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Les Siestes Électroniques sur tous les tableaux

Il y a neuf mois, nous échangions avec Samuel Aubert, programmateur du festival Les Siestes Électroniques qui fête ses 12 ans à Toulouse. Les pelouses de la ville rose ne sont pas prêtes de désemplir, loin de là. Sa subsistance tient dans sa capacité à se toujours se renouveler. La programmation est ardue et étonnante, elle s’exporte à Paris et à l’étranger. Elle s’investit aussi dans l’édition d’une revue musicale exigeante, dans l’organisation de débats retransmis en streaming et de rencontres autour des nouvelles technologies. Focus sur ces différents projets.

Rebolledo (Pachanga Boys) se confie : « Quand j’évoque les festivals les plus cools auxquels j’ai été invité, je cite immanquablement Les Siestes Électroniques. Commencer à jouer quand le soleil brille, le public allongé et terminer à la tombée de la nuit, le public debout, dansant dans l’herbe, c’est fantastique ! » Damian Lazarus fait de même : « Vingt minutes après le début de mon set, une centaine de personnes est montée sur scène et a dansé avec et autour de moi jusqu’à la fin de la soirée. Inoubliable ! »

Les Siestes à Toulouse

L’événement fête ses douze ans cette année les 27, 28, 29 et 30 juin prochain. Douze ans de gratuité, douze ans sans murs ni barrières, uniquement sur une grande pelouse, avec platines, danseurs (vous) et siesteurs (vous). A cette période de l’année à Toulouse, il fait déjà bien beau et les gens s’en régalent. Il faut voir le nombre de sourires au mètre carré. Soumettre au public des artistes aussi talentueux qu’Arandel, Apparat, Isolee, Luke Abbott puis évoluer et enrichir l’événement avec Arnaud Fleurent Didier, James Pants, puis proposer Marvin, Electric Electric, Pneu, Papier Tigre (et leur Colonie de Vacances) dénotent une prise de risque permanente mais très maîtrisée. Chapeau à ces programmateurs, leur nez devrait être assuré comme dans le monde du parfum. L’organisation le dit elle même, elle « ose sans complexe le grand écart des genres, des périodes et des familles musicales ».

Les Siestes à Paris

Afin de mettre en avant le fond audio de sa médiathèque, le Musée du Quai Branly collabore avec Les Siestes et crée en 2010 une déclinaison du festival toulousain. Une dizaines de musiciens chanceux – et bourrés de génie – ont la possibilité d’accéder à l’hallucinant fond audio du musée. Un puits de matière musicale africaine, asiatique, océanienne et américaine aussi riche ne se refuse pas. Des Dj sets agrémentent le festival dans le jardin du musée, le public se prélasse dans l’herbe et fait la sieste. Le pied. Troisième édition cette année les 7, 14, 21 et 28 juillet prochain.

Les Siestes à l’Étranger

Documentaire de Pierre Teulières – Les Siestes Électroniques au Congo

Les Siestes Électroniques est cofondateur (avec le Club Transmediale, Berlin) d’un réseau d’événements : l’ICAS qui met en lien ce genre d’initiatives et de festivals novateurs, réfléchis et ouverts. Le réseau est aujourd’hui bien établi (plus d’une vingtaine de structures en sont membres) et permet des échanges créatifs et des melting-pots culturels hallucinants. Par exemple, ils ont eu l’idée d’emmener Mondkopf à Brazzaville et le confronter aux meilleurs Djs locaux, assister à des concerts d’electro du coin et comprendre les différentes démarches, la façon de transmettre et de ressentir. Ils ont aussi récemment fait un petit tour à Montevideo avec Débruit. Et plus généralement, ils co-organisent des événements avec des structures. En six ans, il seront passés par Berlin, Riga, La Haye, Le Caire, Kyoto, Montréal, Brazzaville, Abu Dhabi, Montevideo et prévoient une fin d’année au Vietnam. Le genre de projets qui fait saliver. Le très beau documentaire Les Siestes au Congo est tiré d’un de ces voyages sonores (vidéo plus haut).

La revue Audimat et les rencontres Futurism

Audimat & Les Siestes Électroniques présentent « A quoi sert la critique musicale ? » @ La Gaîté Lyrique (lien du stream sur la photo)

L’organisation diversifie ses activités en éditant une revue musicale : Audimat. La rigueur et l’exigence du festival se retrouve dans les pages du magazine. Il fait appel à des contributeurs de tous horizons professionnels et géographiques. Le premier numéro de leur revue est même déjà épuisée devant l’enthousiasme qu’elle suscite. Des débats sont organisés, depuis janvier dernier à la Gaîté Lyrique, sur des sujets où société et musique sont étroitement liés. Les questions qui se sont posées sont « Qu’est ce qu’un son de qualité ? », « A quoi sert la critique musicale ? », « Le rap français existe-t-il vraiment ? » et « Musiques gays, musiques d’avant garde ? ». Les invités sont des chercheurs, des écrivains, des professionnels du secteur… et débattent devant un public et des caméras qui retransmettent tout en streaming sur le site de la Gaîté Lyrique. L’ambiance est détendue.

Les rencontres Futurism sont nées il y a deux ans. Les Siestes ont pour but « de participer à leur manière à l’émulation créative locale et à la redéfinition des fonctions sociales du numérique ». Ce sont des passionnés de musiques pro et amateurs qui se retrouvent et discutent des problématiques actuelles liées à l’industrie musicale et surtout à la révolution numérique. Ces réunions n’ont aucun autre but que d’apprendre sous forme de workshop, d’atelier, de masterclass, de présentations ou de conversations. Le principe : « vous venez parler de vous, vos créations, vos expériences, votre travail ».

Crédit photo en une : Pierre Delmas – Les Siestes Électroniques

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