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Rencontre live : Max Richter (Valse avec Bachir) et Richard Reed Parry (Arcade Fire)

Lundi 02 juin dernier, la meilleure chose à faire pour nos fesses était de s’asseoir délicatement sous la médiévale nef du Collège des Bernardins (Paris 5ème). Ce lieu, devenu celui de toutes les religions, au service de l’Homme et de son avenir, lieu de recherche et de formation, lieu d’art et de culture, fut ce soir là le temple du minimalisme. On s’y est bien sentis. On vous raconte la rencontre entre Richard Reed Parry (Arcade Fire) et le compositeur Max Richter (Valse avec Bachir, Shutter Island).

Nées en 2001 dans les clubs berlinois sur l’impulsion du prestigieux label Deutsche Grammophon, les concerts estampillés Yellow Lounge  sont désormais une institution internationale. Ils organisent entre autres de nombreux événements au Berghain, le temple de la techno berlinoise. Pas d’inquiétude, vous ne manquiez pas la plus classique des soirées depuis des années : Yellow Lounge France n’a pas un an et organisait ce lundi sa troisième édition.

Trop souvent cantonnée aux lieux institutionnalisés, dans lesquels ne vient qu’un auditoire de grands connaisseurs, la musique classique avait bien besoin de ces « salons jaunes » pour l’accueillir.

Yellow Lounge #3, c’était une rencontre inédite entre Max Richter, compositeur post-minimaliste, reconnu mondialement pour son travail sur la bande originale de films tels que « Valse avec Bachir » ou « Shutter Island », et Richard Reed Parry, membre du groupe canadien Arcade Fire. On n’est pas prêt d’oublier les deux phénomènes.

Richard Reed Parry (Photo : Gillaume Simoneau/Deutsche Grammophon)

Richard Reed Parry ouvre discrètement le bal, alors que la rumeur du public bruisse encore. Une mèche de cheveux lui tombe nonchalamment devant les yeux. Très zen, il ne l’en écarte pas et reste concentré sur le mix qu’il nous diffuse. Il a l’air attendrissant du passionné qui se dévoile, à moitié inquiet, incertain, tant l’envie de plaire est forte. Le battement d’un cœur résonne. Pas celui d’un coureur de 100m, plutôt le nôtre, assis tranquillement sur les larges dalles de l’abbaye. Cette douce pulsation rythme continuellement le mix. Ici, Richard ajoute un air de musique créole. Là, des chants grégoriens ou encore de lourdes nappes de synthé.

Interrompu par l’organisation, qui tient quand même à nous présenter le programme de la soirée, Richard reprend sur le même rythme. Cette fois, le public est tout ouï, embarqué dans un voyage musical à travers l’univers du Canadien.

Max Richter (Photos presse)

Marquant un arrêt, le DJ du soir reçoit de chaleureux applaudissements, qui ne s’interrompent pas puisque du fond de la salle arrive Max Richter, qui s’installe au piano. Tantôt en solo, tantôt en duo avec un violoncelliste, ou encore rejoints par une violoniste et –surprise – Richard himself à la contrebasse, nous assistons à un medley de petites pièces minimalistes du compositeur. Les arpèges tournent et montent en intensité. Certains pourront peut-être qualifier cette musique de « sirupeuse », mais nous préférons la ressentir aérienne, envoutante. Les phrases d’abord se découvrent. Les instruments se répondent. Puis, se répétant, les boucles tendent délicatement vers une harmonie, un agréable équilibre. Il y a à la fois la douce simplicité d’Arvo Pärt et la richesse mélodique de Michael Nyman. Le public ferme les yeux, se laissant aller à la rêverie. Malheureusement, le réveil est un peu rapide. Max quitte la scène sur des applaudissements nourris,  sonnants cependant plus comme un « bis » qu’un « merci au revoir ».

La bonne surprise, c’est que du DJ set initialement prévu, la prestation de Richard Reed Parry s’étend à une interprétation de quelques titres de son prochain album solo, « Music for Heart and Breath », qui sortira le 9 Juin. Ici, plus de post-minimalisme, on se rapproche d’un Terry Riley, à qui l’expérimentation qui suit ne pourrait que plaire.

Très calme, le rythme de cette musique est synchronisé directement avec les musiciens : chacun joue au tempo des battements de son cœur (au stéthoscope), ou de sa respiration. Au-delà de la cacophonie attendue par tout le monde, le résultat est déconcertant de musicalité. Les pulsations répétées des différents instruments sont déphasées dans le rythme, et tout est cohérent. L’ensemble à quelque chose de fragile tout en étant plein de vie. Le dispositif rend la séance très intime et on a le sentiment d’avoir assisté à quelque chose d’unique. Richard clôt la soirée avec un mix mêlant beats électro et musique minimaliste (on croit reconnaître un petit Philip Glass et Brian Eno). On en redemande.

Le Malus : Le jeune effronté qui a renvoyé tout le monde chez soi en lançant un applaudissement intempestif en plein milieu du DJ set de Richard. L’artiste, surpris d’être interrompu ainsi, en a ri avant de saluer. Gêne.

Le Bonus : Les bières à 2€, oh yeah !

CONCOURS : Ah oui, on allait presque oublier. Parce qu’on est des gentils, figurez-vous qu’on a 5 vinyles du projet à vous faire gagner. Les premiers à nous envoyer un mail à concours@sourdoreille.net seront récompensés. Bonne chance.

 

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