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Le printemps des poètes des Têtes Raides et Lantoine

Double-retour en ce mois d’avril. Loïc Lantoine, l’un des plus poignants poètes de son époque, imité par les Têtes Raides, qui déboulent en mettant en musique des poèmes de Prévert, Dubillard, Rimbaud…

Son timbre rocailleux n’a d’égal que l’énergie de son désespoir. Loïc Lantoine ne semble pas avoir bougé d’un pouce, contrairement à ce qu’annonce son dernier album (J’ai Changé). Au-delà de cette chanson assurément rock qui laisse place à des synthés et des guitares – oui, on parle bien de Loïc Lantoine – l’essence du disciple d’Allain Leprest persiste. Des textes bruts qui accrochent comme un chewing-gum sous la godasse. A écumer les scènes pendant des années avec son illustre contrebassiste, François Pierron, un album live avait accouché en 2008. Sept ans d’attente pour un opus en studio ne laisse aucun doute sur les intentions du « Rude Châmeau » qui sommeille dans ce baroudeur à l’esprit cabossé.

Le changement n’est pas pour maintenant avec Loïc. La passion de Lantoine pour les bistrots demeure intacte. Le Ch’ti a précisé à La Voix du Nord qu’il était l’auteur d’un plagiat à propos du refrain de Je Ferme. (« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, il pleut pas dehors. La mauvaise, je ferme. »). Adage puisé dans son repère à Wazemmes, un quartier populaire de Lille. « C’est ce que disait le patron, un grand ami, tous les soirs, quand il fermait son bar. C’est d’ailleurs marrant que le refrain de cette chanson qui tourne pas mal ne soit pas de moi. » Pour le reste, du Loïc Lantoine pur jus. Torturée, émotive, heureuse parfois : cette écriture crasseuse donne du baume au cœur.

Lundi, le Nordiste a dû se réjouir du retour de ses potes des Têtes Raides (photo). Il est loin le temps où les Parisiens lui offraient sa première partie au Bataclan. La troupe de Christian Olivier aime elle aussi la scène et les beaux mots. C’est donc avec une double rondelle que Corps de Mots est arrivée dans les bacs.

Un CD reprend 18 textes de Prévert, Dubillard, Rimbaud, Artaud, Queneau, Tsvetaïeva, Genet, Soupault, Desnos et Apollinaire
. Tous n’accrochent pas l’oreille. Pour les excuser, la mise en musique de certains poèmes n’a pas dû être si évidente. Un digibook reprend les textes, accompagnées de photos et illustrations. En revanche, belle et surprenante reprise de « Love Me Tender » du King Elvis. En sus, un DVD de leurs concerts aux Bouffes du Nord fin 2012. Comme d’habitude, les Têtes Raides chiadent la scénographie et ne connaissent pas le mot économie.

La fibre créative intacte, deux nouvelles créations viennent se greffer à cet album poétique. Alors que le groupe répétait son spectacle, l’un de ses inédits (« L’Ephéméride ») a été capté. Les Têtes Raides ne mollissent pas. Les fans se réjouiront (ou pas) de la version réarrangée de « Ginette ».

Loïc Lantoine aux Trois Baudets (rénovation terminée), pour trois concerts les jeudi 25, vendredi 26 et samedi 27 avril.
Les Têtes Raides rejouent le spectacle Corps de Mots au Lavoir Moderne jusqu’au samedi 27 avril.

© Photo : Alexis Bogdanovitch / Têtes Raides au Lavoir Moderne

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