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Peter Von Poehl, comme dans les films

Rares sont les concerts où je me rends sans connaître l’artiste au préalable. Oh bien sûr, Peter von Poehl, j’en avais entendu parler. Une amie chère le citait régulièrement. Elle me chantait « The Story of the Impossible » au ukulele. Pour être honnête, je préférais sa version. Pourquoi alors n’ai-je jamais creusé la discographie de Peter von Poehl ? Je ne sais pas. Mais en voyant qu’il serait de passage au Café de la Danse, je savais qu’il fallait que j’y aille.

J’arrive légèrement en retard, je me pose devant la scène, au milieu des photographes. Les gens sont déjà installés dans les gradins du Café. A 21h précisément, le concert démarre. Trois musiciens apparaissent puis Peter Von Poehl, qui se place sur une chaise tout à droite de la scène. Ils démarrent le concert par un morceau catchy instrumental, très rythmé. Je commence à me dire que ce concert va peut-être me surprendre. La succession de chansons démarre et c’est à ce moment-là de mon report que j’ai du mal à exprimer mon ressenti.

Pour cela, il faudrait que je vous emmène dans ma tête. Mais d’abord, baladez-vous sur la biographie de l’artiste suédois et vous remarquerez ses contributions pour le cinéma. Il a quatre bandes originales à son actif. « The Story of the Impossible » enrichit quant à elle la bande son de l’Arnacœur de Pascal Chaumeil. Avec les gens assis comme dans une salle de cinéma, l’air studieux, j’ai l’impression de faire partie du film de ce soir. Les accents parfois légers, parfois grandioses des arrangements, ajoute à la portée cinématographique. Mon regard cherche régulièrement l’écran. Ne le trouvant pas, je ferme les yeux et tiens la caméra, filmant des scènes qui n’ont ni queue ni tête. La musique pop-romantique de Peter von Poehl devient la bande son de mon imagination.

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« A Broken Skeleton Key » m’évoque un château macabre dans lequel dansent des fantômes et des squelettes. Ils virevoltent au son de la guitare du chanteur qui danse lui aussi, au milieu de la scène. Ses longues chaussures marron filant entre les câbles m’hypnotisent. Les lumières du Café de la Danse, toujours magnifiques, subliment son bal fantomatique. Autre chanson, autre séance. Je marche dans les rues de Paris au son de « Story of the Impossible ». Les notes familières font remonter les images de ruelles et de paysages que je connais tant, et qui pourtant ont bien changé. Ça manque un peu de ukulele. Mais le chanteur nous fera participer à la chorale, j’entends même quelques spectateurs courageux siffler la mélodie.

Les morceaux s’enchaînent sans que j’aie l’impression d’aller trop vite. Je suis bien, très bien. Je me balade à présent dans une forêt humide où fait écho « Going To Where The Tea Trees Are ». Je roule la fenêtre ouverte au milieu des champs de blé parsemés de coquelicots, l’autoradio fait grésiller la voix légèrement nasillarde du chanteur sur « 28 Paradise ». Je prends un peu le soleil lorsque Marie Modiano le rejoint brièvement sur scène pour interpréter une merveilleuse reprise de « God Only Knows ». Le duo est complice, rafraîchissant. Je n’aime pourtant pas trop les films romantiques mais là, je me régale.

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Parfois, le chanteur s’arrête de jouer, mais continue à nous raconter des histoires. Il peut chercher longtemps ses mots en français, qu’il a envie de trouver, qu’il a envie de nous donner afin de transmettre des images de châteaux hantés, de cabillauds et de l’amour entre les phoques et les pingouins. Le concert s’achève sur « Twelve Twenty One » avec un boeuf qui durera au moins cinq minutes, où le public se perd, le chanteur s’abandonne, et moi je voyage une dernière fois les yeux fermés.

Vous n’avez pas envie qu’on vous dise « Il fallait être là », mais entendez au moins mon conseil et prenez votre place de cinéma au prochain passage de Peter von Poehl. Donnez-vous cette chance.

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