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Ben, l’Oncle qui nous soule (ou comment Zaz est devenue naze)

On pourrait qualifier les succès de Ben et Zaz de harcèlement musical. Sourdoreille vous livre son analyse ultra-pertinente. Ou presque.

On pourrait qualifier les succès de Ben et Zaz de harcèlement musical. Sourdoreille vous livre son analyse ultra-pertinente. Ou presque.

Le couvre-feu se lève sur Asnières et votre serviteur est dévoré par une question : « Ai-je eu tort de bien aimer ces chansons au début ? » De quelles chansons parle-t-il, vous demandez-vous (si vous n’avez pas lu le titre de cet article) ? Il s’agit de « Je Veux », le tube franco planétaire de Zaz, et de « Soulman », hit planéto-français de Ben l’Oncle soul.

Alors oui, les cheveux dans le vent et les yeux légèrement plissés pour se donner un genre, l’auteur de ces lignes, avoue humblement (et à la troisième personne) ne pas avoir toujours détesté ces chansons. Au commencement, il les a même trouvées cool. Certains souligneront la mièvrerie et la gnangnantise absolue des paroles. Dans l’absolu c’est sans doute vrai.

Reconnaissons que « Je veux de l’amour, de la joie de la bonne humeur, c’est pas votre argent qui fera mon bonheur » et « Juste moi, mes délires et rien d’autre à offrir, mais je sais qu’au fond c’est déjà ça » c’est totalement gratuit. Ça sonne mieux que : « Filez-moi votre blé bande de cons, moi je chante avant tout pour le pognon. » Mais ces deux titres ont la grande qualité de se laisser écouter sans effort et de donner assez facilement la banane au mélomane qui peine à se tirer du lit à l’heure où son radio-réveil a la fâcheuse habitude de se mettre en marche tout seul.

Résumé de cette première partie : des chansons pas prises de tête et « c’est déjà ça ».

Tu me soulman !

Seconde partie. Mais voilà, l’industrie du disque et le matraquage médiatique sont passés par-là. Toute personne qui a vécu l’année 2010 en France connaît forcément Zaz et son look de punk à chien fumeuse de pétards, ainsi que Ben et son style de… euh… son style, quoi. Pas la peine de faire déplacer un huissier pour constater qu’on les a vus et entendus partout, jusqu’à n’en plus pouvoir.

Impossible de leur échapper. Leurs tubes passent en boucle à la radio. En écoutant une demi-heure, on est sûr de tomber sur l’un ou l’autre, les deux parfois. Les qualités des premiers temps se sont perdues à jamais, noyées par l’overdose. De leur musique, nous avons été soulés jusqu’à n’en plus pouvoir. Au point de finir par les détester, de finir par penser que les festivals qui les programment ont de gros sabots. Au point même de se demander : Leur Victoire de la musique à chacun récompense-t-elle leur travail ou leur omniprésence ?

C’est tellement dommage pour ces chanteurs qui n’ont rien demandé, juste à sortir un premier album et à faire avec leurs potes la musique qui leur plaît. Ni leur sincérité, ni leur talent ne sont mis en cause. C’est plus grave, c’est le système.

PS : Quiconque a vu la prestation de Zaz au prix Constantin se sent déjà à moitié vengé. Elle a voulu s’essayer à la robe moulante, mais a dû passer son temps à la retenir pour que le public ne voie pas ses seins. Classe.

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10 commentaires

10 commentaires

zimbabwé 26.04.2011

j’ai pas pris le temps de tous lire dsl, mais c’est de la musique commercial c’est censé faire de la tune, pas être de la musique! (sauf s’ils y arrivent au passage mais c’est rare..)

ps: jojo elle pète tout la video x)

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Barbu(quoique) 21.04.2011

J’aime beaucoup le fait qu’en France, dès qu’on passe à la radio et qu’on fait quelques reprises, on est fabriqué…
Habitant Tours et ayant rencontré quelques personnes de l’entourage de Ben (le hasard des soirées, et je ne vis pas dans la « haute » loin de là), je peux t’assurer qu’il n’a pas été fabriqué de A à Z, mais qu’il a fabriqué son projet avec des musiciens avec qui il tournait déjà sur Tours avant de partir à Paris.
« Musiciens de studio » ça me fait rire, ils sortent tous ou presque, de l’école de jazz de Tours, et c’est là qu’ils monté leur projet commun (tout ne se fait pas en studio), commun avec un chanteur sortant des beaux arts de la même ville…
Il n’est pas passé par le milieu autoproduit (que j’aime hein…) mais est passé direct par la major, ce qui lui sera toujours reproché…
Pour le coup des trois reprises pour démarrer un concert, on a pas du voir le même…

Pour Zaz, j’ai rien de plus à dire que ce qui a déjà été dit, je trouve sa voix sympathique mais je ne connais qu’une chanson, chanté par tous les gosses actuellement.

