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Les confessions intimes de J.C.Satàn

Fin d’été 2017, dans une ferme normande pendant le festival Rock In The Barn, nous avons croisé la route de J.C.Satàn et l’envie de leur poser des questions était irrésistible ; en vue de leur cinquième album à venir. Mais à l’époque encore au stade de finalisation, aucun extrait n’était encore disponible à l’écoute. Voici donc un article gardé au frigo pendant 6 mois (ou cuisiné 6 mois plus tard, c’est vous qui voyez) à quelques jours de la sortie de « Centaur Desire ».
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Alors, quoi de neuf  ? Ça fait un sacré bail qu’on ne vous ne vous a pas vus.

En même temps, on fout plus grand chose, c’est bien de prendre des nouvelles. On commençait à être en manque d’interviews. Ah ouais d’ailleurs : on va sortir un nouveau disque. Et attention, on va faire du bruit. Sinon on a fait quelques dates, surtout pour les 10 ans sans fin de Born Bad. On se marre bien à ces soirées, vu que c’est une grande bande de potes. La soirée à domicile de Bordeaux était gratuite d’ailleurs, c’était hallucinant de jouer devant 3500 personnes.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur vos concerts Love Sessions, en semi-acoustique ?

On n’aimait pas tellement, alors on a arrêté. On avait comme objectif de faire uniquement des concerts du genre cette année mais on voulait faire ça dans des lieux atypiques et intimistes, se rapprocher du public, et c’était pas forcément évident de trouver ces endroits. C’était mal annoncé aussi, les gens pensaient vraiment voir notre set normal. Les gens annonçaient ça avec Kaviar Special et Dick Voodoo par exemple. Puis la formation bougeait, le violon était pas toujours là. C’était un peu stressant, et c’est bizarre de se retrouver à jouer assis quand tu connais un peu ce qu’on fait à la base. C’est tombé à un moment délicat où on changeait de booker (maintenant My Favourite) et de bassiste aussi. On le refera sans doute plus tard. Février 2019, tournée du LOVE, Sessions.

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Parlons peu parlons cash : elle vous convient, votre intermittence ?

On adore ça. L’intermittence, c’est génial quand tu la cherches pas. Si tu la cherches c’est que t’es une tête de nœud. On ne vit que des concerts. Ça t’étonne hein ? On est en mode cool, on est pas des capitalistes sous l’emprise du marketing. On essaie de faire en sorte que la chose soit la plus gratuite possible. Bon, on enregistre des groupes à côté aussi. On aimerait avoir un bon studio pour pouvoir aider les petits groupes qui commencent à s’enregistrer correctement, car le nombres de premiers EP qui ont un son de merde, ou bien qui sonnent hyper bien mais plats, c’est hallucinant. C’est un peu l’effet Kickstarter des groupes qui se retrouvent dans des mégas studios, hyper impressionnés, sans oser dire au mec ce que tu veux vraiment et qui sortent des trucs super produits mais insipides. Mais c’est la crise, on comprend.

Votre nouvel album, c’est vous qui l’avez enregistré ?

Ouais, ouais, il est génial. Il sonne hyper bien, il a vachement d’identité. En fait pendant deux ans on a touché pour la première fois la Sacem, alors que ça fait 10 ans qu’on avait des trucs qui traînaient et qu’on n’avait jamais pris. On s’est donc acheté du putain de matos cradingue et une table de mix, et on a tout enregistré nous-mêmes. On a pris le temps de le faire, sur plus de deux ans, et on a pu faire l’album dont on rêvait. Il s’appelle Centaur Desire.

A quoi on peut s’attendre avec ce centaure ?

C’est plus audacieux, le son est vraiment fat et violent. Ça n’a pas vraiment grand chose à voir avec les précédents albums. Il y a beaucoup plus de ballades, mais elles sont plus lourdes.

Vous avez changé de bassiste aussi.

Oui, Gaspard, il est solide. Tant que ça reste Bordelais, ça passe. On s’entendait déjà avant donc c’est cool.

Tu tiens le coup Paula en étant plus que la seule nana dans cette bande ?

