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« Página », troisième métamorphose pour Projet O

Après un démarrage postcore en trombe, suivi d’une halte bossa-folk pleine de douceur, le voyage continue avec ce troisième chapitre de Projet O, toujours aussi avide d’hybridation, de multiplicité des formes et de pluralité des sens.

Avec « Página », Projet O réunit trois musiciens à l’hôtel de la Bûcherie, première faculté de médecine de Paris au XVe siècle. Dans cette rotonde monumentale à l’acoustique unique et à la circularité propre au Projet, édifiée et adjointe trois siècles plus tard au bâtiment principal, on assiste à la rencontre d’un piano, d’un violoncelle et d’une voix, au rapprochement du classique et du flamenco.

Le morceau est construit comme une lente oscillation qui s’allonge puis se resserre autour de l’interprétation de cette soleá, l’une des formes musicales du flamenco. Tel le battement d’un cœur au ralenti, qui se gonfle avant de se rétracter, la partition se charge puis se vide de tous ses instruments. C’est d’abord la mélodie d’un piano qui nous envoûte et nous fait prendre de la hauteur avant que les longues notes étirées du violoncelle nous rattrapent et nous rappellent à la terre ferme. Ce déchirement vertigineux est provoqué par la tension de sentiments profonds, amour et passion entremêlés de douleur et de tragédie. Soudain, en rupture avec cette verticalité, une voix apparaît et nous offre le chant d’une letra, dévoilée comme une invitation à la mélancolie.

Complexité des émotions, ambivalence des sentiments, combinaison des genres et mélange des sensations sont autant de notions qui sont chères à Projet O. On en fait l’expérience, une fois de plus, avec ce nouveau chapitre où, comme toujours, le son est aussi important que l’image. Projet O, comme un enfant en plein développement, vit le changement permanent. À sa naissance, il a hurlé « ná – Sun », nous prouvant ainsi qu’il était bien en vie. Ensuite, c’est « Marmalade », cette délicate berceuse qui lui a permis de s’apaiser. Aujourd’hui, une page se tourne et comme l’évoque cet extrait sonore d’un grand-père à son petit-fils, il a appris à marcher : « Viens, viens chercher ça. Viens, je te le donne. » Avec « Página », la métamorphose se poursuit brillamment. Projet O a trois ans.

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