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Liesa Van der Aa, créatrice d’osmose

Pour sa dernière soirée, le festival Mo’Fo’ a accueilli une violoniste flamande nommée Liesa Van der Aa, venue interpréter son premier album « Troops » paru en octobre dernier, avant de partir en tournée française sur le Festival Les Femmes S’en Mêlent. Un live d’une très grande intensité.

Vingt heures ont sonné au Mo’Fo’ lorsque Liesa Van der Aa monte sur scène, seule devant un public curieux. Elle ne se montre pourtant pas timide, plutôt affairée, occupée à installer ses nombreuses pédales de loops et d’effets et à prendre en main son violon. La mine réjouie, elle tente quelques phrases en français avec succès, ce qui lui vaut déjà quelques « Ooooh » de la part de l’audience. Elle ouvre Troops avec une interprétation de Birds in Berlin, lieu dans lequel elle a enregistré cet album (Oui, encore. Cela commence à faire beaucoup pour une seule ville). Ce morceau en dit à la fois long sur une éducation classique, un héritage de la musique industrielle allemande à la Throbbing Gristle en reproduisant les bruits urbains, une radicalité à la Velvet Underground, ainsi que sur la volonté de l’artiste d’en faire un poème. Mais ce ne sont que des mots comparés à l’évidence. Un départ mélancolique qui lui vaut une attention toute particulière.

Le spectacle se poursuit, le violon est tour à tour martyrisé, saturé, percuté (mais Paris libéré) et l’archer est lancé de nombreuses fois avec une grande nonchalance, le temps qu’elle bidouille ses pédales d’un coup de main, d’une rapidité affolante. Il se passe quelque chose dans le public, habituel déconneur et inconstant. Lorsque Liesa rit, le public rit avec elle. Lorsque sa musique est dure, le public le ressent et à plusieurs reprises, il en est presque submergé. Bouleversant, c’est le cas du titre phare Lou, où elle fait preuve d’une très grande maitrise vocale.

Ajoutez à cela des titres plus longs et progressifs tels que Visitor où l’envoutement est de mise ainsi qu’une reprise magistrale de Night Clubbing d’Iggy Pop. La présence sur scène de cette Liesa Van der Aa, ses influences très riches et sa dextérité avec violon et pédales lui ont permis de créer des paysages sonores parfois déroutants, souvent magnifiques. Un moment à part.

(Crédit photo @ Le Cargo)

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