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The year after French 79

En à peine un an, il en est arrivé des aventures à Simon Henner, alias French 79. La sortie de son premier album « Olympic » a été couronnée d’un sacré succès médiatique et d’une tournée par-delà les frontières européennes. Un an plus tard, l’heure du bilan a sonné. L’occasion de lui poser quelques questions sur ce début de carrière flamboyant, de causer avenir et de nous dévoiler le premier extrait de son prochain EP ; que vous avez sans doute déjà entendu en live pour les plus fidèles adeptes du Marseillais.

Question sans doute déjà posée 1000 fois mais nécessaire pour recontextualiser, tu es membre de Nasser et Husbands, deux groupes purement marseillais. A quel moment tu t’es dit que tu allais prendre le devant de la scène en solitaire ?

Je suis un peu un boulimique de la composition, et je me suis retrouvé avec pas mal de titres plus electro que je faisais écouter à ceux qui passaient au studio. Ce sont un peu toutes ces personnes qui m’ont poussé à sortir ces titres et à me produire en solo. J’ai commencé par sortir un EP qui a très bien fonctionné avec notamment le titre « Between the Buttons » (qui ouvre mon album Olympic). Entre temps on m’a demandé pas mal de remixes (les anglais de NZCA/Lines et Field Music ou encore la légende française de la cosmic disco Black Devil Disco Club, ndlr). Progressivement tout s’est mis en place et mes premiers concerts en solo s’étant incroyablement bien passés, j’ai continué sans trop y réfléchir.

On ne s’attend jamais à un engouement soudain. Tu es l’exemple du type qui bosse en solo et qui d’un coup est synchronisé et playlisté, le sentiment est forcément agréable… mais un peu étrange aussi ?

J’ai toujours l’impression que ce que je produis ne plaira pas à grand monde surtout que je l’ai fait dans mon coin, en solo, sans avis extérieur. C’était pour me faire plaisir à mes heures perdues. Personne ne m’attendait au tournant. C’est plus que réconfortant de recevoir autant de feedbacks du public et des médias, mais aussi de l’audiovisuel qui semble adorer ma musique pour habiller leurs images.

Au niveau des ventes, on est loin du disque d’or, mais ça ne t’a pas empêché de produire un vinyle édition dorée de ton album, maintenant sold-out. Tu comptes faire un vinyle en diamant, bientôt ?

On pourrait sortir « Diamond Veins » en version diamant, un unique exemplaire comme le disque du Wu-Tang. En tout cas, le vinyle, dans son édition standard comme dans son édition limitée dorée, s’est incroyablement bien vendu. Et à la fin des concerts c’est cool de pouvoir dédicacer des CD et des vinyles, j’ai même une superbe édition K7 avec un remix inédit dessus.

Tu t’es même retrouvé à faire une tournée en Chine récemment. Comment ça s’est produit, et comment as-tu perçu l’accueil chinois ?

J’ai un excellent tourneur qui m’a permis de jouer dans les meilleurs festivals en France (Marsatac, Vieilles Charrues, Detonation, Nordik Impakt, Printemps de Bourges…) mais aussi en Belgique (Dour), à la Réunion (Sakifo), en Italie, aux Pays Bas, en Equateur, en Suisse… et donc en Chine. Je ne savais pas à quoi m’attendre mais ça a été la folie à Pékin et Shanghai. Franchement le public était fou. Dans d’autres villes, c’était parfois un peu plus compliqué au début dans le sens où ils n’avaient jamais entendu de musique électronique, mais au final, ils sont tellement enthousiastes qu’à partir de la moitié du concert, ils étaient tous à fond.

Tu as été filmé aux Vieilles Charrues, en fin de journée face à une MIA que presque tout le monde a boudé en constatant qu’elle chantait en playback. On entend et voit le public complètement en furie. Tu as aussi clôturé le Dour festival. Le petit kiff personnel ?

C’était un week-end de dingues… Je pense que ça se voit sur les différentes vidéos pros ou amateurs. Aux Vieilles Charrues c’est un public plus hétérogène et familial, mais je pense que mes mélodies font que me musique plait à différentes générations. J’appréhendais un peu Dour car le public y est hyper exigeant : je clôturais le festival et m’attendais à ce que les Belges soient épuisés, mais en fait ils sont carrément venus en courant au concert, à la fin tous les bénévoles du festivals sont montés sur scène.

Je me souviens particulièrement t’avoir vu à une Nuit Zébrée à Montpellier, où j’avais passé les 3 précédents concerts à fumer des clopes assis sur un siège au fond du Zénith, et en t’entendant j’ai accouru devant la scène alors que je ne suis pas forcément accoutumé à ta musique. C’est notamment la scéno qui m’a attiré, comment as-tu eu l’idée de la mettre en place ?

