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Lettre d’amour à Didier Super

C’est bien simple, c’était plus fort que moi, il fallait que ça sorte.

Je me lève tout penaud et sans savoir pourquoi. Mais vraiment bizarre. Pour situer, c’est un peu comme après un rêve qui aurait mêlé inceste et science-fiction. Enfin, simple exemple inspiré d’une histoire du frère d’un pote que je ne connais pas trop d’ailleurs. En même temps, c’est assez rare de bien connaître les gens qu’on a vu juste qu’une fois ou deux. Mais ça arrive. Certains d’entre eux comptent parfois plus que ceux que vous croisez tous les jours. C’est le syndrome collègue VS star de ciné. Qui a déjà défendu un collègue de bureau, qu’il croise à peine, quitte à devoir se faire casser le nez pour sa pomme ? Personne. Pourtant, je me revois déjà essayer de convaincre une assistance haineuse que John Travolta et Tom Cruise – le gang scientologue – sont de super acteurs alors que je me contrefous mille fois de John Travolta et Tom Cruise, ils pourraient mourir dans l’instant que ça m’en toucherait à peine une. Mais ça n’empêche, on a l’impression de connaître ces gens-là. C’est peut-être ça la définition de la plèbe, de croire qu’on connaît ces gens-là.

Enfin bref, je me lève en me disant que tout est faux. C’est fini : vu que le cool est devenu une industrie, tout est cool, rien n’est cool, les vers qui grignottent les os de Warhol doivent être contents, les artistes deviennent impertinents pour être cool et les véritables fouteurs de merde sont relégués comme de tout temps dans leurs banlieues sordides. Cela dit, ils seront, dans 20 ans, affichés dans les musées comme la nouvelle culture alternative qui remplacera celle que l’intelligentsia urbaine aura balayée d’une main par ennui. En fait, je me dis que rien n’a changé, même s’il fut un temps où il fallait en avoir pour foutre le boxon, mais que toute contre-culture et tout excès d’originalité sont un jour récupérés pour vendre des rasoirs trois en un.

Donc, je me lève, j’ai cette pensée déprimante et puis mes terminaisons neurologiques me lient sans prévenir à Didier Super. Allez savoir pourquoi. Je me fais la réflexion que niveau entube monumentale à géométrie variable et relativement grand public, c’est quand même le champion toutes catégories confondues. On parle quand même du type qui fait son fond de commerce en feintant un peu de racisme et de sexisme depuis quinze ans tout en en mettant une couche gratuite aux enfants, aux vieux, aux handicapés. Le jackpot sans précédent : les grands médias crient au danger et les commentateurs YouTube en redemandent pour faire monter les likes chez MinuteBuzz et il réussit l’impossible, c’est-à-dire de continuer à vendre des disques d’accords de guitare sèche plaqués avec le ton et la diction de l’enfant handicapé qu’il parodie dans ses chansons.

Je m’insurge donc seul au lever de mon lit contre l’escroc pop qui a enfilé son costume de Didier Super et m’apprête à l’achever mentalement caché derrière mon laptop, rempart rassurant contre l’horrible XXIème siècle aperçu derrière la fenêtre. Mais en regardant vidéo sur vidéo, en écoutant chanson après chanson, j’en arrive à une conclusion qui me fait sauter aux rideaux. Détester Super m’est tout simplement impossible. Il me fera toujours marrer et, contre toute attente, je le trouverai toujours pertinent. Peut-être simplement parce qu’on a l’époque et le clown trisomique qu’on mérite. Il n’empêche que, si c’est Didier qui doit lever l’étendard sanglant de la loose dissonante contre les bureaucrates derrière ma fenêtre, je suis prêt à le suivre. Mais pas les yeux fermés non plus, je suis pas complètement con.

Après tant d’émotions, je me suis recouché.

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3 commentaires

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didio 11.05.2017

Pour moi Didier Super c’est carrément le fils de Coluche et de Jango Edwards. CQFD. bon sauf que les deux autres ont peut être pu s’enculer mais pas faire un gamin..donc on va dire un mélange…

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Aude 16.02.2017

Sagesse et amour se mêlent parfois incongrument à cet individu illustre. Il lui arrive même de louer la paix des ménages, et d’inciter à l’amour les religieux épris de pensées méphistophéliques envers ceux qui ne louent pas le même Dieu.
Ainsi dans « BOOM » : « La clef du paradis, c’est la maturité. »

(Maturité ?)

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Romain 16.02.2017

<3

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