétique lo-fi et des paroles qui se font le reflet d’un malaise diffus rappelant The Drums ou encore Pavement. 

À l’écoute de celles-ci se dessine tout un film. Peut-être un long-métrage indépendant tourné dans les années 1990 et retraçant l’histoire d’un bal de promo raté. Des images soufflant qu’Alexin fait partie des derniers des romantiques, capable d’exprimer avec justesse une dualité propre à l’adulescence – cet âge entre l’adolescence et l’âge adulte. Celle qui réunit à la fois émois juvéniles et assujettissement aux lois de la vie responsable, de la “dure” vie. Celle qui évoque à la fois le sentiment d’espoir et celui d’une solitude inévitable. Dans Pitfall il répète le terme “sadness” comme pour nous rappeler que la mélodie entraînante que l’on entend n’est qu’une illusion. Une recette universelle qui allie le clair à l’obscur, la joie à la tristesse ; un équilibre parfait semblable à ce que les psychophysiciens nomment le “bliss point”.

Il a embarqué dans son exutoire Zoé, Thomas et Nicolas, trois musiciens dont la vingtaine n’entrave pas un grand talent et pour qui ses afflictions résonnent. Retrouvez-les ce vendredi 5 avril au Supersonic pour un concert ingénu qui pourrait bien vous bouleverser. Qui sait ce qui pourrait arriver ?

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