Ça va, j’ai l’habitude tu sais.

Vous allez jouer des nouveaux morceaux ce soir ?

On était censé ne pas en jouer, mais oui, on va faire un titre qui s’appelle « The End » et c’est la reprise des Doors. Non, sans déconner, il s’appelle vraiment « The End » par contre. Une fois un journaliste a vraiment avalé ce genre de blagues et a écrit qu’on avait fait une reprise de Pink Floyd, à Lille. Le blaireau. C’était le dernier morceau, un titre bien psyché, « The Last Episode » du 3ème album, et on avait fait la blague au micro avant de la jouer. Y a même un gars qui est venu nous voir au merch à la fin du concert pour nous dire : « Ah ouaiis mec votre reprise de Pink Floyd était trop géniale ». Il était avec sa meuf, et on lui a dit que c’était une vanne, et sa nana en mode « AAAAH, TU VOIS, TU VOIS ! ». C’était vraiment trop bon.

« Au Rockstore à Montpellier, l’ingé son nous a sorti : j’arrête de vous faire le son. Vous jouez trop fort. »

Vous en pensez quoi de la nouvelle limitation des décibels dans les salles de concert ?

Déjà, pour la loi des 105 dB, c’est arrivé très souvent qu’ils s’en foutent. Y’a pas toujours des limiteurs, même si c’est de plus en plus rare. Mais ces histoires de groupes qui jouent le plus fort au monde, comme Jesus & Mary Chain ou A Place To Bury Strangers, c’est des conneries, parce que t’es toujours plus ou moins bridé à un certain seuil.

Petite anecdote à ce sujet : Placebo avait joué au Bataclan dans les années 90, et le groupe biterrois qui faisait leur première partie (Sloy) s’étonnait de la violence de leur son. Jusqu’à se rendre compte que derrière les rideaux de la scène, il y avait des musiciens de l’ombre pour les amplifier.

Green Day fait pareil, avec des musiciens qui jouent dans le noir. On les avait grillé au Paléo. C’est con, il suffit d’une guitare avec 10000 amplis et c’est la même chose. C’est moche, mais ils sont à un tel niveau qu’ils s’en tamponnent complet. L’Amérique, plus c’est gros plus ça passe.

Le(s) meilleur(s) show(s) que vous ayez fait selon vous ?

La Maroquinerie, pour notre release party. Binic aussi. On commençait à la fin de Frustration, ça a fait un enchaînement de ouf. On était complètement bourré aussi, et les gens aussi. Le public avait cassé les crash barrières, imagine. Il y a eu ce concert improbable en Angleterre aussi, au festival End of The Road. On jouait le jeudi midi en ouverture de festival, on pensait que ça serait mort de chez mort. Et au contraire c’était complètement rempli en fait. Forcément, ça surprend.

Vous détestez qu’on vous dise que vous êtes les sauveurs du rock français ?

Ouais, on est les sauveurs du rock américain. Bon déjà faut arrêter de déconner et faudrait dire qu’on est un groupe européen, pas français. On est Italo-français. On fait pas du rock français non plus, mais si les gens ont l’impression qu’on sauve quelque chose dans la musique en France, c’est peut être parce qu’on fait pas du tout un truc typiquement français.

En « rock français » justement, il y a des groupes que vous affectionnez en ce moment ?

Tellement. Tu peux pas parler d’un groupe sans parler d’un autre. Regarde rien qu’à Rennes. On a pas mal de potes aussi. Faudrait plutôt parler de scènes plutôt que de groupes, y en a trop. Bordeaux, Rennes, Toulouse, Bruxelles, etc. Chacun sa particularité.

Ouais, bonne réponse. Question con aussi.

La fin de l’interview devient inaudible, les groupes de discussions et les sujets se mélangent, entre pays dans lesquels le groupe a joué, énumération des meilleurs cocktails, et questions privées du genre « Tu l’as niqué alors ou pas ? » (ton ampli).

Leur cinquième album Centaur Desire s’écoute sur Bandcamp juste en-dessous.

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