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Les aventures de Rave le céleri à Dour [3/4]

Il y a une semaine, on a reçu une lettre à la rédaction. Elle était signée d’un petit céleri, qui se proposait de couvrir Dour pour notre média. Son nom ? Rave. Le voilà en Belgique, accréditation autour du cou, et souvenirs plein la caboche. Après le Jour 1 et le Jour 2, voici le Jour 3.

En ce jour 3, j’ai envie d’une petite balade. J’ai une énorme graine dans le crâne qui n’a pas envie de passer, comme l’impression qu’on me tranche la boule, qu’on émince ma tige et qu’on me mixe pour un gaspacho. Mais je suis un professionnel et roule-boule fièrement dans les rues de Dour à la recherche de contact humain. Dour, ses maisons de briques à la chaîne, ses chats errants et son festival. Je me perds dans ses avenues parsemées de hautes herbes et de festivaliers en after depuis 30h. Un tableau que je n’oublierai jamais.

Mais passons notre chemin : je passe la cinquième pour revenir sur le site des festivités. Zut, un contrôle de douanes. Merde, merde, merde, comment je vais faire pour me sortir de là, ils vont bien voir que je suis encore ivre de la veille. L’uniforme me toise, prend son talkie et dit : « C’est bon, c’est juste un céleri ». Misérable mais sain et sauf, je m’éloigne les branches en berne.

Arrivé sur le festival, j’opère mon petit rituel [voir l’aventure du vendredi] et me fais une bonne session devant le prodige du rap irlandais Rejjie Snowvqui revient une seconde fois en terre belge. Il dira même que c’est son pays préféré. Moi, je l’aime bien aussi. Il y a plein de céleris, de betteraves, de choux, bref des légumes que tout le monde hait manger. Un mépris qui est pourtant notre principal salut.

Plus tard, c’est avec un enchaînement Igorrr (un producteur qui oscille entre breakcore, musique baroque, gothique et death metal, oui, rien que ça) puis surtout Amenra (un groupe belge de post hardcore) que mon jus tourne au violet. La capacité d’émotion et d’intensité extrême canalisée dans ces êtres humains m’étonnera toujours. Pourquoi faut-il par ailleurs que la majorité d’entre eux veuille créer des serres pour parquer les légumes, je ne le comprendrai jamais.

J’essaie ensuite d’aller faire un tour à Rone, mais le chapiteau est tellement bondé que je manque de me faire écraser à plusieurs reprises. Je fais trois morceaux en apnée et me rends compte que ça me rend ivre plus facilement. Je le montre évidemment aux premiers festivaliers que je croise qui m’applaudissent à tout rompre et me font slammer jusqu’au premier rang où je peux apprécier l’électronique mélodique du petit prince français.

Je fais des tours dans le festival à la recherche de kick sauvage et martial parce que c’est bien gentil la pop et le rock, mais j’ai des besoins biologiques très sérieux, l’été. C’est DJ AZF qui ravira mon bulbe meurtri avec sa techno industrielle, quasi hardcore et qui finira sur un bon vieux B2O des familles. Vous voyez, je commence à parler comme les jeunes humanoïdes.

Bouillant comme une soupe à frange, je file vers le camping public pour afterer comme il se doit. Les gens sourient autour de moi, on croirait un beau potager au bord d’un canal, au crépuscule au son des grillons.

Ah et un pote m’a photographié chez lui à Mons. Aucune idée de comment je suis arrivé jusque-là.

Fin de l’histoire, lundi.

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