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Gold Panda, quelque part entre Tokyo, Rio et Berlin

Avant son concert à Paris en compagnie de Luke Abbott, Derwin aka Gold Panda a bien voulu nous accorder une petite entrevue. Il semblerait que la production de son nouvel album « Half Of Where You Live » n’a pas été de tout repos. L’Anglais débarqué à Berlin est toujours en apprentissage des métiers de DJ et d’artiste, trois ans après la sortie de « Lucky Shiner », le long format qui lui a valu une certaine reconnaissance. Toujours en vadrouille, il chope ses idées au vol d’un continent à l’autre.

Concevoir ton album était une période agréable ou laborieuse ?

C’était très difficile pour moi. J’ai passé énormément de temps à ne pas faire de musique parce que je ne savais pas quoi faire après « Lucky Shiner » (son précédent album – ndlr). Les gens ont aimé ce disque et j’étais inquiet de savoir si j’allais pouvoir faire un nouveau You dessus. Je me disais que les gens n’aimeraient plus, je n’arrivais plus rien à faire. Mais ensuite, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas d’intérêt à refaire la même chose et que c’était stupide. Ensuite, je me suis senti mieux, je me suis dit que je devais sortir ma musique, point.

Tu en es satisfait ?

Oui, même si ça a été compliqué. Dans « Lucky Shiner », tout était clair et les arrangement étaient vraiment bons. Ça a été difficile de réaliser les même enchaînements que dans le précédent. Les montées se faisaient à l’intérieur des morceaux alors que dans celui là, la progression commence au début et finit à la fin de l’album. Les choses deviennent petit à petit de plus en plus puissantes à partir du milieu de l’album. Il pourrait bien s’écouter en conduisant au bord de la mer.

Sur scène, tu as opéré des changements majeurs ?

Pas du tout. J’ai juste composé cet album de façon à ce qu’il soit plus facile à jouer en live que le précédent. Je n’utilise pas beaucoup l’ordinateur pour créer parce que je suis trop flemmard pour les logiciels. Je ne suis pas très bon avec Ableton et autres. Ça me parle plus de sortir des sons de ma MPC, même si ça prend plus de temps, et les mettre après sur Ableton et enfin essayer de faire un set live. J’ai l’habitude d’avoir un mini studio sur scène, le même que j’ai dans ma chambre. Ça n’est pas naturel pour moi l’ordinateur, mais j’espère pouvoir me mettre plus à fond dedans pour mon prochain album. J’ai des grands plans pour celui-là.

On entend souvent que cet album est un comme un carnet de voyages. Tu penses la même chose ?

Oui, c’est assez vrai parce que je n’ai fait que voyager ces dernières années – à part lorsque je compose. Je ne me sens jamais vraiment chez moi, toujours anxieux, sur le départ… ce qui d’ailleurs est assez difficile. Mais mon principal hobby est mon travail donc je ne devrais pas me plaindre.

Tu as habité au Japon. Ce pays t’inspire toujours ?

Toujours, même si ça remonte à 2003. J’en suis tombé amoureux et j’ai un super public qui me soutient, là bas. Je suis un peu déçu parce que mon japonais se dégrade rapidement et il faudrait que j’y reste plus longtemps. J’ai étudié la langue à mon retour de ce voyage et je me suis rendu compte l’autre jour à quel point j’ai perdu – en ce qui concerne mon écriture.

Quand tu étais au Japon, tu as écouté de la musique locale ?

Pas vraiment non, c’est honteux. Maintenant que je fais ma propre musique, je deviens fatigué d’écouter de la musique. Surtout que je n’écoute pas de musique digitale, je ne télécharge pas et j’achète des disques. C’est comme ça que j’aime en écouter : mettre un vinyle sur une platine et m’assoir, enfoncé dans mon fauteuil.

Découvrir le Brésil t’a aidé à composer aussi ?

Oui, même si j’y suis allé il y a longtemps. Pour le morceau, c’est un peu une coïncidence, je m’aide beaucoup des samples. Pour ce titre j’ai trouvé qu’il sonnait vraiment bien. Après, il ne se passe pas grand chose dans ce morceau, mais je l’aime bien comme ça.

Quel est le dernier disque que tu as acheté ?

J’en achète beaucoup. La semaine dernière, j’ai reçu l’album de Kyle Hall « The Boat Party », le dernier John Roberts « Fences », quelques disques de house dont je ne me rappelle plus le nom mais qui sonnaient bien, un EP de remixes de The Mole par Dj Sprinkles sur le label Perlon. Je n’aime pas trop les remixes mais j’adore ce que fait Dj Sprinkles. Sinon, un disque de The Knife et plein de vieux disques comme John Coltrane.

Tu as joué récemment avec James Holden. Que penses-tu de sa musique ?

J’adore ce que fait Holden. Encore aujourd’hui « The Idiots Are Winning » sonne nouveau – sept ans après – et c’est sûr que j’achèterai le vinyle de « The Inheritors ». En fait j’étais un fan de Border Community avant de les rencontrer. Ils ne sont jamais effrayés de sortir quelque chose de différent, ils le sortent c’est tout. Moi, je suis toujours en train de penser à comment les gens vont trouver mes sons alors que James Holden, lui, il s’en fout, il joue juste sa musique comme il l’aime : fort. Leur philosophie est très inspirante.

Tu es parti de Londres pour aller t’installer à Berlin, pourquoi ?

Beaucoup de gens vont à Berlin pour la musique, j’y suis allé parce que j’ai rencontré une fille. Mais, je vais des fois en club. J’ai vu Mount Kimbie, il y a pas longtemps, et c’était vraiment bien. Après les voyages de la tournée précédente, j’avais envie de m’installer un peu. Pour l’instant, je vais à Amsterdam, Berlin, Glastonbury, septembre un mois en Amérique, ensuite retour en Europe et puis décembre Chine, Japon, c’est un tour du monde très rapide. Tout va souvent très vite, on arrive, on dîne, on voit quelques amis, on dort à peine deux heures, puis le taxi arrive et on est reparti. C’est aussi le cas ce soir à Paris.

C’est le lot d’un DJ en tournée ?

Oui et c’est la signification de mon album « Half Of Where You Live ». Si seulement on avait un jour de plus à chaque fois pour visiter, ce serait fou. Mais on n’aurait pas le temps.

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