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L’interview DIY de Cloud Nothings

Cloud Nothings véhicule une énergie brute et juvénile. Distorsions, batterie effrontée et riffs infectieux forme le triptyque habituel de cette bande. À l’écoute de leur musique, l’esthétique lo-fi et d.i.y saute aux oreilles. Par un superbe raccourci, on s’est dit qu’on allait demander au chanteur, Dylan Baldi, un type agréable au rire contagieux et à la présence solaire, de nous dire ce qu’il sait faire lui-même ou non. Do you do it yourself ?

Sais-tu : apprendre à jouer d’un instrument ?

J’ai appris tout seul le violoncelle et le saxophone. Mes parents m’ont forcé à prendre des cours de piano pendant pas mal d’années. J’ai aussi pris des leçons de guitare pendant un mois, mais mon professeur m’a dit que je n’en avais pas besoin. Du coup j’ai arrêté. J’ai continué l’apprentissage tout seul. Dans tout ça, je préfère le saxophone. Tu peux jouer des sons horribles. C’est un instrument qui fait beaucoup de bruit, j’aime beaucoup cette idée. Et puis, la guitare est mon outil de travail.

Sais-tu : construire tes instruments ?

Jamais, j’ai toujours laissé quelqu’un d’autre le faire. C’est pas l’envie qui a manqué. J’avais eu l’idée de construire ma propre guitare et mes propres amplis. Mais c’est l’une de ces idées qui reste inachevées que tu ne mets jamais en pratique.

As-tu choisi : le nom du groupe ?

Oui. C’était au lycée. Ma tête était emplie d’idées de noms de groupes, de pochettes d’albums… Ça me venait en cours parce que j’étais pas très intéressé par les études. Particulièrement pendant les cours de maths, d’ailleurs. [rires] Quand il a fallu réduire à un seul nom de groupe, j’ai choisi Cloud Nothings.

As-tu choisi : l’imagerie du groupe ?

Les trois dernières pochettes d’albums sont mes photos. Ce sont des photos de différents endroits qui me sont importants. Le premier album, c’était ma copine de l’époque qui sortait d’une machine à laver, j’avais pris la photo avec mon téléphone. Je pense que le type qui s’occupe d’étalonner les photos doit me maudire, vu la qualité de mes prises. Pour les merchs on laisse toujours des amis les créer, beaucoup de gens de notre entourage sont très talentueux. Donc ça nous paraît logique.

As-tu choisi : les titres des chansons ?

Quelqu’un d’autre écrit mes chansons et décide des titres. Il compile les mots à ma place. [rires] Non, je pourrais pas laisser quelqu’un le faire, j’adore trouver des titres à tout. C’est l’une de mes choses préférées au monde. J’aime les mots et les assembler de plein de manières différentes. J’ai commencé à écrire des chansons dès mes débuts au piano. La première chanson que j’ai écrite était à propos d’un pompier. Je m’en souviens si bien que je pourrais te la jouer au piano maintenant. C’était vraiment stupide, l’histoire de deux ou trois notes. Quand j’ai eu une guitare, j’ai immédiatement délaissé le piano pour composer. Puis lorsque j’ai eu un ordinateur à la fac, ça a été le début des enregistrements.

As-tu fait : les clips du groupe ?

Notre ami Ryan en fait pas mal. Il a beaucoup de bonnes idées. Le clip du single de notre dernier album était notre idée cela dit. Il a suggéré qu’on fasse une vidéo ou l’on serait déguisés en vieux, assis sur un porche. On trouvait ça plutôt chiant. Du coup on a proposé de tous mourir. Il a dit OK. C’est le plus d’implication qu’on ait eu sur les vidéos. Ma vidéo préférée c’est celle qui illustre « No future/No past ». On a eu un super acteur texan pour jouer dans notre clip. D’ailleurs sa carrière a commencé avec notre clip, il a quitté son travail pour devenir acteur. Depuis, il a continué a décrocher des rôles dans pas mal de séries et de film. Je trouve ça super qu’on ait eu l’occasion de voir ses débuts.

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As-tu fait : les flyers ?

On a toujours eu quelqu’un qui le faisait pour nous. Notre premier concert c’était à New York, on faisait la première partie de gros groupes. On a pas eu besoin de faire des flyers pourris ou de les distribuer. Juste après ce concert, un mec est venu nous voir pour nous dire qu’il voulait être notre booker, depuis on a jamais eu à se poser la question. Si je m’occupais des flyers ce serait pas très beau, sûrement un dessin assez moche. J’étais plutôt bon en dessin quand j’étais plus jeune, mais j’ai arrêté et depuis je suis un pied.

Gères-tu : les comptes Twitter/Facebook/Instagram du groupe ?

Instagram ça a toujours été moi. Facebook et Twitter c’est par phase. Des fois j’en ai marre et le label s’en occupe pour moi. Puis parfois je vais avoir pas mal de chose alors je reprends la main et j’y dis des trucs bien stupides. Quand c’est une blague stupide c’est souvent moi.

Prends-tu le temps de : répondre aux fans ?

