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L’Animalerie : « L’union fait [encore] la force »

L’amitié, c’est le début de la création, se dit-on au regard du collectif lyonnais L’Animalerie. Ça fait un bail qu’on écoute leurs textes, qu’on s’éclate les oreilles sur leurs beats le casque à fond, alors on a cherché un moyen de les remercier. Voici notre entretien à l’occasion de leur venue chez nous, à Mains d’Oeuvres, dans le cadre du festival Terres Hip-Hop, le jeudi 13 mars prochain.

Comment définir au plus juste les contours de l’Animalerie ?

Nous avons toujours rejeté l’appellation de crew, de groupe… Nous sommes avant tout une bande de potes, un collectif d’artistes gravitant indépendamment les uns des autres dans le milieu hip-hop lyonnais depuis des années. Autour de 2008, nous étions nombreux à nous rendre chez Oster Lapwass chez qui nous faisions des vidéos de freestyle. Puis de fil en aiguille, des affinités artistiques et humaines se sont créées, une partie des MC’s, beatmakers et graffeurs qui passaient par là, se sont liés et des projets sont nés : maxis, albums, vidéos… Autour de 2010-2011, la question de donner un nom à ces agissements s’est posée, nous avons choisi le nom de L’Animalerie. La mécanique de rassemblement du collectif s’est faite naturellement autour de valeurs communes comme la recherche sans concession de la performance. Tant en termes de flow que d’écriture.

Qu’est ce qui la distingue des autres collectifs de hip-hop en France ?

Avant tout le fait que nous soyons Lyonnais et que nous l’assumons. Ce n’est pas rien parce que, malgré les nombreux artistes locaux qui ont pu être mis en avant au fil des ans, aucun d’entre eux n’a jamais réellement réussi à obtenir une forte exposition nationale. Mais ce qui caractérise l’Animalerie, c’est peut être l’impressionnante variété de styles au sein d’un même crew, des identités extrêmement différentes humainement et artistiquement.

Quel est l’univers graphique de l’Animalerie en quelques mots ?

Ce qui nous caractérise aux yeux du public et qui nous correspond à merveille c’est notre logo à la tête de lion. Il a été créé par JC Dal Ben qui travaille aussi sur de nombreux projets de membres du collectif. En dehors de cet étendard, on ne peut pas dire que nous ayons un univers graphique à proprement parler. Sur nos projets nous sommes tous autonomes et pouvons aller dans des directions particulières. Vous pourrez constater que nous sommes souvent emmenés à travailler avec des artistes, graphistes talentueux et originaux qui bien souvent viennent du monde du graffiti. En ce moment, nous essayons de nous créer une identité sur la vidéo.

Quels sont les événements, les sorties de disques, les artistes qui ont permis de faire connaître l’Animalerie à un plus grand nombre ?

Ce qui nous a révélé ce sont nos vidéos sur Internet. Ensuite, les scènes. On se rend compte que la chance de notre collectif est que, quand quelqu’un découvre un des artistes, il a naturellement tendance à vouloir découvrir ce que font les autres.

Comment les programmateurs négocient-ils avec vous ? Ils leur faut absolument un noyau dur, untel ou untel ?

Ça dépend. Souvent, ils veulent L’Animalerie sans idée précise derrière la tête. Dans ce cas, nous leur proposons un plateau relatif à leurs souhaits en terme de durée et à leur budget. Il arrive aussi qu’ils aient programmé un artiste du collectif et qu’il veulent en découvrir d’autres. De manière générale on peut dire que le noyau dur c’est Oster Lapwass, on aura tendance à toujours le retrouver sur scène quel que soit le plateau, mais c’est vrai qu’aujourd’hui les MC’s les plus demandés par les programmateurs sont Kacem Wapalek, Anton Serra et Lucio Bukowski.

Quels sont les futurs projets du crew ?

Lucio Bukowski travaille à son habitude sur quelques projets ambitieux avec différents beatmakers mais aussi sur un album commun avec Anton Serra et Oster Lapwass qui risque de faire beaucoup de bruit en fin d’année. Sinon, vous allez de plus en plus entendre parler des Bavoog Avers. C’est une nouvelle formation issue du collectif, composée des jeunes loups de l’équipe, à savoir : les CDK (Cidji, Dico, Kalam’s) et Nadir. Notre champion du monde DJ FLY travaille aussi sur un projet et nous allons également sortir un album de 3Ler pour le moins surprenant. Missak pour sa part a sorti son 1er album « l’adultère est un jeu d’enfant » en février. Mais tu sais l’Animalerie c’est aussi une machine à projets. Projets d’albums, de collaborations, de vidéos, de scènes, une chose est sûre : vous allez encore entendre parler de nous cette année.

L’entraide entre rappeurs est un phénomène naturel à Lyon ?

C’est un phénomène naturel au sein de l’Animalerie. Lyon, comme ailleurs, canalise son lot de frustration, d’orgueil et tout ce que tu veux, donc non, on ne peut pas dire que Lyon, plus qu’une autre ville ait une prédisposition particulière à la coopération. Dans le meilleur des mondes nous le souhaiterions tous mais sommes nous dans le meilleur des mondes ?

Vous aimeriez vous étendre à d’autres villes ?

Si nous sommes lyonnais nous ne sommes absolument pas fermés pour autant. On peut nous voir jouer partout en France et nous envisageons d’aller plus encore à la rencontre du public. Si tu veux parler de faire rentrer des gens d’ailleurs dans le collectif, à vrai dire rien n’est fermé mais il n’y a pas de règle, mais pas non plus de besoins ; les choses se font naturellement depuis le début. Cela dit nous sommes ouverts artistiquement, d’ailleurs tu peux voir qu’Oster Lapwass reçoit assez régulièrement des invités qui ne sont pas lyonnais, que les MC’s font des featuring avec d’autres rappeurs hexagonaux. Mais nous ne sommes pas confrontés pour autant à la problématique de la pile de CV à traiter.

Comment concilier egotrip et collectif ?

L’egotrip, c’est un jeu. C’est quelque chose qui s’inscrit dans l’ironie et le second degré. On en fait des tonnes, mais c’est ce qui est drôle autant pour nous que pour l’auditeur. A partir de là, il n’y a aucune raison pour que l’egotrip ne se concilie pas avec le fait que nous soyons un « collectif d’individualités ». Bien au contraire, cela provoque une émulation créatrice assez intéressante : chacun a envie de faire encore mieux que les autres, donc se surpasse pour leur mettre la pression.

Le concept de collectif de hip-hop est-il une tendance passée qui revient ces derniers temps ?

Peut-être ! C’est difficile de parler sur les tendances sociologiques ! Il est possible que certains se rendent compte que l’union fait la force.

La meilleure punchline de l’Animalerie ?

J’suis comme les Nike de McFly, j’me lasse de moi-même.

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