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Envoyé presque spécial aux Nuits Sonores de Bruxelles

Trois jours de musique et d’arts électroniques dans la capitale belge, du 15 au 17 septembre : la tournée de ses lieux mythiques, une première soirée désespérément vide (mais non sans intérêt) et un samedi soir de folie, on vous raconte un peu de ce premier flirt entre Nuits Sonores et la capitale des plats pays.

Commençons par le commencement. La première nuit de fête proposait un circuit découverte de la scène électronique riche et variée de la capitale belge : au centre-ville, le club techno mythique Fuse accueillait notamment Red Axes et Fais le beau, l’Ancienne Belgique (qui a vu passer des artistes allant de Claude François à Korn) accueillait quant à elle les sombres oscillations industrielles des Londoniens Raime et du Français Monolithe Noir.

Plus au sud, le Centre culturel Brass proposait notamment un plateau autour du label berlinois Ostinato Records qui emmenait le public du côté de l’âge d’or de la musique somalienne.

Toute la journée du vendredi, discussions et forums étaient organisés dans le cadre de l’European Lab : « Poser la question de ce qu’est la culture, ce qu’est l’Europe et quels sont les enjeux pour la jeunesse dans le projet Européen » étaient le mot d’ordre de ces débats pour Vincent Carry, le directeur des Nuits Sonores.

Les producteurs bruxellois, rois de la première nuit

Il est parfois difficile de sortir faire la teuf un vendredi soir. On a tous connu le début de soirée « chaud-boulette » où l’on veut à tout pris se défaire des reliquats mentaux de la semaine écoulée avant de se lancer dans une entreprise hédoniste sans retenue. Retenue dont on aurait bien fait de se parer, car après une demi-bouteille de vin et un kilo de lasagnes, le vaillant Dionysos qui s’éveillait en nous a parfois tendance à vouloir finalement aller se blottir dans les bras de Morphée… Mais le Belge, usuellement, ne courbe pas l’échine devant l’ennemi.

Pourtant lorsque l’on arrive sur le Plateau du Heysel, c’est le calme plat. Pas de teufeurs agglutinés autour de la salle, un vent glacial qui refroidit les ardeurs. Aux guérites du box-office, on échange rapidement avec des organisateurs un peu désemparés et on se dirige vers l’accès à la foir’fouille et à l’entrée… également déserte. Problème de line-up ? Cette première nuit avait quand même les stars du hip-hop bruxellois L’Or du Commun et les Berlinois de Modeselektor à l’affiche.  De visibilité ? La suite du week-end nous donnera tort. Les Bruxellois ne veulent plus faire la fête le vendredi ? Peut-être. Petits joueurs.

C’est pourquoi, à une heure du matin, seuls quelques centaines d’heureux teufeurs acclament Dengue Dengue Dengue sur la scène principale. Une grande salle malheureusement vide, pleine de reverb’ et trop éclairée, rien de très propice pour permettre aux maestros de la Cumbia « 2.0 » de nous amener à tomber la doudoune.

C’est à l’étage en rejoignant la Catclub Ambassador qu’on commence vraiment à profiter de l’expérience Nuits Sonores Brussels : dans cette petite salle allongée, moquette au sol et luminaires art déco au dessus des têtes, c’est le producteur bruxellois Kong qui se charge de faire décoller la soirée avec un set house brillant, un chouïa disco et délicieusement éclairé. Sans temps mort, son voisin Haring prend les platines et régale à son tour. Alors nous, on danse du mieux qu’on peut, et on rêvasse. Un moment de calme à 100db et 130bpm. Les Belges passent ensuite le relais à leurs collègues d’outre-Quiévrain The Hacker et Morgan Hammer qui amènent le son vers des contrées plus industrielles et mécaniques pour finir la nuit. En les écoutant nous relaxer, on peine à croire que les êtres humains se soucient si peu du rythme effréné de la vie de tous les jours et allons nous coucher.

And here comes the party…

Samedi soir, on est vite rassuré : dés la sortie des transports en commun, il y a des gens qui crient, des détritus et de la vie. Les bouteilles d’alcool et les mines tristes sont abandonnées par dizaines sur le chemin du Palais 10. Le public est bien présent. Et chaud. Le contraste est saisissant avec la veille. Sur la X Stage, le dancefloor est plein et l’ambiance survoltée à l’approche de 1h du matin. Cela permet de se rendre compte de la qualité de l’organisation et que l’attention portée au détail par Arty Farty permet à la fête de se vivre sans les prises de tête habituelles : très peu de files d’attente, on circule sans problème entre les scènes, la sécurité est discrète et les sourires bienveillants.

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Le point d’orgue de la soirée était bien sûr d’une des grandes premières du nouveau live de Rone en prévision de son nouvel album Mirapolis, à paraître en octobre. Plus qu’une première, c’est un test grandeur nature, tant au niveau scénographique (une toile géante du dessin Michel Gondry pour la pochette de l’album) qu’au niveau musical. Avec une première partie de set, composée des nouveaux morceaux impressionnants de Mirapolis, assez mise en en scène, on attendait plus qu’un mix filandreux en forme de (déjà!) « greatest hits » pour finir le set. On restera donc un peu sur notre faim, en redoublant d’impatience d’écouter l’album.

Rone – Brest

Et Laurent Garnier ? : « Y’a pas Laurent Garnier aux Nuits Sonores ??? » Évidemment, le tout récent chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur était de la partie pour clôturer cette première édition « sauce Samuraï » qui aura tout de même vu quelques milliers de personnes prendre part aux manifestations sur les trois jours.

L’histoire d’amour entre les Bruxellois et « Nuits sonores » se poursuivra t’elle ? Nous n’en savons rien. En tout cas, on s’est roulés quelques pelles.

Photos : Loïc François

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