Je ne réponds jamais sur Instagram. Je trouve que c’est un outil bizarre pour envoyer des messages. Les e-mails, j’y répond parfois. Si c’est un e-mail un peu élaboré en tout cas. Facebook je regarde pas vraiment, les gens font pas mal de commentaires désobligeants, donc j’évite.

Gères-tu : le site web du groupe ?

Je pensais que je pouvais le faire mais en fait je n’ai jamais compris comment on créer un site. J’ai préféré ne pas y toucher. En revanche, je gérais notre page Myspace quand on a commencé. C’est comme ça qu’on a eu notre premier concert, j’avais ajouté un groupe que j’aimais bien et ils ont parlé de nous à leurs amis, le groupe Real Estate. C’est fou que Myspace ait eu ce genre d’incidence.

Prépares-tu : ton petit déj ?

Si je suis chez moi, je me fais mon propre petit déj évidement. Si je suis en tournée, j’aime aller au diner. J’étais vegan pendant deux ans, pendant ce temps-là je ne prenais pas de petit déjeuner. Ma copine était vegan donc j’ai voulu m’y mettre pour l’encourager mais j’ai pas vraiment tenu. Deux ans c’est déjà bien trop long. Je ne sais pas comment j’ai tenu. Un jour j’ai remangé du poisson et ça a instantanément repris. Je me suis souvenu à quel point j’adorais ça.

T’occupes-tu de : conduire la voiture en tournée ?

On le fait tous. Jason notre batteur est celui qui conduit le plus souvent. Je conduis pas mal aussi. On a une équipe de bras cassé entre TJ et notre ingénieur du son. L’un est fatigué au bout de 20 minutes de conduite et l’autre a tellement peur d’être au volant qu’il sue comme une fontaine. J’aime pas trop voir ça, il me fait peur.

T’occupes-tu de : passer de la musique aux soirées ?

Je suis plutôt bon lorsqu’il s’agit de faire des playlists mais je n’aime pas des morceaux très communs. Je préfère faire tourner des vinyles plutôt que créer des playlists à vrai dire. Mon vinyle favoris ce serait Sam Cooke, à utiliser partout et n’importe quand. Si tu ne sais pas ce que les gens aiment, Sam Cooke c’est parfait.

T’occupes-tu de : prendre vos billets de transports ?

D’habitude on a quelqu’un qui s’occupe de le faire pour nous mais on l’a viré récemment. Du coup c’est moi qui m’en occupe. Je suis très mauvais, j’ai pris des billets d’avion pour le mauvais mois. Je suis arrivé à l’aéroport et me suis rendu compte de ma boulette à ce moment-là. Mauvaise date. Du coup j’ai dû payer pour changer le ticket… Généralement on prend le train, c’est moins cher. La dernière fois on avait un trajet de train de 17 heures. Tout allait bien j’étais seul dans la cabine pendant le début du trajet puis à une station un vieil homme est venu s’asseoir à côté de moi. Il a sorti une boîte, l’a posé sur la table. Il m’a regardé et m’a demandé si j’avais besoin de me lever, je lui ai dit non. Alors il a branché la boîte à la prise située à mes côtés, je me suis retrouvé avec le câble sur mes genoux. Il a connecté un masque pour les troubles respiratoire et m’a dit « si tu le débranche, je meurs ». Puis il s’est endormi. J’avais tellement peur de bouger, je suis resté coincé sept heure à le maudire.

Prépares-tu : ton costume d’Halloween toi-même ?

Mon dernier costume était inspiré de Seul au Monde, le film de Robert Zemeckis. J’étais Wilson, la balle de volley. J’avais un sweat gris avec un gribouillis qui se rapprochait de la tête rouge que Tom Hanks avait dessiné dans le film.

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T’occupes-tu de : décorer le sapin ?

Chez mes parents j’adorais décorer le sapin mais ça fait six ans que je n’ai pas eu de sapin de Noël. On avait une décoration cornichon que mon père cachait dans les branches du sapin. Je devais le chercher à chaque Noël. Ça me manque, c’était un grand moment [rires].

T’occupes-tu de : te couper les cheveux et te raser la barbe ?

Je fais ça moi-même. Ou parfois je ne le fais pas. Comme en ce moment [rires]. Au Pitchfork de 2014, j’ai l’air d’un fou. Je portais un sweat manches longues et des boots en plein milieu de l’été, il faisait un cagnard pas possible. Mes cheveux et ma barbe étaient tellement longs. Je trouve que j’ai bien l’air bizarre quand je me revois.

T’occupes-tu de : réparer ce qui est cassé chez toi ?

Je sais réparer les choses basiques. Jason a acheté une maison récemment et je l’aidais à faire des travaux. Il est bien meilleur cela dit. Il sait intuitivement comment les choses fonctionnent. Il a réparé le chauffage en deux secondes. C’était impressionnant. Je suis plutôt du genre à rien y comprendre.

Prépares-tu : tes propres cocktails ?

Rien de très classe malheureusement. Je sais faire des mélange de deux alcools maximum. Comme le Gin & Tonic ou le Whisky & Ginger Ale. Rien de très complexe pour moi. Je préfère boire rapidement que de prendre le temps.

Cloud Nothings jouera au Petit Bain le 14 Mars prochain. Sortie de Life Without Sound chez PIAS le 27 janvier.

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