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Nicolas Ker : « J’aime la ville, la pollution, le poison »

« Nous, on est les Doors ». Si la coldwave n’est pas la marque de fabrique de la bande à Jim Morisson, Nicolas Ker développe l’état d’esprit déglingué du groupe légendaire à travers son projet Paris. Un album (« There is a Storm ») où rage et luminosité se mêlent entre deux gros synthés bien sombres et un riff de guitare efficace. L’énergumène de la scène electro-rock parisienne (il est le chanteur exilé de Poni Hoax) nous a filé rendez-vous dans son fief de la Goutte d’or, un vendredi en début de soirée. Entre deux cacahuètes, pauses clopes et plusieurs bières, on a essayé de ne pas perdre le fil. Mission impossible avec pareil écorché vif, aussi ingérable qu’attachant.

Le nom du groupe

La naissance du projet Paris remonte à il y a quatre ans. A la base, on s’appelait Dior et ça nous faisait marrer car on était au RMI. Le D de Dior était le D de Ed l’épicier. Le mec de ma sœur est mannequin. Il connaît très bien Galliano et lui a fait écouter. « C’est génial mais on ne peut pas, car la marque a déposé son nom sous toutes les formes » nous a-t-il dit.  Après, je suis rentré chez ma mère qui avait une bouteille de parfum Dior. En dessous de Dior, il y avait écrit Paris. En dessous de Paris, il y avait écrit parfum (rires).

Paris : un nom qui pourrait permettre un sponsoring avec le Qatar

Tant mieux ! Que le Qatar me sponsorise ! Je fais de la musique pour la thune et pour le cul (clin d’œil). Un jour un mec m’a demandé mes priorités. J’y ai réfléchi. Ce que je préfère dans la vie, en numéro 1, c’est l’art et le cul. En 2, c’est la bouffe et la drogue.

La composition

Je compose à la guitare. Je ne sais pas jouer du piano. C’est très Velvet, très rock’n’roll, autour de trois accords. C’est plus facile d’écrire en anglais car je suis timide. C’est hyper violent ce que je balance en anglais. Dès que je chante en français, c’est un peu pourri. Alors que je trouve que j’ai un très beau timbre en anglais.

J’écris toutes les paroles, c’est la seule chose que je dis. Après, vous n’avez pas à savoir ce qu’il se passe dans Paris. On partage tout car on ne veut pas finir au tribunal comme le Velvet ou les Smiths. Nous, on est les Doors. Light my fire a été composée par Krieger, le guitariste. T’as jamais entendu Morisson dire « Oh, c’est pas ma chanson » (ton de pleureuse). Et Jim Morisson a composé plein de chansons mais il signait les Doors. Paris, c’est pareil.

Le referencement sur le web

C’est A-BSO-LU-MENT IMPOSSIBLE… et ça me plaît. C’est complément débile, il y a tellement de Paris sur Google. Personne ne peut me trouver. Fuck you ! A la base, je voulais appeler l’album The city will slowly kill your dreams. C’était un beau titre mais il était trop alambiqué, trop lourd. Cette ville tuera l’enfant dans ses rêves, c’est beau non ? Mais bon, c’était trop long. On a donc choisi le sous-titre La ville de nos rêves.

Le rapport a la scene

Je suis ultra timide mais quand je suis sur scène, ça va. Les gens ne réalisent pas à quel point je suis timide. Avant de monter sur scène, il faut que je picole un peu. Mais pas question d’arriver défoncé. Tu dois respecter les gens qui ont acheté leur place. Sinon, ils vont voir un mec chanter à l’Irish Pub.

La touche Poni Hoax dans Paris

Arnaud [Roulin – synthé également dans Poni Hoax / NDLR] est un génie. Il faut le dire : ce type est un génie ! Les Poni, c’est mes frères. Je jouais partout ici et là avec ma gratte dans la rue et ils m’ont dit de jouer avec eux. On s’est connus à la Goutte d’Or. Et on continuera à jouer ensemble même si, en ce moment, je suis à fond avec Paris. Qui sont eux aussi comme des frères.

Parisien

Paris, c’est la ville des gens qui viennent d’ailleurs. Paris, c’est génial car c’est une ville de gens courageux. Des gens qui pourraient être le roi de leur bled, ils préfèrent venir à Paris. Quand les gens disent « Regarde, c’est un sans-papiers », ils ne voient pas le courage de ces gens. Ces mecs, comme les Maliens, traversent la mer pour venir ici. Ils risquent leur vie. Donc, faut arrêter de dire que les sans-papiers sont des gens qui viennent nous manger le pain de la bouche…

Ville ou campagne

Je crève à la campagne. Moi, j’aime la ville, la pollution, le poison. On est des animaux, une espèce de singe qui se la raconte beaucoup. Je trouve ça débile l’écologie. C’est d’une crétinerie absolue car les humains peuvent disparaître et le monde continuerait à tourner. A la rigueur, pour penser aux enfants, je l’entends. Je n’ai pas d’enfant et n’en veux pas, mais je trouve très beau que les gens aient des enfants.

 Les femmes

Les femmes me tuent. Je tombe vite amoureux et après j’en chie comme un malade. Quand je me fais larguer, je suis un peu comme dans « Premiers Baisers ». J’ai le cœur brisé, vraiment. J’aime manger du confit de canard et regarder des films d’horreur avec ma meuf. (long silence). En général, les mecs sont plus sympas. J’adorerai être bisexuel comme ça je me taperai autant les keums que les meufs.

Art et histoire

La musique c’est beau car tu fais vibrer des molécules (Nicolas pousse un cri tel un artiste lyrique). L’art m’a sauvé la vie. T’aimes les jeux vidéo ? Parce que pour moi, l’art du 19e siècle, c’est le roman. L’art du 20e siècle, c’est le cinéma. L’art du 21e siècle, c’est les jeux vidéo. Je connais très bien les jeux vidéo. J’ai un rapport très bizarre avec eux. Je suis uniquement dans la discussion autour des jeux vidéo, sur des forums. Avec les nouveaux jeux, je m’ennuie vite.

Crédit photo : Johanna Benaïnous & Elsa Parra
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