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My Hacking Bit-Game, la rencontre entre jeux vidéos et shoegaze au Mans

Tony est fan de shoegaze et de l’esthétique de jeux vidéos rétro. Alors, il a monté son one-man hobbie band et joue ses morceaux progressifs sur des projections vidéos dans des petits rades du Mans. On apprendra dans notre interview le moyen de survivre culturellement au Mans, l’existence d’une communauté qui s’efforce à finir les jeux vidéos le plus rapidement possible et les influences de cette idée originale et encore très confidentielle nommée My Hacking Bit-Game.

Tu peux me présenter ce projet étrange ?

Ça fait trois ans que j’ai commencé à composer avec une guitare et plein de pédales d’effets. Je suis un gros amateur de shoegaze et j’ai collectionné pas mal de pédales d’effets. Je fonctionne principalement avec des boucles et de la superposition de sons. C’est marrant parce que tout récemment, je commence à utiliser [Ableton] Live et ça se rejoint complètement. Je m’amuse à créer des ambiances. Je vois la composition comme ça, comme une ambiance qui va être rendue en concert. Je me suis marré aussi à créer des vidéos projetées en live. Je ne suis pas trop dans la culture studio.

C’est un projet musical mais pas que ?

Avec un copain, on avait chopé des vidéos de speedrun [c’est ça / NDLR]. C’est une sorte de performance dans le jeu vidéo, il y a toute une communauté fan de ça : c’est des mecs qui s’amusent à finir les jeux vidéo le plus vite possible. Il cherchent le moyen de finir Super Mario en quarante minutes – c’est le record, je crois. Il y a eu un moment où je suivais pas mal ces trucs là. On avait fait un montage un peu psyché des images, avec du grand n’importe quoi dans les effets. Il y a une esthétique que je trouve intéressante dans les jeux vidéos rétro. Le speedrun s’y prête bien parce que c’est très rapide et ça rend un résultat assez fun. Et donc, on projetait les images en live.


My Hacking Bit-GameWe Will Fall
Speedrun : Mickey Mania: The Timeless Adventures of Mickey Mouse / Super Mario Bros

Entre tes compos et les projections vidéos, la démarche est la même : collages, boucles, etc.

Je discutais avec un copain de faire du Vjing. Ça ne s’est pas fait, mais ça me ferait bien marrer. Ce serait logique d’avoir ces superpositions en image et en son.

Donc, il y a le jeu vidéo et le shoegaze. Ton univers prend ses influences ailleurs ?

J’ai eu une adolescence assez rock. Tout le mouvement post-rock et shoegaze des années 90, j’en écoute encore beaucoup. Après, plus grand chose d’actuel, presque que des plaisirs de nostalgie. Sur la musique qui sort deuis 3, 4 ans, je suis beaucoup plus musique électronique. Je suis un gros consommateur de techno et je me suis aussi pas mal mis à écouter de l’IDM bien mental. Je m’y retrouve pas mal avec toute la dimension atmosphérique, le travail sur le son. Moi, j’utilise la guitare donc ça sonne différemment que l’IDM classique.

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Pas mal d’artistes, comme ceux de l’écurie Border Community [James Holden, Nathan Fake, Ricardo Tobar, etc] s’inscrivent dans cette tendance un peu techno shoegaze, noise. Tu les suis ?

Je suis en train de découvrir tout ça. Je passe de plus en plus de temps chez des disquaires à écouter des trucs nouveaux pour moi et à chercher les trucs les plus bizarres possibles.

As-tu remarqué le gros regain d’intérêt pour le shoegaze, dernièrement, alors que tout le monde t’en contre-foutait avant ?

C’est juste. Je suis du Mans, et je connais pas mal les Dead Mantra qui pour moi – même si je suis peut-être subjectif – sont vraiment partie prenante de ce truc là en France. Ils ont sorti leur premier album il y a quatre mois sur le label Crane Records, qui est du Mans et qui participe à ce revival.

Tu vois ça d’un bon œil ?

Ça me fait plaisir ! Même si j’en écoute moins.

La scène est particulièrement présente au Mans ?

Oui, ça a fait bouger la ville. Je pense aussi à La Peste, comme groupe génial.

A part ça, comment survivre culturellement au Mans ?

Ecoute, moi j’aime beaucoup cette ville. Le grand drame ici, c’est plutôt la situation géographique. Elle est très proche de Paris et à égale distance de Rennes et Nantes. Dans la plupart des conversations, on entend que Le Mans, c’est moins bien que Paris. Mais c’est assez idiot. Comment tu peux comparer une ville de 150.000 habitants à Paris, une ville à échelle mondiale ? Bien sûr que c’est moins bien ! Mais toute proportions gardées, il y a vachement de choses intéressantes au Mans. Pour avoir vécu à Caen, à Angers et à Brest, il y a beaucoup plus de petits concerts dans des bars et des squats, des trucs qui ne sont pas identifiables médiatiquement.

Oui, mais au niveau des institutions culturelles du Mans, c’est pas la même chose.

Non, pas vraiment. Le problème, c’est que la ville qui joue ce rôle là, c’est la ville qui s’appelle Allonnes, avec la salle L’Excelsior [celle-ci / NDLR], mais qui est une ville en terme de population, très faible. Au Mans, on n’a pas de salles qui accueillent les tournées SMAC notamment. Mais, pour tout te dire, ça ne me touche pas plus que ça, je suis vachement plus content quand je vois des artistes indés, inconnus, qui passent dans des petits bars où il y a 20 personnes. On n’en parle pas mais ça existe.


My Hacking Bit-Game – Live au Café Berlin (Le Mans)

Mais est-ce qu’il y a un public au Mans pour les musiques plus confidentielles comme l’IDM ou le shoegaze ?

Non, c’est aussi ça le problème. Ce sont des niches. L’ennui, c’est pas les concerts, il y en a au moins un d’intéressant par semaine, comme dans toutes les villes, mais c’est qu’il n’y a personne pour y venir.

As-tu le temps et l’envie de développer ton projet ?

J’ai envie de continuer à composer, à prendre du plaisir. En fait, ça faisait quasiment un an que je n’avais rien fait et depuis septembre je suis revenu dans une grosse phase de composition. J’ai fait 10 ans de guitare, j’en suis qu’à 1 an d’Ableton Live, donc pour l’instant, je ne considère pas encore que ce que je fais ait une raison de sortir. Mais d’ici le mois de mai, il y aura matière à sortir des choses.

As-tu d’autres activités liées à la musique ?

Je suis aussi organisateur de concerts. J’ai une association qui s’appelle Choconoise [elle est juste ici / NDLR] qui organise des goûters musicaux au Mans. C’est des après-midis où on ramène des vieilles consoles plûtot rétro qu’on met à disposition du public et en même temps on leur propose des concerts. C’est des événements itinérants dans Le Mans.

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