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Quand Jef K raconte Ricardo Villalobos

Qui peut se vanter de connaître Ricardo Villalobos sur le bout des doigts ? Peu de monde. Le Chilien est une énigme.  L’étonnant contraste de son personnage, souvent moqué pour ses excès en tout genre mais surtout porté aux cieux pour son excentricité musicale, renforce le mythe. Jef K, dj parisien désormais basé à Nantes, a fait ses armes aux côtés du maître. Et vient d’aider le festival Paco Tyson, dont on vous reparle très bientôt, à inscrire le très rare Villalobos à son line-up. Il nous lève ici un petit coin de voile sur leur histoire commune.
jef k

Un warm-up

« J’ai commencé à mixer vers 1992, j’étais résident sur Radio FG pendant 10 ans et je jouais souvent au Queen, à l’An-fer à Dijon, au festival Boréalis à Montpellier etc… Fin des années 90, je deviens résident au Rex, aux soirées Respect Is Burning à Paris, au Fuse à Bruxelles et au Robert Johnson, à Francfort. C’était en 1997 et 1998.

Un jour, un type se pointe pour faire mon warm-up. C’était Ricardo Villalobos. Il habitait Francfort. On jouait des sets de 12h avec lui, Ata et le regretté Heiko M/S/O. C’était épique. Je l’ai tout de suite trouvé incroyable. A l’époque déjà, c’était un passionné. C’est ce qui le caractérise en premier : la musique est une passion chez lui, c’est sa vie. Il vit pour ça, et pour son public. Il a toujours été comme ça à fond, prêt à donner sa vie et sa santé. Il a quand même inventé ce mélange, cette house barrée qu’il a créée aux côtés des labels comme Playhouse, etc. Il est tellement à fond dans la musique qu’il peut te dire de quelle couleur est le macaron du Dance Mania 177, tu vois. Quoiqu’on dise, c’est quelqu’un qui a toute sa tête.

Un disque gravé

En 2010, j’ai fait un morceau avec Chez Damier et Chris Carrier, qui s’appelle « In My System ». J’ai aussi fait mon premier remix tout seul de ce morceau. On commençait à envoyer les morceaux à plein de gens, sans avoir aucun retour. On les jouait, tout le monde s’en foutait plus ou moins. Jusqu’à ce que j’aille jouer à Palma de Majorque, dans un petit club. Ricardo jouait le même soir dans un énorme truc sur l’île, je me dis que je vais le croiser dans l’unique avion vers Paris le lendemain, il y allait pour y jouer le dimanche soir. Évidemment je tombe sur lui. Il me demande ce que je fais, je lui parle de In My System. Je lui grave un CD dans l’avion, il me dit qu’il va l’écouter. Le week-end d’après, il joue à Time Warp à Mannheim, un ami me dit qu’il existe une vidéo où on voit Ricardo jouer mon remix. Je deviens dingue, je trouve la vidéo, je vois mon track joué devant 15.000 personnes et Ricardo en transe. D’un coup ça s’emballe, les gens me le demandent, sauf qu’il n’est pas masterisé à l’époque. Du coup seuls Ricardo et son pote Zip le joueront pendant des mois. Grâce à eux, ce remix a été un des morceaux de l’été à Ibiza, classé 7ème au Top 50 des morceaux de l’année 2010 par Resident Advisor.

Ricardo caché

Un troisième souvenir c’est à Paris, à l’Electric, en 2014. Je suis invité par l’équipe de Katapult. Je me dis qu’il vont me confier le warm up, vu que les deux autres artistes de la soirée sont Daniel Bell et Ricardo Villalobos. Finalement, je joue en deuxième, j’ai le trac, mais ça se passe vraiment très bien. La salle est bondée, l’ambiance super. Je ne vois pas le temps passer, à un moment je mets un disque et toute la foule commence à lever les bras et à crier. Je me dis que ce disque est vraiment génial, mais en fait c’était juste Ricardo qui était arrivé derrière. Une petite histoire qui m’a fait bien fait rire.

jef ricardo katapult

Navette spatiale

Le dernier souvenir c’est sans doute une petite virée à son studio, à Berlin. Près du Berghain, il y a une série de petites maisons dans une résidence. Ricardo, Zip et Fumiya Tanaka, entre autres, ont chacun aménagé une petite maison à leur guise. J’y suis allé un jeudi après-midi. J’ai poussé la porte et je me suis pris une grosse claque : il a des machines de partout, il y a un panneau analogique comme j’ai jamais vu, l’un des premiers samplers analogiques au monde. Une vraie navette spatiale… Il passe ses journée au studio, parfois avec Sonja Moonear ou plein d’autres artistes de passage, ça fume des joints, ça bosse… Quand il prépare un morceau il fait tout en live, sans logiciel, il joue une demie-heure puis après il découpe. Personne ne travaille comme ça, c’est un artisan. Il produit peu, mais il travaille comme un orfèvre, son son ne sera toujours qu’à lui. Un de ses derniers disques, qui est sorti chez [a:rpia:r] l’année dernière, illustre bien cela.

Jef K et Ricardo Villalobos joueront le vendredi 27 avril au festival Paco Tyson, à Nantes, aux côtés de Laurent Garnier. Toutes les infos sur le festival par ici.

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