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Rotters Damn s’échappe

Quand des membres de notre collectif se sont investis corps et âmes dans la confection d’un clip pour un groupe qui nous étaient jusqu’alors inconnu, il a bien fallu se renseigner. Au départ par simple curiosité. Plus tard, on s’est rendu à l’évidence que ce groupe, Rotters Damn, ne méritait pas seulement des images. Quelques mots pour accompagner la sortie de ce clip étaient également nécessaires.

S’attache-t-on à un groupe parce qu’il est le meilleur ? Aime-t-on un musicien parce qu’il est le meilleur technicien ? A ces deux questions, la réponse est évidemment non. L’inverse serait plutôt déprimant. Un mail, puis deux, puis trois. Et une lointaine mais intime conviction que se tenait devant nous un projet qui pourrait nous plaire. Ainsi sont arrivées dans nos oreilles les huit chansons du premier album de Rotters Damn, quatre gars venus de Laval. Enregistré à domicile (studio The Apiary), But my friend you know that I think I love you est un titre d’album séduisant, car il laisse une fenêtre grande ouverte sur la vie de ceux qui l’écoutent. Une fenêtre pour sortir de la pièce d’accord, mais pour se diriger où ?

Avec un GPS nommé Rotters Damn, sachez-le, on prendra assez rapidement la direction du Grand Ouest pour nous tourner naturellement vers les contrées américaines. Celles qu’un certain Bertrand Cantat et que les 16 Horsepower ont jadis aimé emprunter, parfois. C’est là d’où jaillit souvent la quintessence d’un folk rock brut de caisse, basé sur la force rocailleuse d’une voix, sur la clarté d’une guitare qui ne saurait ni mentir ni se cacher derrière un maudit artifice de production. Cela saute rapidement aux oreilles, Rotters Damn ne triche pas. Voilà un grand mérite, car il permet de dépasser les défauts apparents d’une jeune formation qui, inévitablement à ce stade d’une carrière, cherche encore à déterminer qui elle est et à définir ce qu’elle a à dire, sans les perfusions de ses idoles (Bon Iver, pour ne citer que lui).

Clip « We Won’t Fall », réalisé par Morgane Moal et Jules Marquis.

Une illustre publicité un peu beauf, dont on taira le nom, avait pour slogan « sans maîtrise, la puissance n’est rien ». On ne sait pas si ces gens, alors ados, avaient la télévision ni s’ils la regardaient au moment des réclames, mais ils ont depuis fait de ce slogan le leur. Cependant, derrière la maîtrise affichée, le besoin d’échappée belle est palpable pour finalement nous donner à écouter une musique qui garde son souffle, même à coups de grandes enjambées. Par exemple, beaucoup de groupes aimeraient composer « Peaks & Valleys ». Seulement, combien en sont-capables ? La sélection naturelle est une belle saloperie, mais elle permet parfois de faire remonter à la surface les compositions des plus doués, qui ne sont pas toujours les plus méritants. À ceci près que Rotters Damn est doué ET méritant, sur la foi d’un parcours qui ne laisse pas de place au doute : on a ici affaire à des acharnés de boulot, à des artistes qui croient en ce qu’ils font et qui se donnent les moyens de s’inscrire dans la durée.

Après deux EP, plus de 120 concerts dans les pattes et désormais un disque dont ils ont de quoi être fiers, Corentin Giret, Thomas Dilis, Nicolas Bir et Timothée Gigan Sanchez sont aux manettes d’une groupe sincère et inspiré. A-t-on besoin d’autre chose que ces deux qualificatifs  pour donner sens à la vie d’un groupe ?

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