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C’est Fabulous Sheep qui cogne comme ça ?

Venu de Béziers, Fabulous Sheep est le manifeste rock à la française (mais chanté en anglais) le plus probant qu’il nous ait été donné d’entendre depuis longtemps. Punk sur la ville. Interview.

Alors que la presse se paluche frénétiquement, et sans jamais atteindre le coït espéré, sur sa métaphore du « nouveau The Clash », le groupe en question sue des litres de liquides corporels sur les planchers en chêne, les plateaux en pin et le béton grisé des rades de Gaule. Ça dégouline, ça sort de partout jusqu’au public qui a l’habitude de se retrouver là pour s’en mettre une derrière l’oreille, et personne ne pense au service de ménage tournant organisé par les barmaids ou les agents d’entretien qui tentent de jouer au jeu du qui est qui entre l’urine et la bière. Parce que Fabulous Sheep ne donne pas sa part aux chiens, en fait, il la partage avec les clebs qui attendent devant l’entrée de la SMAC de ta région.

Mais comment développe-t-on une telle philosophie de l’effort ? Un commentateur sportif pourrait nous l’expliquer de toute sa verve technico-technique, ainsi que les moyens modernes de dopage transhumanistes, il aurait cependant selon nous un peu de mal à expliquer ce que l’alcool, la fume, la gratte, la snare, la basse, le slam et la drogue peuvent bien avoir à faire avec une quelconque épreuve.

Fabulous Sheep « déménage » comme on aurait pu dire dans les années septante. C’est à Béziers qu’ils font leurs armes et lever la jeunesse minée par leur ville. A ce jour le groupe s’étant le plus produit dans la ville de Ménard écrit comme on entre dans une rage, saine et vitale. Avec son premier disque Fabulous Sheep, on se prend à leur souhaiter le meilleur, tant ses membres transpirent la passion du rock automatique. Du punk de stade enregistré dans un garage. Voici une entrevue, pour vous. Oui, pour vous.

Fabulous

INTERVIEW

Y avait-il du rock à la maison quand vous étiez jeunes ? Avez-vous des parents qui vous disaient « ça, c’est de la musique » ?

Pour la plupart d’entre nous oui. Nos parents avaient la vingtaine dans les années 80, du coup, ils nous ont fait écouter les groupes qui les ont marqués. Ils nous faisaient aussi écouter Balavoine, Souchon, Michel Berger et d’autres qui ne font pas vraiment parties de nos influences. Ils nous ont surtout transmis l’envie de découvrir et d’écouter de nouvelles choses. D’ailleurs, on en profite pour les remercier. Papa, maman… Merci.

Quand avez-vous commencé à jouer de la musique ? Que jouiez-vous ?

On a commencé à jouer au collège, très mal et on jouait du Nirvana, très mal…

Quand vous êtes-vous rencontrés ? Pouvez-vous nous raconter ?

On s’est rencontré y’a dix ans sur MSN. LOL

Vous vous êtes intéressés à l’histoire du punk avant d’en jouer ?

Non, on a commencé innocemment, c’est venu après.

Pouvez-vous me raconter les étapes et les conditions de composition de ce premier disque ?

On est arrivé, on a composé, on a tourné, on s’est enfermé un mois, on a enregistré 40 morceaux, on en a choisi 14 et on l’a sorti.

Vous avez fait un bon nombre de dates à Béziers. Vous pensez détenir le record local ou non ?

Oui et c’est une GRANDE fierté !

Vous avez réalisé plus de 250 dates depuis que vous vous êtes formés. Vous avez eu les gens à l’usure ?

C’est ce genre de questions qui nous usent.

Ça va, c’était une blague. Vos concerts sont surtout réputés pour être des décharges d’énergie, des moments flamboyants. Vous tournez à quoi ? C’est pour un pote.

On prend tout ce qui passe, on est arrangeant.

On vous évoque souvent les Clash, ce qui est probablement parce que les journalistes ne connaissent qu’eux dans le punk. Sur une échelle de 1 à 10, à quel point vous sentez-vous les petits neveux de Joe Strummer ?

Trois points : l’éclectisme musical, la force du message, l’énergie live. Voilà comment on se définit, on te laisse le soin de mettre une échelle, nous on passe dessous.

Fabulous-Sheep-Fabulous-Sheep

Ça ne vous énerve pas qu’on dise que vous faites de la musique « politique » simplement parce que vous venez de Béziers ?

On n’a pas attendu que Béziers fasse les gros titres pour ouvrir notre gueule.

Je suis sûr que Robert Ménard est le plus punk de la ville…

Non, c’est un ultra conservateur raciste. C’est juste un sous flic anti punk.

Dire « No Future » en 2019, c’est carrément un fait écologique, plus vraiment une opinion politique. Que vous évoque cette maxime ?

Fini le nihilisme, on ne fait qu’écrire des chansons : ce qui ne nous empêche pas d’être concernés et engagés.

Qui est le groupe le plus rock’n’roll aujourd’hui, selon vous ?

On sait pas, y’a battle entre ceux qui prennent le plus de drogues, ceux qui saccagent le plus de chambres d’hôtel, ceux qui ont le plus de perfectos, ceux qui ont le plus de mèches, ceux qui fument le plus de clopes sur scène, ceux qui mettent les slims les plus moulants, ceux qui portent les chaussures les plus pointues, ceux qui prennent le mieux la pose, ceux qui couchent avec le plus de groupies, ceux qui portent des lunettes de soleil même la nuit, ceux qui font le plus de notes possibles dans un solo, ceux qui ont le plus gros tour bus…

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