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Les mutants sont entrés dans Paris : le Sacre du Tympan, Arnaud Rebotini, Christian Zanési à la Gaîté Lyrique

Pour fêter ses 40 ans, le Festival d’Ile-de-France qui se déroulait du 3 septembre au 9 octobre nous a proposé une programmation éclectique, là où la diversité rencontre la création. Parmi les 33 concerts que compte l’événement, une soirée à la Gaîté Lyrique a retenu notre attention. Jeudi dernier, on a vibré lors d’une soirée électro-acoustique en deux parties, sur fond de VHS, de collages, de relation homme-machines et sur le thème de la mutation.
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » Lavoisier.
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Dans cet esprit de renouveau, le duo électronique Arnaud Rebotini & Christian Zanési, porté par les créations visuelles de Zita Cochet (aussi vue avec Saycet), nous a délivré une performance captivante évoquant la relation homme-machines. Dans ce show manufacturé, les deux grands messieurs ont offert des compositions recherchées sans en être moins envoûtantes. L’alchimie naît alors entre les artistes et leurs machines au centre des 14 écrans répartis tout autour de la salle. Les claviers analogiques de Rebotini s’entremêlent à l’écosystème des petits bruits étranges de Zanési pour se loger sous notre échine. Dans son costume de scène, gominé, aux talons de cuir blanc qui battent le sol à chaque kick, le Nancéen à l’origine du groupe Black Strobe construit les squelettes des pièces musicales.

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Sans attendre, Zanési, élève de Pierre Schaeffer et l’un des fers de lance de la musique concrète au sein de GRM (Groupe de recherche musicale), les habille. La salle de la Gaîté Lyrique devient alors une boîte de Petri où l’univers acide et testostéroné de l’un s’allie aux expérimentations digitales de l’autre comme les réactifs d’un produit synthétisé. Rien d’étonnant alors que sur un fond de scène dont on dirait qu’il fut passé à la déchiqueteuse pour être ensuite recollé, les vieilles images en noir et blanc se recyclent aux ombres découpées des artistes. Une certaine idée du sampling.

Une fois le mélange porté à ébullition, place au « Sacre du Tympan », création de Fred Pallem et de ses musiciens en hommage à François de Roubaix. Dans une version allégée à 8 musiciens (qui peut en compter jusque 20), la formation d’instrumentistes hors-pair revisite le répertoire d’un des plus grands compositeurs du cinéma populaire français des années 60.

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La salle, encore chaude de sa récente réaction chimique, s’habille de couleurs vives et égraine les mélodies nostalgiques qui accompagnaient ces grands classiques. Le bassiste, chef d’orchestre, prend un réel plaisir à partager avec nous un répertoire dopé par ses arrangements vitaminés. Des extraits de films dissous dans un montage repensé pour l’occasion par Guillaume Marmin nous happent un peu plus dans cet univers familier, que l’on ait (ou pas) déjà passé la crise de la quarantaine. Une grande réussite et une chance, pour le public conquis, de voir renaître ces trésors musicaux comme une VHS remasterisée.

La soirée s’achève dans une gratitude réciproque, bien que la foule ce soir-là aurait mérité un carton jaune. Seul petit reliquat de cette expérience magnifique à l’accueil réussi, une audience bien trop frigide à donner raison aux clichés dont on affuble parfois la micro-sphère parisienne. Peu importe, l’expérience est concluante, en attendant un prix Nobel de « Musique », décernons-lui celui de « Chimie ».

Crédits : Clément Bataillon
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