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C’est pas le nom le plus facile à retenir Natureboy Flako mais on va essayer

Comme le fils, devenu homme, revenu au pays, on retrouve avec une émotion de grand-mère expansive Dario Rojo Guerra, qu’on connaissait sous le nom de fLako. Ce proche de Floating Points et de Call Super n’a pourtant pas vraiment le profil du clubber. C’est plutôt dans des délires mélodiques, ambient et hip-hop qu’on retrouve sa patte, et dans une chasse aux sons permanente.

La première fois que la musique de Dario Rojo Guerra est parvenue à nos oreilles, c’était lors d’une interview réalisée en 2014 avec le musicien Son Lux. Pendant l’entretien, le champion de sensationnalisme à lunettes nous confiait, en essayant tant bien que mal de prononcer son nom correctement, à quel point il avait été touché par la capacité de cet étrange musicien à jouer sur sa corde sensible.

Ainsi on découvre abasourdis l’EP 4 titres Eclosure, sorti en 2012 sur le label Five Easy Pieces, une sympathique maison qui signe notamment des artistes comme Call Super et d’autres trucs qui ont l’air super, mais qu’on n’a pas le temps d’écouter parce qu’on a cours d’aquasplash tous les jeudis midi. Mais en gros, on se place dans une niche de deep mélodieuse qui prend toujours le temps de partir et n’est jamais pressée d’arrivée. Parfois 4/4 techno douce, parfois breakée, souvent downtempo hip-hop. Et puis, notons également qu’il est le protégé de Floating Points qui l’a déjà signé, et engagé dans son Eglo Live Band, et Dario a déjà bossé sur la production de l’artiste soul / R’n’B Fatima ou encore Kutmah et Jitwam. Voilà, c’est fait pour les tartines de styles et le name dropping.

Nos entrailles se s’attendant pas à tant de déménagements, notre équipe tenta d’approcher la bête pas encore apprivoisée. Suite à un mail de proposition de rencontre, de coup de fil, ou simplement de conversation en morse, Dario nous répondit un simple : « Pourquoi pas ? J’aime pas ça, mais balancez toujours les questions dans le mail. » Une offre formidable lorsqu’on sait qu’après lui avoir proposé de revenir dans son passé pour nous parler d’une musique qui avait été marquante pour son enfance / adolescence, le producteur avait finalement laissé notre mail dans le cimetière infini des mails sans réponse. RIP petit mail perdu trop tôt.

Mais pas de pathos à avoir, le vide certain laissé par la perte de ce courriel n’a pas égratigné notre passion grandissante pour l’artiste né au Chili et vivant à Londres. L’avantage, c’est qu’en dix ans, on a un paquet de choses à écouter de sa discographie. Dario a commencé à sortir ses galettes en 2009 sous le pseudo fLako (plus d’une dizaine de disques jusqu’en 2017), suivra l’idée de devenir le personnage romantique et vulnérable Dirg Gerner (seulement pour 3 EP), puis d’en venir à Natureboy Flako (du nom de son précédent album sorti en 2015).

Le 20 juillet 2018 est sorti le second album Theme For A Dream de l’homme basé à Londres. Un court 8 titres déjà épuisé sur Discogs (mais dispo sur Bandcamp en intégralité ci-dessus) nous en dit plus sur le mystère entourant le fin producteur.

Techniquement, Dario explore également tout ce qu’un synthé peut faire comme merveilles, qu’on participe à une cérémonie ambient (Stream Of Being, Nebulous Garden, Traummaschine, Wolkenlos) ou à une virée en ville hip-hop (From The Shadows, Theme For A Dream, The Great Escape, Ancient Lands). L’artiste fait d’ailleurs un choix de rythme dans le disque discutable de mettre quasiment un titre lent sur deux. Mais ne nous faites pas dire ce qu’on n’a pas dit, l’album se tient comme il faut, n’a rien à voir avec une mixtape, et dans chacun des titres (t)rap, l’electronica est partout.

On fait face à un travail d’orfèvre jouant sur la positivité des ondes sans en oublier l’angoisse de l’exploration. Prenons l’authentique et historique sens du mot voyage qui n’était pas vraiment une partie de plaisir mais plutôt un saut dans l’inconnu, où chaque pas, chaque vague, chaque coup de vent nous rapproche du bout de la Terre – plate donc – là où on tombe, et là seul où la chute reste pire que l’atterrissage.

Bon, vous avez compris, on est conquis.

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