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pouet 09.04.2011

pour répondre à Barbu(quoique) :
le problème avec Ben c’est que c’est un gros prétentieux qui en fait des caisses pour tenter de masquer le fait qu’il a été fabriqué de A à Z. Sa culture soul ne va pas plus loin que les classiques du genre. Quand au bout d’une demi heure de concert, sur 5 morceaux, tu as fait 3 reprises, c’est que tu as un problème évident de créativité. C’est effectivement dommage car il a d’excellents musiciens.
Pour Zaz, que peut-on attendre d’une fille qui s’est faite castée sur internet ! On l’a prise parce qu’elle ressemblait à une punk à chien qui fait la manche devant H&M et qui a les dents pourries. Et elle a le toupet de dire en coulisse des victoires de la musique : « oui je vais me mettre au deuxième album car je suis une créatrice avant tout » … et bien, déjà quand on lui écrit des paroles c’est pas terrible, mais alors si elle se met à les écrire…
Ces deux artistes sont des produits marketing. Toute une stratégie était mise en place autour d’eux pour vendre leurs produits à un segment de population ciblé ! Quand l’équipe autour de Ben décide de faire un maxi de reprises de chansons connus en version soul, c’est purement stratégique… d’abord ca permet de voir si les musiciens de studios qu’on a choisi pour l’accompagner sont biens, ca permet de toucher les fans des chansons originales et en plus ca permet de mettre en place le packaging. On doit reconnaître une chose à ces projets : la stratégie de communication était super bien montée !
Un des problème du secteur de la musique c’est qu’aujourd’hui ceux qui contrôlent les carrières (tourneur, label etc ..) ne veulent plus prendre de risques pour des artistes dits en devenir. Ils se contentent d’attendre une vache à lait et de la pomper jusqu’à la dernière pie. Le hic c’est que pour être déjà visible sur le marché c’est qu’il faut avoir préalablement investi sur la communication. Et cela les groupes et leurs managers le négligent. Ils ne comprennent pas l’intérêt de dépenser 5 000 euros dans un plan média et dans une campagne de RP. Pourtant c’est une règle dans tout secteur. Ce n’est pas le meilleur produit qui se vent le plus, c’est celui qui communique le plus pour se rendre le plus visible !

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Barbu(quoique) 22.03.2011

hello

Zaz je l’avais découverte quand elle participait à un groupe de rap aveyronnais et qu’elle chantait « j’te défonce ton frigo » (partie du refrain).

Après j’ai pas écouté son disque et je me dis pourquoi pas, en espérant que les autres titres soient différents de « je veux »

Pour Ben c’est autre chose, j’ai acheté son disque après l’avoir écouté sur le présentoir/lecteur en tête de gondole du magasin à côté de chez moi… et j’ai aimé !!!
Enfin de la soul en français avec des instrus de qualités !!!

J’ai eu la chance de le voir en concert au Mans, et c’était énorme !!! Il a juste éclipsé les Hocus Pocus, pourtant très bon, qui passaient avant…

C’était chaud dés la première chanson, les gens ne se poussaient pas, et même quasi au premier rang on pouvait bouger sans problèmes.

Les musiciens qui l’accompagnent sont vraiment top, mention particulière aux bassistes et claviers qui, eux, sont exceptionnels.

Pour le truc de la radio, le matraquage tue toujours un artiste, même si il est bon (je le répète c’est le cas de Ben).
Et souvent, l’artiste en question n’a pas son mot à dire…

ça me rappelle quand Sinsemilia a sorti « debout, les yeux ouverts », qui était surement un de ses meilleurs albums.
Rappelez vous comme « tout le bonheur du monde » a été matraqué en radio.
Qui a vraiment fait attention que cette chanson n’est pas si marrante et légère que ça ?

Autre exemple : Zebda et « tomber la chemise », qui est surement leur pire chanson, mais qui a fait oublier le côté militant du groupe a beaucoup de gens…
Magyd Cherfi avait expliqué que c’était un délire pendant l’enregistrement du cd, mais que la maison de disque l’avait choisi comme single…

Les victoires de la musique ne sont, à mon avis, pas un gage de qualité pour savoir si un artiste est bon ou pas.

Sortez de vos fauteuils et allez voir les artistes en concert, la radio ne remplacera jamais ça !!!

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L’équipe sourdoreille 18.03.2011

Pour ma défense, j’ai découvert Zaz à Taratata… Sur ce coup, je me sens un peu arnaqué par Nagui…

Et pour ce qui est des festivals, elle et Ben l’Oncle Soul partagent peut-être le même tour bus, va savoir…

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mike 18.03.2011

Zaz, c’est de la merde en barre intrinsèque, réveillez-vous !!!

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Drolerelouis 18.03.2011

Bon, moi je comprend pas comment l’auteur a pu aimer, ne serait ce qu’un peu et au début, le « Je veux » de Zaz. Mais bon, visiblement il n’a pas été le seul !

Le truc le plus fou avec ces deux « phénomènes » c’est leur tournée de festivals : ce serait marrant de compter le nombre festival ou les deux seront présents.

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Donnie 18.03.2011

Autre exemple : Louise Attaque. Et ça, c’était autre chose que le tonton Ben et la punkette. C’était un vrai beau projet artistique, mais méthodiquement dégommé par les radios. Et toutes les radios, y compris les plus indés. Le groupe s’est même battu contre, au bout d’un moment. L’overdose est durable dans l’opinion : mettez le premier album de Louise Attaque en soirée relève du courage le plus extrême.

J’ai rien contre Ben L’once Soul. Pas fameux mais sympathique.

Zaz, quant à elle, c’est quasi du cynisme tellement ça pue le positionnement marketing. « Je veux » Vs « sponsoring TF1 » qu’elle a gentiment accepté.

Je t’enverrai tout ça construire des autoroutes, moi…

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PremièreDame 18.03.2011

« C’est tellement dommage pour ces chanteurs qui n’ont rien demandé, juste à sortir un premier album et à faire avec leurs potes la musique qui leur plaît. »

Nuançons : le projet Zaz est né suite à une petite annonce « producteur-cherche-chanteuse-ayant-telles-caractéristiques ». Va savoir ensuite à quel point c’est marketé, et quelle est la part de créativité sincère et la part de créativité marchande dans le produit final.

Sinon, même si je n’aurais pas choisi ces exemples, je ne peux qu’être d’accord sur le principe de cet article : le matraquage vous tue un bon titre à coup sûr!

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