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Festival Art Rock : Biolay Vs Woodkid, les montagnes russes

On fête les 30 ans d’Art Rock à Saint-Brieuc. Soirée d’ouverture 100% française, avec Lescop, Lou Doillon, Benjamin Biolay, Woodkid et Breakbot. Focus sur deux d’entre eux.

Vendredi 17 mai 2013, 21h20. Benjamin Biolay. Il y aura toujours les pour et les anti. Ceux qui l’adulent et ceux qui n’ont jamais pu l’encadrer et pas spécialement disposés à faire le moindre effort. On reconnait volontiers que Benjamin Biolay est la tête de turc préférée d’un paquet d’amoureux de musique. Il a parfois tout fait pour, avec ses petits airs de mec distant et supérieur. Admettons. Mais il y a une chose qu’on enlèvera jamais à ce garçon : sa classe de compositeur. Et on parle ici à la fois de paroles et de musique. De « Rose Kennedy », paru en 2000, à « Vengeance » sorti l’automne dernier, Biolay a souvent joué dans la cour des grands auteurs. Quant à la scène, on n’avait encore jamais eu l’occasion de voir comment l’essai était transformé. Rapidement, on se rend compte que quelques clichés seront malmenés : c’est un type pas vraiment suffisant, mais généreux et entier qui se présente à nous. Cette tournée est encore ancrée autour des vibrations rock. Secouer un auditoire pour mieux l’épouser. Biolay est d’abord un jouisseur et son plaisir, sur cette grande scène d’Art Rock, est évident. Le show est taillé pour les foules, lui qui va s’enchainer une palanquée de festivals d’ici la fin de l’été. Ses textes, si précieux, peinent parfois à prendre l’espace. Alors il faut tendre l’oreille, essayer de ne pas en perdre une miette. C’est bien-sûr peine perdue, mais Biolay compense aisément par son aisance et son rentre-dedans maitrisé. Qui, aujourd’hui, ose autant au moment de chanter ses textes ? Pas grand monde. A seul titre d’exemple, la lente progression sur A l’origine était d’une grâce folle, au service d’un set superbement bien construit. Pour réaliser ce qu’il appelait lui-même de ses vœux : « une orgie sonore haut de gamme« .

Une heure plus tard, Woodkid. La nuit est tombée sans qu’on s’en rende compte. Et après l’intense prestation de Benjamin Biolay, Woodkid et ses complices vêtus de noir auront franchement du mal à nous donner le frisson. Pourtant, ils nous en mettent plein la vue, à grand renfort de cuivres et de tambours, et d’images de cathédrales projetées en fond de scène. Tout est réglé au millimètre, jusqu’au désormais traditionnel « J’ai une grande nouvelle à vous annoncer : I love you« , introduisant son nouveau single. Mais rien n’y fait : en live, ses compositions grandioses peinent à décoller, et finissent par se perdre dans la nuit. Alors oui, Yoann Lemoine est extrêmement talentueux. Sa voix et ses mélodies nous ont souvent tiré des larmes. C’est pour ça que ce concert à la précision quasi-médicale et à la grandiloquence surjouée, on préfèrera l’oublier. En espérant changer d’avis bientôt.

Photo : Ouest-France/Marc Ollivier

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