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T’as raison Raashan Ahmad, fonce

De la transmission familiale et d’une éducation rythmées aux sons des craquements de vinyles de son père, c’est bien cela qui a permis d’éveiller la vocation de Raashan Ahmad, artiste ayant grandi à Los Angeles. Ne manquaient que les détonateurs, et c’est en observant des pointures du classic hip-hop comme « A Tribe Called Quest » et bien d’autres que Raashan Ahmad choisit sa voie. Bien plus que des mots posés les uns à côtés des autres, l’idéal est de vous emmener explorer une partie de l’univers de cet artiste.

Années 70. Appel à la liberté d’expression né à New-York, mouvement porté par des communautés afro et latino américaines en précarité sociale, la culture hip-hop dénonce une politique oppressive et revendique des droits, par le biais de la musique, du chant, de la danse, des graffitis. Directement issue de la rue, elle est cette forme de résistance organisée où les « minorités » deviennent visibles.

Aujourd’hui, vous l’avez surement remarqué – à moins que vous ne logiez dans un parking sous-terrain depuis 30 ans – le hip-hop est reconnu comme une musique majeure dans le monde, souvent pop et dépolitisée. Mais chacun est en capacité de se l’approprier, puisqu’elle est multiple : elle questionne, s’interroge, avance avec son temps. Un parallèle peut être établi avec le dadaïsme. Créé en Suisse en 1916 dans un contexte historique délicat, et rapidement propagé à l’international, il rassemble des artistes tels qu’écrivains, peintres, poètes, compositeurs, danseurs… l’objectif étant là aussi de créer un mouvement visible, brisant les conventions de l’époque, revendiquant une liberté de création sous toutes ses formes, comme peut l’être le hip-hop.

Crée avec ce que tu es. Cette phrase pourrait être prononcée par Raashan Ahmad quand on découvre au gré de sa discographie et de ses interviews données, la philosophie du bonhomme.

C’est peut-être là l’une des forces du hip-hop :  danser sur le tragique, et quoi de plus essentiel que la vie bouillonnante ? Si on évoque Raashan Ahmad on ne peut pas passer à côté de l’importance du corps en mouvement, de la danse, expression artistique et culturelle qui lui est essentielle. Son frère en passant était B-boy (breakdance-boy), c’est dire s’il puise ses racines dans la pratique. La scène se révèle être un média d’expression idéal Et lorsqu’il nous embarque dans son univers, avec sa personnalité solaire, il y a chez lui un certain engagement à transmettre sa gaieté, son énergie positive. Il semble nous dire : peut-être serait-il bon de voir le verre à moitié plein. Dans toute épreuve un acte de résilience, de résistance, voilà ce que cet artiste nous transmet, par un sourire contagieux, un flow reconnaissable parmi mille, cette présence qui nous invite de fait à la danse. Écoutez l’album Ceremony sorti en 2013, et il vous emmène vers un nouveau monde, teinté de balades éclectiques, on y retrouve notamment à la production, pour certains titres, 20syl.

D’abord MC, puis DJ, et producteur, c’est au sein de collectifs, collaborations diverses, que Raashan Ahmad se révèle un artiste aux multiples talents. Par cette ouverture aux autres. Pour exemple, le très bon titre « Hey Now » rebaptisé par la suite « I Am », issu de son 3ème album solo For What You’ve Lost est en featuring avec deux autres artistes américains, Rita J et Moe Pope.

Dans cet album Raashan Ahmad nous dévoile une partie de lui-même, en y évoquant bonheur, maladie, tristesse… L’universalité dans les thèmes, composés et chantés avec finesse. On y trouve parallèlement « Pain on Black », titre majeur de cet album, au flow acéré, qui nous invite clairement à la danse.

Dans son dernier album, The Sun sorti cette année, il nous surprend une nouvelle fois en explorant le jazz, des rythmes africains, des influences folk, et bien d’autres empreintes venant magnifier cette album faisant une nouvelle fois la part belle à l’interculturalité. Un album bien plus instrumental, tendant même vers le free jazz pour certains titres. On y découvre entre autre un superbe titre de Nina Simone, repris à la sauce Raashan « I got life ».

On retrouve dans cet album des collaborations notables comme pour le titre « Breathe », écrit par Raashan Ahmad, en featuring avec le Crew Object Heavy. Un temps pour respirer, un temps pour soi, le quotidien mis en pause et célébré à merveille par trois danseuses. Un clip à voir, à écouter, dans lequel certains se retrouveront, à n’en pas douter.

Et puis on ne peut pas évoquer cet album sans parler de ce duo avec Keren Ann, « The Day the Sun Came », tout en douceur, à pas velouté, ils traversent notre chez nous, pour nous transmettre une clarté venue d’ailleurs.

Allez, on vous file un titre incontournable : « Wonderful Fantastic » en featuring avec Jonny Woods. Comment décrire cette musique autrement qu’en poussant fauteuils et meubles du salon, pour faire danser les corps ? Le sourire contagieux de Raashan Ahmad nous invite une nouvelle fois à célébrer la vie. Un album intemporel et notable dans la carrière de cet artiste talentueux, parsemé d’instants de bonheur à écouter et partager sans condition. Evidemment, on pourrait encore en écrire des tartines, le mieux est d’écouter, de filer le voir en concert, participer à ce grand feu de joie, se laisser aller, s’enivrer de ces rythmes.

Et ça tombe plutôt bien, puisqu’il se produit souvent en France. Il sera de nouveau par ici prochainement, à ne pas rater, s’il passe par chez vous. Raashan Ahmad a ce goût pour la diversité, l’introspection bien sentie dans ses textes, et transmise par un flow qui le caractérise et l’identifie dés la première écoute. Au delà de ses albums, il est aussi investi dans des causes humanitaires, il oeuvre notamment pour une organisation, le CISNM visant à accompagner les écoles du Nouveau
Mexique. Avec un sourire et un regard franc, il nous délivre ses leçons de vie, à écouter, à méditer, à danser, se laisser aller.

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2 commentaires

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Yoann 04.09.2019

Quel beau récit de ce bel artiste :)

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Jerome 29.08.2019

un bel artiste/homme ce Raashan :-)

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