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Joseph d’Anvers croise les fers

"Vous m’avez connu à quatre. Là, je suis seul pour accompagner Miossec sur 25 dates. Je vais faire de mon mieux. »

Ecrire d’un album qu’il est « une invitation au voyage », c’est un peu comme un ministre de l’Emploi qui s’enorgueillit de « vouloir endiguer le chômage de manière durable » ou un footballeur « content d’avoir pris les 3 points » après une victoire. Les défonceurs de portes ouvertes ne manquent pas dans les critiques musicales. La preuve.

N’ayant donc pas peur du ridicule, reste à assumer avec un courage hors du commun que le dernier Joseph d’Anvers (JDA) s’inscrit d’une invitation au voyage. Sérieusement, le beau gosse ténébreux maîtrise l’équilibre de douze titres entre grands espaces et confinement (Ma Peau va te Plaire, Les Âmes Solitaires). Radio 1, bien qu’il n’ait pas grande similarité en terme de musicalité, s’inscrit dans la veine de Dominique A époque Dans un Camion. L’envie de prendre la route en accélérant. Itou sur Always Better.

Logique pour cet ancien boxer semi-pro qui nous raconte un peu plus tard Las Vegas. Chanson poignante nourrie de rimes efficaces qui relate un besoin de sincérité lors d’une road story amoureuse foirée. (I Caught an) Exotic Bird, avec Troy Von Balthazar, s’inscrit dans cette poursuite d’une route infinie. Sans hésiter, le nid qui forge «Rouge Fer».

A l’image de ce duo, l’alternance entre la langue de Voltaire pour les couplets et celle de Shakespeare pour les refrains fonctionne. Autre marque indélébile : un vrai travail de groupe où se répondent synthés crados et guitares tantôt légères tantôt appuyées. Justement, seul sur scène à Sannois (95), l’adepte de JDA pouvait légitimement craindre une perte d’intensité. C’est mal connaître le barbu. « Je me souviens bien de l’EMB. J’y ai été en résidence en début de carrière. Vous m’avez connu à 4, là je suis seul pour accompagner Miossec sur 25 dates. Je vais faire de mon mieux. »

Le rockeur a fait le job à coup de riffs. Parfois aidé de son Mac, la sauce prend. Plus épicée et moins « chanson française » que l’album le laissait présager. D’autant plus lorsque Leave me Alone résonne avec deux micros. Le vieux – période Happy Days ou une pochette de disque de Dick Rivers (Traduisez son nom, ça donne la banane) – recrachant un reverb oldy.

Pour en revenir sur les rimes, Joseph n’a pas été d’enfer lorsqu’il propose un facile « notre horizon / notre oraison ». Mais vu l’énergie déployée, avec ses petites blagounettes et sa manière de chambrer le public qui s’est réveillé tardivement, cette facilité euphonique est déjà oubliée. « Merci bande de diesel, j’ai plus envie de partir maintenant », conclut Joseph d’Anvers. Essence ordinaire d’une première partie qui aime prendre et chanter la route.

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