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Hinds : « Le sens du mot garage est bien trouvé »

Une bande de filles venue de Madrid a posé ses valises pour deux soirées au festival Eurosonic. Hinds, qui a dû changer son nom d’origine Deers pour des raisons légales, est la nouvelle formation de pop lo-fi qui attire journalistes et programmateurs du monde entier. Un succès rapide, malgré la grande jeunesse du groupe qui s’est notamment chopé la première partie des Libertines en septembre au Zénith de Paris. Voici un court portrait et des extraits de nos échanges avec elles.

Hinds – anciennement Deers – existe depuis le début des années (20)10. Oui, c’est bizarre de parler de années 10, on ne s’y fait pas. Ana Garcia Perrote et Carlotta Cosials sont à l’origine de ce duo madrilène qui « a commencé à écrire des chansons ensemble depuis octobre 2013 », selon Carlotta. Un groupe qui a dû s’entourer de deux nouvelles membres, Ade Martin et Amber Grimbergen, victimes d’un succès international et d’un gros gain d’intérêt général pour le garage. Un terme qui convient à Ana : « le sens de ce mot est vraiment bien trouvé : t’as pas de tunes, tu enregistres dans ton garage. Et nous on n’a même pas de garage. Alors tu imagines… On enregistre dans le home-studio que tout le monde a aujourd’hui ». À Carlotta d’ajouter que « le mot qui revient toujours est lo-fi ».

On précise tout de même notre pensée sur les termes garage et lo-fi qui renseignent très incomplètement le style de cette bande de filles (de n’importe quel groupe d’ailleurs). Parce qu’entre le garage de Mountain Bike, celui de Cheveu et le leur, il y a un monde. Chez elles, on est plus dans la nonchalance d’une dream pop psychédélique. Des productions crados propres à cette famille d’autoproducteurs sans le sou. Et le son sans-le-sou a la côte avec une multitude de groupes qui poussent un peu partout. Pour le bien, pour le mal.

On a vu pas mal de groupes de garage évoluer ces dernières années en Espagne. Les filles ne ménagent pas leur fierté : « A Madrid, on a une petite scène de garage qui est très créative, raconte Ana. On a d’ailleurs appris ce qu’était ce style grâce à la profusion qui existe là bas ». « On est fans des Parrotts, de Los Nastis de Madrid, aussi Mujeres de Barcelone confirme Carlotta. On se connaît tous, c’est un si petit milieu. Tout le monde sait dans quel groupe tu joues et pour lequel t’as déjà donné un coup de main. On habite même tous dans le même bâtiment ». Sur quoi on leur propose habilement que les rockeurs de Madrid se cotisent pour acheter un garage ensemble. Elles y réfléchissent.

Une expérience dans un véritable studio, elles en ont eu une seule. Il est loin le temps de la course aux studios pour monter son groupe. Carlotta se confie : cette expérience « s’est assez mal déroulée. On a gagné un prix en Espagne, un voyage pour Berlin pour 6h d’enregistrement avec un producteur. C’était notre première fois en salle de répète et c’était bizarre ». « On ne connaissait pas le mec, et lui ne savait pas ce qu’on faisait » ajoute Ana. « Il parlait encore moins bien anglais que nous, ajoute Carlotta, ce qui rendait les choses très compliquées. Imagine la communication entre un Allemand et un Espagnol, c’était le bordel. Donc, on a fait le job, mais on était très nerveuses. Finalement « Barn », notre second single est né là bas, donc ça a eu du bon. »

NME, The Guardian, Mac DeMarco, The Vaccines, ils sont tous fanas des nouvelles coqueluches espagnoles qui viennent de passer un mois difficile. Oui, car elles ont dû changer de nom. Bah oui, il faut s’informer quand quelqu’un d’autre a le même nom. Des fois, il ne sert à rien de porter plainte, comme le chanteur suisse Nicolas Julliard alias Fauve qui a vu lentement sa carrière devenir un enfer. Ana n’a toujours pas digéré : « c’est aussi horrible et naze comme situation que ça en a l’air de l’extérieur. Mais les gens et les blogs nous ont beaucoup supportées et ont l’air d’apprécier le nouveau nom ». « On est contentes d’en être sorties. Parce que t’as l’avocat qui t’e-maile tous les jours, t’as la pression, tu ne dors plus » poursuit Carlotta.

Alors forcément, quand on leur propose d’écrire une chanson dessus, la blague tombe bien à l’eau : « je n’ai plus vraiment envie d’en entendre parler » clôt Ana, avec un sourire. Tant pis, c’était tenté.

Carlotta nous dit au revoir en nous rappelant que la prochaine étape physique sera « un split qui sortira probablement en mars avec les Parrotts. Ensuite, ce sera l’album. On bosse dessus, promis ». Kiss, lol, flex.

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