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John Lydon (Jonny Rotten) sort un recueil de toutes ses paroles

1975, un jeune homme aux cheveux verts ébouriffés et au regard inquiétant traîne dans une boutique londonienne. Cette boutique, c’est celle de Malcolm McLaren, un bourgeois juif. Elle s’appelle « Too Fast To Live, Too Young To Die ». Ce nom en dit long sur le genre de personne que voulait être John Lydon. Issu d’une très modeste famille irlandaise pas fâchée avec les liqueurs (pléonasme ?), il contracte à sept ans une méningite en raison d’une hygiène douteuse (on lui donnait le bain une fois par mois), ce qui lui a valu de devenir bossu à vie et amnésique. A dix ans, il travaille le soir pour gagner trois sous. Exclu de toutes les écoles où il est entré, cet enfant de rue a l’agressivité facile. Avec son acolyte rencontré au lycée, John Ritchie, ils se lacèrent à coup de couvercles de boîtes de conserves, se brûlent avec les mégots de leurs cigarettes et déchirent leurs vêtements au rasoir avant de les rapiécer avec des épingles à nourrice. Bientôt, John Lydon surnomme son ami « Sid Vicious », en référence à son hamster qu’il appelait ainsi. Bientôt, Steve Jones appelle John Lydon « Johnny Rotten » (Johnny le pourri), un épithète sensé avant tout définir son âme mais qui décrit aussi si bien l’état de ses dents. C’est le début d’une histoire connue de tous.

La jeunesse chaotique de John Joseph Lydon, qu’il est bien sûr impossible de limiter à quelques phrases, n’a pas simplement dessiné les contours d’une personnalité atypique, entre timidité maladive et psychopathie. Elle a aussi fait goutter son esprit. Un esprit qui fuit depuis qu’il a rencontré les noms de Keats et de Wilde au lycée, bien qu’il n’y soit pas resté longtemps. S’échappent de sa tête toquée des paroles, des mots à la suite des autres, des verbes et adverbes qui dénoncent avec hargne et dédain tout d’une société qu’il rejette. Ironie du sort, ses poèmes atypiques avant tout devenus les hymnes de toute une jeunesse lorsqu’elle furent jouée par son groupe, les Sex Pistols, sont maintenant entrés dans le patrimoine culturel anglais. La mort de son camarade ne l’empêchera pas de continuer à poser de l’encre sur papier mat : il fonde Public Image Ltd, un groupe de post-punk, toujours actif. Fort de tant d’années de maniement des lettres, il était pour lui grand temps de rassembler ses œuvres en un livre qu’il a intitulé Mr Rotten’s Songbook. Cette édition limitée est un recueil de tous ses écrits, tous annotés et griffonnés de dessins personnels et inédits. Pour les plus adulateurs, sachez qu’il n’y aura que 1 000 copies numérotées, toutes signées par ses soins. La sortie est prévue pour le 31 mars. On espère désormais une traduction intégrale. A vos bonnes idées.

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