Je voulais qu’il se passe quelque chose visuellement mais que cela reste sobre et élégant. J’ai donc réfléchi, visionné pas mal de lives qui me plaisaient, et je suis allé voir un ami qui travaille dans le milieu de la vidéo et du mapping en lui disant ce que je voulais, et ce que je ne voulais pas. On a travaillé ensemble pour aboutir à cette scénographie. L’avantage, c’est que c’est assez facile à mettre en place, je voulais qu’on puisse proposer cette scénographie dans les grandes salles mais aussi dans les petits lieux. C’était important pour moi. Au final on me voit bouger, danser, jouer des claviers, parler dans le micro, jouer des drums… Je me sens bien et je pense que le public le ressent très vite. Je voulais qu’il y ait une vraie communion, un côté intimiste.

Dans tes morceaux, on ressent une certaine mélancolie que l’on peut aussi retrouver chez Husbands ; comme s’il y avait une suite d’accords magiques qui définiraient l’identité des groupes marseillais (Microphone Recordings). Y’a-t-il comme une sorte de poudre de perlimpinpin que tu appliques pour apporter cette note « blues » ?

Non ça vient naturellement avec mon patrimoine musical je pense : j’aime écrire des mélodies et des harmonies qui élèvent l’âme. Certains peuvent y trouver de la mélancolie ou du bonheur, mais les deux sont intimement liés je pense. J’ai quelques suites d’accords de prédilection qui définissent l’esprit French 79, c’est ma manière de faire passer mes émotions.

Tu as un morceau qui a cartonné, « Diamond Veins », à tel point qu’il s’est retrouvé en fond sonore d’une pub pour McDo (oups), dans une vidéo promotionnelle pour les JO de Paris et dans le 12-45 de M6. Ça t’a fait quoi d’entendre ta compo à la télévision pour la première fois ?

Ça fait plaisir évidemment, surtout que les films sont réussis. Je crois que la première fois que j’ai entendu un de mes titres à la radio par pur hasard cela m’a encore fait plus bizarre. Je reçois beaucoup de sollicitations pour utiliser ma musique en synchro, et je fais attention. Je dis oui ou non et je continue à faire ce que j’aime. Le public l’a très bien compris. Si tu regardes les commentaires sur YouTube les gens mettent aussi bien : « Génial, j’ai découvert grâce à la pub ! » que « Pourquoi on n’entend pas ça à la radio ? Ça devrait être playlisté« . Tant mieux si certains découvrent ma musique via des pubs, franchement.

J’ai repéré certains morceaux que tu joues en live, diablement dancefloor, mais qui ne paraissent pas sur ton album. Va-t-il y avoir un EP ou un album prochainement ?

Je vais effectivement bientôt sortir un morceau inédit que beaucoup de gens me réclament après l’avoir entendu en live. Ca s’appelle « The Year After » et ça sort fin octobre pour fêter les un an de la sortie de l’album. C’est passé tellement vite que c’est difficile à réaliser. Mais ce qui est cool c’est que l’album et les chansons vivent encore, tous les jours des gens découvrent ma musique, ce qui n’était pas gagné quand on voit la durée de vie des albums voire des artistes aujourd’hui.

En exclu, messieurs, dames

Avec tes groupes Nasser et Husbands, y a-t-il des suites prévues ?

Oui je suis en train de finir le troisième album de Nasser qui va sortir début 2018. Donc la vie de tournée va continuer pour moi d’une manière ou d’une autre. Kid Francescoli et Oh! Tiger Mountain sont aussi très occupés de leur côté donc je ne sais pas pour Husbands. En tout cas ça fait chaud au cœur quand on voit les commentaires sur Facebook, YouTube ou Twitter. Les gens se sont appropriés les chansons. D’ailleurs on a eu une synchro dans la grosse série américaine 13 Reasons Why avec Husbands cette année et le titre « You, Me, Cellphones » a été shazamé et streamé aux quatre coins du monde. Récemment j’ai aussi sorti un titre avec Kid Francescoli et Date With Elvis sous le nom de la Riviera, ça s’appelle « Sans Lendemain ».

J’ai vu que tu avais remixé des chansons de Black Devil Disco Club. On peut dire qu’il fait partie de ton adn musical ?

Oui, Bernard Fèvre (aka Black Devil Disco Club) est un pionnier de la musique électronique des années 70. J’écoute aussi beaucoup de jazz, comme Avishai Cohen, ses mélodies sont complètement dingues,  ou des artistes électroniques allemands comme Midas 104 ou des Anglais comme Floating Points.

 

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